Carnet de route dans un monde en délire

Blog publié dans le cadre d’un groupe nommé  « Résistances », né en septembre 2020, et axé sur COVID 19

Qui suis-je ? (mais qui sait qui il est ?) À choisir entre explorateur, voyageur, nomade ou vagabond, je préfère cette dernière identité.
Ici, je cherche à comprendre comment va le monde. Et surtout le Nouveau, celui qu’on découvre en ce moment, pas mal ahuris… Pour ça, vagabondant joyeusement, je vais donc de lieu en lieu.

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16-09
Au Guatemala :
« Au cours de ces mois, nous avons constaté des progrès, qui n’avaient pas été observés depuis de nombreuses années de travail », dit le spécialiste de l’UNICEF, en ce qui concerne les programmes sociaux.
Et puis ceci, qui contraste :
Entre le 5 mars et le 31 juillet 2020, 102 municipalités ont acheté des aliments d’une valeur de 48,8 millions de quetzales, pour être distribués à la population touchée par la crise sanitaire de COVID-19 : principalement des haricots, du maïs, de l’huile, du riz, du sucre, des pâtes et des soupes instantanées.
Une enquête menée par Guatemala Leaks a déterminé, après avoir examiné 126 acquisitions de plus de 250 000 quetzales, que 68 contrats ont été attribués à 16 entreprises ou individus qui, avant la pandémie, n’avaient pas vendu de nourriture à l’État ou ne s’étaient pas impliqués dans la vente de nourriture. Ces 16 entreprises ont reçu les contrats les plus importants dans le domaine de la vente de produits alimentaires.
(sources : Plaza Publica, Prensa Libre, Nomada)

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17-09
Les feux de brousse dévastateurs de 2019-20 en Australie ont fait prendre conscience au grand public du rôle crucial des pompiers volontaires ruraux. Cette période a vu d’énormes feux de brousse brûler jusqu’à la périphérie des plus grandes villes et des centres de population – et sur de nombreux fronts.
Un peu plus de 10 % de la population australienne était directement menacée par ces feux de brousse et plus de 14 millions de personnes ont été touchées par la fumée des feux de brousse. Les incendies ayant ravagé plus de 18 millions d’hectares, les pompiers volontaires et professionnels étaient très dispersés sur les vastes fronts. Les forces de défense australiennes ont été mobilisées pour apporter leur aide, notamment en évacuant les résidents et les vacanciers pris au piège
Pendant cette période, de nombreuses personnes ont cherché des moyens d’aider non seulement ceux qui étaient directement touchés par les feux de brousse, mais aussi ceux qui luttaient contre les incendies.
Cependant, la lutte contre les incendies est une activité qui nécessite un entraînement intensif et un engagement régulier. D’anciens volontaires qui ont cherché à participer à la lutte contre les incendies ont dû être refusés car ils n’avaient pas la formation adéquate.
Il est nécessaire d’augmenter la main-d’œuvre des pompiers volontaires. Il y a très peu, voire pas du tout, de capacités dans les communautés rurales. Si nous devons nous tourner vers les populations des villes pour les aider, il faut alors planifier et préparer.
Nous sommes maintenant à l’aube de la prochaine saison des feux.
Cet été, nous nous tournerons à nouveau vers les mêmes équipes de pompiers, les mêmes volontaires, qui ont passé l’été dernier à combattre les incendies sur plusieurs fronts.
(source The Conversation Australie)

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Au Québec, les épluchettes de blé d’inde sont aussi dangereuses que les mariages, les sépultures, le magasinage et autres réjouissances traditionnelles.
Pourquoi ? parce que ce sont toutes des occasions de pince-fesses.
Or, ni avant ni après, les gens ne se lavent assez les mains.
Plus besoin d’aller aux vues pour se faire peur, donc : c’est désormais fourni de base, gratos, et sans doute pour plus d’une saison.
C’est ben-ben écœurant, c’t’affaire-la !

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Au moins 902 décès liés à des coronavirus ont été confirmés dans les prisons américaines, dépassant le nombre de détenus qui ont été exécutés au cours des 20 dernières années.
Le virus a ravagé les prisons depuis mars, entraînant aussi le décès de 72 membres du personnel, selon les données du projet de données COVID-19 Behind Bars de l’UCLA.
Selon le Centre d’information sur la peine de mort, 839 prisonniers ont été exécutés depuis le 1er janvier 2001.
Le professeur Douglas Berman note qu’il est « problématique à bien des égards » de comparer les décès par coronavirus aux exécutions, étant donné que la peine de mort est réservée aux personnes qui commettent un meurtre aggravé, alors que les coronavirus ont tué des détenus quelle que soit la gravité des crimes pour lesquels ils étaient incarcérés(W).

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Le Massachusetts (USA) compte 6,8 millions d’habitants et la Colombie-Britannique (Canada) un peu plus de 5 millions.
Mais le bilan de la pandémie dans ces deux régions a été sensiblement différent.
En date de vendredi après-midi (NdT : le document date de mai 2020) dans le Massachusetts, plus de 62 000 cas et 3 562 décès ont été signalés, soit 52 décès pour 100 000 personnes.
En Colombie-Britannique, il n’y a eu que 2 112 cas et 111 décès, soit 2 victimes pour 100 000 habitants.

Le professeur Berman estime que ces chiffres reflètent une grande variété de facteurs extérieurs au système médical, comme la composition démographique des différentes villes et régions.
Mais il fait remarquer que près de son ancien bureau à Harvard « il doit y avoir des milliers de lits d’hôpitaux parmi les meilleurs du monde et il y a trois hôpitaux internationaux de premier plan à quelques pâtés de maisons ». Alors, avec de telles ressources, pourquoi y a-t-il une si grande disparité avec la Colombie-Britannique ?

Une partie de la réponse se trouve dans la manière dont les hôpitaux sont financés et gérés par les systèmes de santé publique des provinces canadiennes. Le type de système que nous avons au Canada permet aux autorités de santé publique de réquisitionner essentiellement le système hospitalier. C’est une question de commandement et de contrôle, pas de coordination.
Aux États-Unis, les hôpitaux sont en grande partie des institutions privées sans aucun contrôle global.
L’effet de ces différents systèmes se manifeste de nombreuses façons.

En Colombie-Britannique, la province vient de dire : « Nous devons nous préparer à cela, nous devons libérer 30 % des lits d’hôpitaux. » Et ils ont demandé aux autorités sanitaires de le faire.

Mais, au Massachusetts, il n’y avait personne pour dire aux hôpitaux de libérer des lits ; de surcroît, l’économie du système va à l’encontre de ces mesures. Si vous avez un hôpital privé où tous les lits sont payés par les patients et par les assurances, lorsque vous avez un lit vide, vous n’avez pas de revenus. Il y a donc une forte incitation pour les directeurs d’hôpitaux, surtout en période économique difficile, à être réticents à coopérer.

Les hôpitaux canadiens, eux, ont un financement fixe. Que les lits soient pleins ou vides n’a aucun impact sur leur budget.

La structure aux États-Unis entraîne d’autres problèmes. Peu d’administrateurs d’hôpitaux américains se sont réunis pour faire des choses comme le déplacement des fournitures médicales et des patients entre leurs institutions. Ils sont fortement dissuadés de faire cela ; de surcroît, il n’y a personne qui puisse les obliger à le faire sans une manifestation assez lourde des pouvoirs de police de l’État, ce que nous n’avons pas vraiment vu se produire.

Le professeur Berman a également fait remarquer que si le système américain dispose d’une vaste expertise médicale et scientifique, il y a peu de coordination nationale. Au lieu de cela, la responsabilité a été répartie entre divers organismes établis de longue date comme les Centers for Disease Control, les National Institutes of Health et le groupe de travail sur les coronavirus créé par le président Trump. On voit donc ces différentes agences être amenées à donner leur avis sans savoir qui est vraiment le porte-parole.

Ça ne signifie pas pour autant que l’approche du Canada face à la crise, et la structure de son système médical, sont parfaites. Entre autres choses, les systèmes de santé du Canada, qui traitent effectivement les médecins comme des entrepreneurs privés, conduisent parfois à des déconnexions entre les soins de santé primaires et les systèmes hospitaliers.

Times 1 mai 2020

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Nouvelle-Zélande (5 millions d’habitants)
7360 tests avant-hier
Zéro cas hier, comme les trois jours précédents.
Deux cas aujourd’hui :
– l’un dans un centre de rétention de voyageurs systématiquement placés en isolement à leur arrivée (en partie sous contrôle de l’armée),
– l’autre dans le pays : la machine à tracer est donc en route, mais n’a pas encore pu établir de lien avec un groupe de positifs déjà existant.
Sur les doigts d’une main, donc.

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L’ensemble Coronavirus a des points communs avec l’ensemble Paramilitaire.

Même origine dans les dysfonctionnements d’organismes qui leur procurent le rôle de vedette.
Même détermination à se trouver à toute force de l’activité, et à progresser.
Même jeu du gendarme et du voleur (et, d’ailleurs, qui est quoi ?) avec les instances supposées les contrôler.
Même résultats létaux.

(cet exemple(W) date de 2014, mais mérite le détour)

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Nous habitons désormais un nouveau monde où nos repères élémentaires vacillent, et vacilleront encore plus.
Ce qui, ces heures-ci, se passe – dans ce pays et dans d’autres – n’est pas seulement une tranche d’histoire d’une épidémie : c’est une révolution qui vient d’en haut, dont les premières notes ont été émises il y a longtemps, mais qui fleurit cet automne.
Mettre en parallèle
d’une part l’ONU, organisation interétatique chroniquement impuissante,
et d’autre part la très efficace source de dogmes en laquelle s’est transformée magiquement sa filiale, l’OMS.
Est-ce un coup d’état supranational – instaurant des biopouvoirs terroristes – sous couvert de l’OMS (et non pas de l’OMC, comme on eût pu l’imaginer plus logiquement !) ?
Nan ! Je plaisante..

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Le président d’Indonésie a félicité la province de Bali pour sa gestion efficace de lutte contre le COVID 19.
Or les rituels de la religion hindu-balinaise pourraient s’interpréter essentiellement comme des actes de prévention-conjuration. Car les Balinais savent très bien que l’équilibre harmonieux de l’organisme primordial « Univers/Humains/Esprits » menace, à tout moment, d’être rompu. Ce risque doit donc être activement conjuré. Et puisqu’ils connaissent la recette, ils seraient bien stupides de ne pas la mettre en œuvre ! Les activités liées au culte constitueraient, paraît-il, plus du quart du PIB de l’île.

Un organisme complexe, c’est fragile : certaines parties peuvent vouloir « jouer perso », contre l’équilibre de l’ensemble ; il faut donc les en empêcher. Mais, empêcher n’est pas supprimer ! Les rituels balinais ne visent pas à éliminer les éléments perturbateurs qui créent de tels dysfonctionnements. Il s’agit seulement de prendre les moyens pour qu’ils restent bien à leur place. Exemple : faire barrage aux démons, par précaution.
Oui, ça coûte des fortunes, mais puisque c’est le prix à payer !

Dans un tout autre ordre, un déséquilibre au niveau géo-stratégique constitue un type de menace particulièrement grave, lui aussi. S’il faut que je me dote d’une force de frappe thermonucléaire pour éviter que l’Autre vienne déséquilibrer le système que je forme avec lui, eh bien, sans hésiter, je me dote de ce qu’il faut : car je dois à toute force le contraindre à rester à sa place. Sinon, notre système disparaît, purement et simplement ! Nos administrés le comprennent très bien.
Oui, je sais, ça coûte des fortunes, mais puisque c’est le prix à payer !

Quant à savoir si ces moyens préventifs sont efficaces, point n’est besoin de preuves. L’essentiel est de disposer de moyens rendus crédibles par les portiers d’opinion que sont les médecins, prêtres, gourous, scientifiques, politiques, médias, etc., et de les mettre correctement en œuvre ; en suivant un rituel bien établi de longue date, l’on est sûr de le faire comme il faut. Le rituel, devenu alors « the » garantie de la réussite, constitue même l’essentiel des opérations.

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Dialogue avec Aya, une amie Japonaise.
Moi – La domestication accrue des individus par des États, alliés à des puissances de contrôle technologique – elles-mêmes incontrôlables –, semble prouvée.
Elle – Je me sens plus que jamais appartenir à l’État japonais…

Les esclaves appartenaient à leurs maîtres, non ?

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Dubai

J’arrive à l’instant dans un aéroport international.

Pour obtenir le droit d’y transiter,
j’ai dû me payer un test Covid (à quasiment 150 €) dans le pays d’où je viens, effectué moins de 4 jours avant mon arrivée ici,
et il a fallu que ce test fût négatif.

Bon, ce n’est peut-être pas une exception ? je ne sais pas.
Rien d’absolument étonnant, en tout cas, dans le contexte actuel.

Mais si j’entre un peu dans les détails, ça se corse.
Nous étions (à vue de nez) environ 400 personnes dans ce Boeing 777.
Toutes venaient du même pays que moi.
Et toutes se rendaient dans le même aéroport, celui dont je parle, qui exigeait le test négatif, et d’où j’écris en ce moment.
Toutes étaient donc CovidoNégatives il y a 4 jours ou moins.

Les risques qu’elles fussent devenues positives entre temps sont très faibles.
En effet, dans le pays de départ, il n’y a en ce moment que, environ, 150 cas connus dits « actifs ». Plusieurs dizaines de ceux-ci se situent dans des lieux de rétention aministrativo-sanitaire (toute personne entrant dans le pays passe par ce genre de lieu, et deux tests y sont obligatoires, à 10 jours d’intervalle).
Les autres sont connus parce que le traçage se met en route dès qu’un nouveau positif est décelé : en cas de positivité de tel ou tel ainsi « tracé », hop ! isolement contrôlé.

Les risques sont donc extrêmement faibles qu’il y ait eu, dans la nature, des positifs ayant pu transmettre le virus à ne serait-ce que l’un d’entre nous, les 400 passagers, entre le coup d’écouvillon au fond de nos sinus et notre embarquement.

Eh bien, néanmoins, durant tout le trajet, le masque a été obligatoire !
Et tout le monde, sans exception, le portait1 !
Dans cette situation extrême où rien – selon moi – ne le justifiait2, l’on peut constater :
que l’obéissance est une vertu bien partagée,
qu’une nouvelle « normalité » peut être instauré sans problème par décision d’En-Haut :
cette fois, le masque sans raison ; mais quoi demain ?
(À peine ai-je écrit ceci qu’un agent de sécurité cravaté vient m’ordonner de porter les gants qu’il me fournit…
Voilà : demain, « gants pour tous » ?)

« Partout la servitude à voix basse parlait (…)
La force avait le droit.
Qu’était la conscience?
De la reptilité sous de l’écrasement. »
(V. Hugo, La fin de Satan)

1- Moi y compris, car lorsqu’un agent de sécurité cravaté m’intime l’ordre d’attacher ma ceinture ou de porter un masque, j’obtempère.
En la circonstance, je ne me voyais d’ailleurs pas constituer un foyer de rébellion, car trop peu à l’aise dans l’une des deux langues en vigueur (l’anglais) et parfaitement ignorant de l’autre (l’arabe) ; j’eus pourtant voulu !
2- On pourrait sans doute arguer que, si les personnels – de vol et d’entretien en escale – ne sont pas soumis à la même obligation de test négatif datant de moins de 4 jours, ils sont de potentiels pourvoyeurs du virus. Donc, qu’ils aient à porter ce masque puisque c’est la croyance du moment, pourquoi pas ?

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Les enfants nés de nos jours,
ou bien connaîtront la disparition pure et simple de l’humanité à cause de ses excès,
ou bien vivront dans un monde tout à fait différent de l’actuel.

C’est ce qu’annonce en substance un rapport du Comité pour l’Avenir de l’Humanité(W), publié en Australie :
Ce Comité identifie dix risques majeurs auxquels l’humanité est confrontée en ce moment, dont plus de la moitié créés par le système monétaire et économique actuel et ses prédécesseurs :
1. la diminution des ressources naturelles, en particulier de l’eau,
2. l’effondrement des écosystèmes et la réduction de la biodiversité,
3. la croissance de la population humaine au-delà de ce que la Terre peut supporter,
4. le réchauffement climatique et les changements climatiques induits par l’homme,
5. la pollution chimique du système-Terre, y compris de l’atmosphère et des océans,
6. l’insécurité alimentaire croissante, et la qualité déficiente de la nourriture,
7. les armes nucléaires et les autres armes de destruction massive,
8. les pandémies de maladies nouvelles et incurables,
9. l’avènement de nouvelles technologies puissantes et incontrôlées,
10. l’incapacité nationale et mondiale à comprendre et/ou à agir préventivement sur ces risques.

Le Comité énonce que :
A- Aucun de ces dix risques très actuels de catastrophes n’est plus grave qu’un autre.
B- Ne chercher à n’en éliminer qu’un seul ne changera pas la situation globale :
« Les systèmes monétaire et économique actuels sont en opposition à ce qu’il faut pour que le monde puisse, de lui-même, faire durer l’humanité : ils doivent donc changer. »

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Qu’est-ce qui doit changer ?
Theodor Kaczynski, alias The Unabomber, – entré à moins de seize ans à l’Université de Harvard, ce qui laisse supposer qu’il n’est pas tout à fait idiot – a son idée là-dessus : il désigne le système techno-industriel.
En 1995, il écrivait (extrait d’un montage libre d’extraits de son ‘Manifeste’)
« Nous ne sommes pas les premiers à dire que le monde moderne semble devenir fou. (NdT – Il connaissait notre Jacques Ellul)
Les gens ne satisfont pas leurs besoins vitaux de façon autonome : ils se comportent comme les rouages d’une énorme machinerie sociale.
L’homme primitif, acculé par un fauve ou poussé par la faim, peut se défendre ou partir à la recherche de nourriture. Il n’est pas certain de réussir, mais il n’est assurément pas sans ressource face à l’adversité.
L’homme moderne, lui, est démuni face aux accidents nucléaires, aux substances cancérogènes dans la nourriture, à la pollution, à la guerre, à l’augmentation des impôts, aux intrusions dans sa vie privée, et en général face aux phénomènes sociaux ou économiques à l’échelle de la nation qui peuvent détruire son mode de vie.
Il est vrai que l’homme primitif est démuni face à certains périls, la maladie par exemple. Mais il accepte stoïquement le risque de maladie, qui fait partie de la nature des choses : ce n’est la faute de personne.
Ce que subit l’homme moderne, par contre, est l’œuvre de l’homme. Ce n’est pas dû à la malchance : ça lui est imposé par d’autres personnes sur lesquels, en tant qu’individu, il n’a aucune influence.
Tant que c’est anodin, nous pouvons faire ce que nous voulons. Mais quand ça devient important, le système tend à réguler nos comportements. »
(à suivre)
Sa réflexion le conduisit à commettre plus de vingt attentats pour chercher à se faire entendre :
« Pour faire passer notre message au public avec une certaine chance qu’il fît impression, nous avons dû tuer des gens. »
Il y a 25 ans, on l’avait écouté distraitement, puis oublié.
Peut-être le temps n’était-il pas venu ?

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Mexique
La pandémie a été dévastatrice pour la population mal nourrie, que ce soit en raison de la pauvreté ou de mauvaises habitudes alimentaires, harcelée par la commercialisation agressive de produits « de pacotille », qui contiennent trop de sucres et de conservateurs, ce qui entraîne un surpoids et des maladies, qui réduisent les défenses contre le nouveau coronavirus.

En raison des taux élevés d’obésité et de diabète chez les adultes et les enfants, le gouvernement de l’État d’Oaxaca au Mexique a adopté une loi interdisant la vente de boissons sucrées et de bonbons aux enfants. Et d’autres gouvernements, comme celui de Mexico, préparent des lois allant dans le même sens, avec des pressions contre les grandes entreprises mondiales d’embouteillage de boissons non alcoolisées et de produits sucrés.

Des quantités d’emplois indispensables dans cette pandémie, comme la livraison de nourriture à domicile, sont exercés par des jeunes dans les conditions de précarité les plus violentes. Partenaires, collaborateurs, entrepreneurs sont quelques-uns des termes utilisés pour dissimuler l’absence de contrats de travail, de paiement en cas de maladie ou d’accident, et pour souligner les prétendues libertés des partenaires qui, au contraire, sont contraints à des journées de travail longues et intenses pour obtenir des scores qui leur permettent d’être les mieux placés pour les livraisons.

Ces formes de travail sont apparues avant la pandémie mais, avec elle, elles se sont répandues, tout comme les demandes.

La manière dont Jaime Osario, l’auteur, prof de fac au Mexique, écrit son article(W) vaut le détour.
(je peux en fournir une traduction express)

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Dialogue avec une suédoise, cet été. Selon elle, si ta bagnole tombe en panne et que tu veux du secours, le Suédois moyen te demandera combien tu paies …même si ce Suédois moyen est quelqu’un de ta famille.

Du coup, que je puisse demander mon chemin quand je suis perdu, et obtenir une réponse gratuite (parfois erronée, mais bon…), apparaîtrait donc comme une survivance d’un état ancien ?
Mais non, pas du tout, prétend Chris Andersen(W), pour qui nous entrons dans une ère où la gratuité sera la norme.
Wikipédia emploie 400 personnes et veut continuer à les payer. Mais – dit sa comm’ – seuls 2% de ceux à qui ils tendent leur sébile donnent quelque chose.

Pour un bien à prix libre, divers échos que j’ai reçus à ce sujet laissent entendre que ceux qui ont peu de moyens donnent volontiers, mais que ceux qui ont les poches plus pleines donnent peu, ou pas. Le petits paient pour les gros, en somme…
Si, dans les rues, les distributeurs d’air respirable se développent prochainement (c’est juste une idée, comme ça…) et sont à prix libre (c’est juste une autre idée…), en ira-t-il de même ?

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Je me suis demandé ce que devient, du fait de la Covid, le lien social (sans lequel il n’existe pas de société).
Et j’en suis venu à m’interroger sur un point particulier : nous, placés au milieu de la marchandise.
(Attention, c’est en vrac…)
Je cite, pour commencer, cette phrase paradoxale
« Staying apart keeps us together », qui est le slogan officiel de l’État australien de Victoria (Melbourne)…
Dans la situation nouvelle – mise en cage, masque, travail et études à distance, peur accrue des autres, surveillance par le voisinage, dénonciation, harcèlement, menaces – même les aspects les plus rudimentaires de la sociabilité de proximité (se toucher, sourire, rire, se partager les bactéries, etc.) sont poussés à s’évanouir. La famille nucléaire parvient toutefois à tirer son épingle du jeu ; mais à quels prix ?
Il y avait, auparavant, une résignation générale : les choses étaient comme elles étaient, et un gouffre les séparaient non seulement de ce que nous eussions espéré, mais de ce qu’elles eussent objectivement pu être.
Point n’était besoin de morale pour nous contraindre à cette résignation, car le système présentait ses propres ressources : les si attirantes marchandises, notamment en matière de divertissement (dans les deux sens du terme).
Par exemple, l’aggloméré urbain, cette forme de vie en commun devenue aussi insensée et psychiâtrisante qu’insupportable, était admise comme allant de soi (tout comme l’est le vandalisme économique ordinaire des transnationales).
Je crois qu’il faut creuser ça : qu’est-ce qui parvenait à la rendre acceptable ? L’acceptions-nous par obligation de raison ? Ou présentait-elle vraiment un assez haut niveau d’attraits ? Ou un mix des deux ?
La peur des autres était déjà bien présente. Mais, allant sans doute croissant pour cause de pandémieS, sera-t-elle le noyau d’une modification de notre rapport intime à la ville ?
L’extrême pouvoir de la marchandise à museler nos désirs sera-t-il, par là, mis plus nettement en échec qu’il ne l’était jusqu’ici ?
Ou, au contraire, notre mortification résignée en sera-t-elle accrue ?
Plus largement, la Covid inaugure-t-elle une nouvelle étape de l’aventure de l’humanité ?

Des événements sanitaires hors tout contrôle par des humains sont probablement un trait majeur de notre avenir.
et
La possible domestication accrue des individus par des États alliés à des puissances de contrôle technologique – elles-mêmes incontrôlables – est désormais largement prouvée.

La marchandise est devenue – à l’échelle mondiale – la matière première majeure des liens sociaux ; autrement dit : nous sommes principalement en rapport avec autrui par l’entremise de l’acte d’achat.
Polanyi formule ça autrement : selon lui, à partir du XIXème siècle, « la société est gérée en tant qu’auxiliaire du marché » ; autrement dit, encore : le marché s’est annexé la société.
Ne pataugions-nous pas depuis longtemps dans ce brillant coltar : n’avions-nous pas capitulé, consciemment ou non, et depuis longtemps, et tout-à-fait joyeusement, devant les marchandises et les technologies ?
Nous faisions preuve d’absolue faiblesse, cédant devant l’étendue des avantages personnels, y compris au quotidien et le plus matériellement qui soit.
Or, y avait-il meilleur terrain pour des puissants drogués à la puissance que des gens si heureusement dépendants ?

On me dira qu’en tout ça, il s’agissait d’Argent. Oui.
Oui mais voilà : je suis, quant à moi, incapable de réfléchir dans ce cadre, tant il m’est obscur.
Et d’ailleurs, pour de vrai, qui est réellement au clair sur la création monétaire, la dette publique et privée, les mécanismes sophistiqués des trafiquants d’argent, etc. ?
Or, il ne me semble pas possible de réfléchir sur « l’argent et nous » hors de ce cadre-là.

On me dira aussi qu’il s’agissait de « biens ». La marchandise se distingue des « biens », non seulement parce qu’elle est achetée ou vendue, mais surtout en ceci qu’elle nous arrive après nous avoir flattés et/ou s’être montrée naturellement désirable, voire s’être prétendue indispensable.

Ne pas oublier, par ailleurs, cette marchandise particulière que nous vendions et qui était réputée LA condition pour nous maintenir au rang d’êtres sociaux : je parle du mix de notre temps+notre compétence+notre engagement ne serait-ce que physique, vendu à un ou plusieurs employeurs, ou à des clients si nous étions indépendant.

(Il conviendrait de prendre en compte également les mille formes de notre complaisance ancestrale à l’égard des États-fouettards, le « nôtre » et d’autres. Mais pas cette fois…)
Comment nous comportions-nous face à l’hégémonie de la marchandise ?
-SOIT nous y consentions, et c’était le plus courant.
-SOIT nous manifestions le « désir d’autre chose » (ne serait-ce que vaguement et par bribes) :
.Les religions fleurissaient,
.Nous recherchions la nature, qui est hors piège (mais on n’y accédait parfois qu’en payant le voyage …voire l’entrée),
.Nous étions « bio » et « carrément soutenable » (mais, outre que c’était le plus souvent une marchandise, ça ne mettait-il pas en jeu la même fibre narcissique ?),
.Nous limitions nos dépendances : par exemple je limitais mon exposition au numérique en boycottant Facebook, Whatsapp, etc. (chacun pouvait constater que j’utilisais gmail ; si quelqu’un m’avait prouvé que protonmail est une alternative au numérique, je l’eus utilisé bien évidemment),
.Nous pratiquions le bénévolat ou l’humanitaire,
.Nous abandonnions notre place appelée emploi (pas en foule !),
.Nous nous maintenions élitistement en éveil : lectures, clubs, etc. (je ne parle évidemment pas des universités),
-SOIT nous cassions la baraque ou, du moins, applaudissions de loin ceux qui s’y collaient à leurs risques et périls.

Bien sûr, évoquer ainsi l’univers de la marchandise sous l’angle des attitudes individuelles ne suffit pas à constituer une analyse de l’univers marchand où nous cuisions, et dont l’emblème, s’il en faut un, peut être désigné : l’énorme commerce des armes-à-tuer.

Dire que nous baignions dans la marchandise serait insuffisant.
Nous macérions dedans, au point d’en être imbibés au plus profond de nous.
Et sans nous en rendre compte…
Car la transformation d’un bien en marchandise est un processus de profond obscurcissement.
La rondelle de saucisson que tu mastiques peut-être en ce moment, combien de gens y-a-t-il « derrière » ? avec des histoires, des joies, des souffrances, des projets, des craintes…
Or l’école ne prétend-elle pas avoir pour but de désobscurcir le monde ?
Les processus réels des productions et circulations de marchandises concrètes, par des gens concrets, devraient donc aujourd’hui faire partie de ses programmes, non ?
Eh bien, pas du tout : seule une partie de ce processus est enseigné à une élite qui, pour sa future carrière, doit se familiariser avec les « chaînes de valeur ».
Notre lien concret au monde doit ainsi se résumer parfois à l’achat d’un saucisson sans histoire, par l’entremise d’un passage en caisse robotisée. Et ton esprit pense alors à ceux avec qui tu vas peut-être partager cet achat, mais c’est tout. Pauvre lien…
Cas particulier et honteux : la propagande « équitable » se sert de l’image des gens concrets qu’il y a « derrière » pour se promouvoir (j’en chiale de dépit !).

Transmutation des choses encore. Originellement, un cadeau était un cadeau. Désormais, c’est quelque chose que tu vas acheter dans un magasin spécialisé appelé « boutique de cadeaux »… Ici, de même, ce qu’il y a « derrière » est occulté, au profit du « lien social » de proximité avec la personne à qui tu destines ce cadeau.

=> Si on parle de lien social, il faut considérer autant le « derrière, avec histoire » que le « devant, avec histoire aussi » : c’est-à-dire notre lien au monde dans son ensemble.

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(Manifeste de The Unabomber,
suite du début, qui est plus haut)

Le système doit forcer les gens à se comporter d’une manière qui s’éloigne de plus en plus des schémas naturels du comportement humain. Par exemple, le système a besoin de scientifiques, de mathématiciens, et d’ingénieurs. Il ne peut fonctionner sans eux. Les adolescents sont soumis à une très forte pression pour exceller dans ces domaines. Il n’est pas naturel qu’un adolescent passe le plus clair de son temps assis à un bureau absorbé par ses études.
La plupart des individus sont incapables d’exercer une influence sur les décisions importantes qui affectent leurs vies. Il n’y a aucun moyen concevable de remédier à cela dans une société technologiquement avancée.
Le système ne peut pas exister pour satisfaire les désirs des hommes. Au contraire, c’est le comportement des hommes qui est modifié pour s’adapter à ceux du système. C’est le propre de la technologie, car le système est soumis non pas à une ou à des idéologies, mais aux contraintes techniques.
Le concept de « santé mentale » dans notre société est principalement défini par la capacité d’un individu à se comporter en accord avec les besoins du système sans manifester de signes de stress.
Pour des raisons purement techniques, il n’est pas possible pour la majorité des individus ou des petits groupes d’obtenir une véritable autonomie dans une société industrielle. Même un indépendant a généralement une autonomie limitée. En dehors de la nécessité de se conformer aux réglementations gouvernementales, il doit s’insérer dans le système économique et se plier à ses contraintes. Par exemple, lors de l’émergence d’une nouvelle technologie, l’indépendant est souvent obligé de l’adopter, qu’il le veuille ou non, s’il veut demeurer compétitif.
Le seul code éthique qui protégerait la liberté serait celui qui interdirait toute manipulation génétique sur l’homme ; or vous pouvez être sûrs qu’un pareil code ne sera jamais appliqué dans une société technologique. Tout code qui réduirait l’ingénierie génétique à un rôle mineur ne tiendrait pas longtemps, car la tentation offerte par l’immense pouvoir que confère la biotechnologie serait irrésistible.
Il n’est pas possible de réaliser un compromis durable entre technologie et liberté, car la technologie est de loin la force sociale la plus puissante ; elle empiète continuellement sur la liberté, de compromis successifs en compromis successifs.
(Ceci n’est pas le texte exact du Manifeste, mais un montage d’extraits ; le montage intégral peut m’être demandé -formulaire de contact-)

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Madagascar
Protéger les paysans producteurs et la population rurale face à la pandémie de Covid-19.
Le secteur agricole étant en grand danger avec la reprise prochaine de la production, « Il faut sensibiliser les paysans sur certaines mauvaises habitudes qui favorisent la propagation du coronavirus. Les hommes doivent par exemple éviter de cracher avant de prendre leurs pelles au moment de labourer » a expliqué le directeur général du Centre National de Recherche Appliquée au Développement Rural.
Du temps du colonisateur français – qui imposait, soit dit en passant, que la France y fût appelée « Mère Chérie » – tout Malgache devait, à tout moment, être porteur de son attestation de paiement d’impôts, sinon c’était directement la taule.
Je me demande ce que l’État héritier inventera pour punir (pardon : éduquer) le paysan qui se crachera dans les pognes avant d’empoigner le manche de son angady.

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Nouvelle-Zélande (NZ Herald)

Une « armée de compétences » composée de comptables, d’avocats et d’experts en informatique – et même de thérapeutes – ont offert une aide gratuite aux familles et aux petites entreprises qui luttaient contre le verrouillage de Covid-19.

Certains bénévoles ont aidé à améliorer les compétences des personnes grâce à des logiciels tels que Microsoft Teams ou Zoom pour les aider à travailler à distance. D’autres entreprises ont reçu des conseils pour établir leur budget ou demander des subventions publiques.

Le site web HelpTank, qui fait partie de la fondation caritative Who Did You Help Today ?, met en relation des bénévoles et des projets.

Il compte des centaines de bénévoles qui peuvent apporter leur aide dans le domaine informatique ou un soutien plus long dans d’autres domaines.

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France
Un cas de décision administrative bien éclairant, je trouve.
(je cite Le Monde, le journal qui prétend décoder mais …reste largement en chemin)

« Désormais, lorsqu’un enfant aura été diagnostiqué comme positif, sa classe pourra « continuer de se tenir normalement pour les autres élèves, qui ne sont plus considérés comme cas contacts », a assuré le ministère dans un communiqué.
Jusqu’à présent, si un élève était considéré comme cas contact, il ne pouvait revenir à l’école que si un test réalisé sept jours après le dernier contact avec le cas confirmé était négatif.
Par ailleurs, un enseignant de maternelle ou de primaire portant un masque et ayant côtoyé un élève non masqué diagnostiqué positif au coronavirus ne sera plus considéré comme un cas contact et ne sera plus invité à s’isoler, précise-t-il. »
Décodage perso :
Tu étais un sale cas-contact jusqu’à présent, mais désormais c’est pardonné !

et ceci :
« Ces évolutions visent à faire baisser le nombre de classes fermées pour cause de Covid-19. »
Décodage perso :
En France, la maladie obéit aux nécessités gouvernementales.
C’est beau, de pouvoir pouvoir…

Regardant d’un peu plus près le site web ce journal, je constate qu’il est au moins aussi intéressé par les animaux de compagnie et la masturbation, que par la réalité de la Covid_en_tant_que_phénomène_sociopolitique.

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Un ami écrivain écrivait, il y a quelques mois :

Je sens comme une arrière-pensée collective ignorant toute efficacité mais croyant que plus on se fait chier, plus on est pardonné, en l’occurrence, épargné.
C’est l’effet « catholique zombie » (qui va naturellement à l’esprit des tontons macoutes et de leurs chefs).
Si beaucoup se laissaient aller, ils feraient des processions (en gardant un mètre de distance) et peut-être en se flagellant.
Ce qui m’inquiète davantage est l’effondrement du capital. J’imagine que tu es d’accord avec moi qu’on ne peut s’attendre à la création de conseils et à l’expropriation des propriétaires des moyens de production à court terme. Alors ?
J’ai été un peu effrayé de la façon dont la Russie ces derniers jours a brisé l’industrie de l’énergie aux USA, et s’est installée au Vénézuéla. L’Ouest est encore moins préparé à affronter cette situation qu’à combattre un virus fantôme, qui pour l’instant obsède plus les esprits que seulement le nuage radio-actif qui a traversé le sud de la France avec les dernières pluies (je pense
que tu as entendu parler de l’incendie autour de Tchernobyl qui a fait partir en fumées les forêts contaminées).
Tous ces événements m’ont fait revenir au XVIIIème siècle et à la Guerre de Sept Ans. Cette guerre, proprement mondiale, la première guerre mondiale en fait, a commencé à dessiner l’ordre international qui a capoté cette année-même ; capoter visiblement du moins, capotage à peine camouflé sous un masque sanitaire, si j’ose dire.
Il est probable que l’aristocratie strato-financière occidentale va tenter de s’accrocher à ses confrères asiatiques, un peu comme le firent pour la Guerre de Sept ans, maharadjas et sultans contre le monde moghol, traqué jusqu’à l’Afghanistan (qui résiste encore). On sait ce qu’il en est advenu pour les peuples du monde, et aussi pour les peuples européens, écrasés par la caste aristofinancière alimentée par les colonies à travers les compagnies des Indes Orientales ou Occidentales.
La situation est heureusement très différente. Les empires européens étaient en guerre au XVIIIème siècle, et ils entraînaient dans celle-ci les peuples du monde entier. Les puissances asiatiques sont, au contraire, très consensuelles entre elles. Elles n’ont aucun esprit belliciste et ne sont pas pressées. Les mouvements ouvriers y sont plus forts, les gouvernements y contrôlent mieux
l’aristocratie strato-financière, et surtout, celles de l’ouest n’a plus rien à offrir. L’esprit y serait donc plutôt à une sorte de plan Marshall (on le sent dans le Quotidien du Peuple).
Je nous vois parti vers des débordements violents (…)
J’ai remarqué que depuis 2001 , les gouvernements créent la panique plutôt qu’ils ne tentent de la calmer.
C’est nouveau.
JPD

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Nouvelle-Zélande (Stuff – 22 septembre)
Une personne qui a renvoyé un résultat « faiblement positif » au test Covid-19 lundi et un test négatif mardi a été envoyée à l’installation de quarantaine d’Auckland par mesure de précaution.
Cette personne était l’un des 85 passagers d’un vol charter entre Christchurch et Auckland (2 villes de Nouvelle-Zélande. NdT) le 11 septembre avec un homme qui a ensuite été testé positif pour Covid-19 – une semaine après avoir terminé son isolement contrôlé au Crowne Plaza de Christchurch.
Le directeur général de la santé, le Dr Ashley Bloomfield, a déclaré mardi que la valeur du « seuil de cycle » (CT) du test d’amplification en chaîne par polymérase (PCR) de la personne était élevée, ce qui suggérait une ancienne infection.
La personne, qui n’avait aucun symptôme depuis son arrivée en Nouvelle-Zélande, était revenue négative aux tests du jour 3 et du jour 12 alors qu’elle était en isolement contrôlé, a déclaré Bloomfield.
Les 28 autres passagers assis dans les rangées les plus proches de l’homme qui a été testé positif une semaine après avoir terminé son isolement ont été testés et ont donné un résultat négatif.
Les autres personnes présentes sur le vol ont été contactées et seront testées comme il se doit, a déclaré M. Bloomfield.
Le ministère de la santé est en train de développer un protocole et de mettre en place un groupe d’experts pour aider à standardiser la façon dont ces cas « limites » sont gérés et signalés, a dit M. Bloomfield.
Le groupe et le protocole évalueront les personnes ayant obtenu un résultat faiblement positif et un résultat élevé au scanner afin de déterminer si l’infection est historique ou récente et d’orienter les mesures de santé publique, notamment en ce qui concerne la gestion des contacts et toute mesure nécessaire pour limiter le risque pour la communauté, a-t-il dit.

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Nulle part, ou partout.

La vertu d’un pays, comme celle d’un homme, commence par l’esprit de contradiction.
Dans une réunion de bambins, on voit aussitôt ceux qui acceptent le monde tel que les grandes personnes veulent qu’ils le voient, qui acquiescent à leurs descriptions et à leurs doctrines, les prennent à leur compte, les propagent ingénument.
Mais dans cet agglomérat de petits moutons, il y a un ou deux récalcitrants, un ou deux incorruptibles qui, à cinq ans, à dix ans, préfèrent se fier à leur instinct, à la droiture de leur raisonnement, à leurs bons yeux, plutôt que de se laisser endoctriner par la société.
Celle-ci ne tarde pas à se méfier d’eux; elle le leur montre par des punitions, des mépris, des sarcasmes et surtout un refus permanent de les prendre au sérieux, alors qu’ils sont en fait les seuls esprits sérieux de leur génération.
La société est infaillible là-dessus, ou plutôt elle décèle dans les enfants qui n’acceptent pas sans critique ses maximes, des ennemis qu’il importe de combattre sans attendre, en qui il faut tuer, s’il se peut, le détestable esprit qui les habite avant qu’ils ne deviennent grands.
Toute époque est inconfortable pour les gens qui préfèrent penser par eux-mêmes plutôt que de chanter avec le chœur des conformistes. Saint-Simon vivait sous Louis XIV, Beaumarchais sous Louis XV et Louis XVI, époques qui nous paraissent, par comparaison avec la nôtre, des sommets d’intelligence, de bon sens, d’audace intellectuelle, de science artistique, et pourtant, tout protégés qu’ils étaient, l’un par sa pairie et son appartement à Versailles, l’autre par ses talents et son argent, la société ne les a pas ménagés. Voir la réalité telle qu’elle est, ne pouvoir s’empêcher de la décrire, est considéré comme un attentat contre l’ordre établi.
La grande affaire des hommes sur cette terre est d’y faire régner un certain mensonge ou, si l’on préfère, une certaine convention dont l’objet est de persuader les générations successives que le bien se trouve obligatoirement d’un côté et le mal de l’autre.
« Ressemble-moi ou meurs, dit le maître, car ce qui ne me ressemble pas est diabolique et ne mérite que d’être supprimé de la surface terrestre, expédié en enfer, renvoyé au néant. »
Jamais dans l’histoire, il n’y eut de si profonds esclavages consentis qu’il n’en existe à présent. Cela vient, évidemment, des moyens de propagande ou d’intoxication qui, depuis que nous sommes nés, Messieurs, nous autres dont on peut dire que nous sommes un peu éloignés de l’enfance, n’ont pas cessé de se perfectionner. Nul d’entre nous n’a connu le monde silencieux de nos ancêtres où, pour être endoctriné, on devait avoir au moins de la curiosité et se donner la peine d’aller dans des endroits où des tribuns, des politiciens, des agitateurs pratiquaient l’art oratoire. Pour obtenir un lynchage, au XIXe siècle, il fallait faire preuve de quelque persuasion, de dialectique, d’éloquence. À présent, une image sur les écrans de télévision suffit. On la montre dix fois, vingt fois, à des millions d’esprits non critiques, et cette image obsédante, accompagnée de commentaires adéquats, fait l’opinion. Pis que l’opinion : elle désigne souverainement le bien et le mal. Peu importe qu’elle accable les victimes en les faisant passer pour des bourreaux : personne ne vérifie. Jadis le mensonge n’entrait dans les âmes que par les oreilles. Le progrès des sciences et des techniques le fait entrer maintenant par les yeux.
Le monde, contrairement à ce qu’on prétend, n’est pas rempli de loups mais de moutons, qui sont des bêtes bien plus dangereuses.
La vertu commence avec l’esprit de contradiction.
Collage d’extraits d’un discours de Jean Dutourd – 1996
JE
SUIS
ASSANGE

*

J’ai écrit quelque part, il y a peu : Nous entrons dans un nouveau monde où nous ne pourrons plus échapper à la radicalisation : nous serons d’un bord ou de l’autre.
Ce qui se passe, ces heures-ci, dans ce pays et dans d’autres, n’est pas seulement une tranche d’histoire d’une épidémie : c’est une révolution qui vient d’en haut, dont les premières notes ont été émises il y a longtemps, mais qui fleurit cet automne.
L’entrée, pour chacun, s’y fait
– soit par la porte « Plus de sécurité »,
– soit par celle « Ce qui se prétend sécurité est un danger grave ».
Les camps se forment ainsi.
Le combat a déjà lieu dans la rue et dans les maisons : j’expérimente tout simplement que le simple face-à-face tend à y devenir guerrier.
Monsieur Kundera, lui, écrit ceci dans L’Immortalité :
Le monde a atteint une frontière ; quand il la franchira, tout pourra tourner à la folie : les gens marcheront dans la rue en tenant un myosotis, ou bien ils se tireront dessus à vue. Et il suffira de très peu de chose, une goutte d’eau fera déborder le vase (…).
Il y a une frontière quantitative à ne pas franchir ; mais cette frontière, nul ne la surveille, et peut-être même que nul n’en connaît l’existence.

*

JE
SUIS
ASSANGE
C’est une accusation de viol qui a plongé Assange au trou.
Elle était bidon, les bidonneurs l’ont reconnu.
La machination s’interrompit-elle pour autant ?
Allons donc !

Au Guatemala, Raul F., 60 ans, est condamné à 64 ans de prison, pour un crime qu’il n’a pas commis. Dans ce cas, aussi, la machinerie judiciaire est parvenue à obtenir une dénonciation de viol contre lui.
Raul ne se privait pas de dénoncer les agissements de certaines ONG, dont celles visant à améliorer le sort des femmes.
Aucun rapport ?
Cas extraordinaire (il me semble) : impossible d’arrêter la machination car un article du code pénal guatémaltèque stipule que toute dénonciation de violence contre une femme entraîne automatiquement condamnation.
Des femmes députées guatémaltèques ont voulu élaborer une proposition de loi révisant cet article, en raison des abus qu’il entraîne naturellement.
Leur démarche n’a – étrangement… – pas pu aboutir.
Même si le Congreso de la República de Guatemala est majoritairement mâle.
Un rapport récent a fait état des divers types de pressions s’exerçant sur les juges dans ce pays. Il n’y est pas question de cet article du code pénal. Contactés, les auteurs du rapport n’ont pas jugé bon de me répondre.

Puisque nous sommes au Guatemala, une dernière pour la route : un tribunal d’honneur d’avocats y a le droit de juger …les juges.
Tu me tiens, je te tiens, par la barbichette…

Pour en revenir à Raul F., je peux communiquer à qui veut son essai « La Nouvelle Inquisition », écrit en prison. En espagnol, ou traduit en français.
JE
SUIS
RAUL F.

*

France
(Source La République du Centre du 23 septembre 2020).
En 2020, à ce jour, pour le département du Loiret : 937 morts classés « Covid ».
En 1948, pour la seule ville d’Orléans (380 débits de boisson), chef-lieu de ce département : 1 302 morts par delirium tremens, selon la conseillère municipale des années 50 Mlle Beccaria.

Le directeur marketing de John Deere France : « On peut avoir du matériel qui travaille au sol couplé avec un drone. Quand le drone va passer au-dessus du champ, il va générer des quantités de données très importantes. Aujourd’hui, le transfert de ce type de données prend des heures. La 5G peut permettre de traiter l’information instantanément et de gagner une demi-journée. »

Selon un chercheur « 1 euro investi dans le numérique, ce sont 6 euros qui ruissellent dans l’économie nationale ».
À Saint-Jean-Le-Blanc, le maire veut imprimer un nouveau style. Les élus ont tous reçu une tablette numérique pour limiter leur consommation de papier.
À Fay-Aux-Loges, la municipalité n’utilisera plus de pesticides pour traiter le cimetière.
À Pithiviers, la Haute Autorité de santé a décidé de ne pas certifier le centre hospitalier Paul-Cabanis (soins de suite + Ehpad) en raison, mais pas seulement, d’insuffisances dans la sécurisation du circuit du médicament : « pas d’information structurée sur les risques iatrogènes, pas de supports d’information sur les médicaments à risque ».
Le PIB français va être abondé de 1 671 458,12 €, pour cause de restauration de l’église de Ferrières-en-Gâtinais (soit Un mille milliardième du PIB du pays). Le Trésor public bénéficiera de la TVA qui va avec.
« Nos églises sont des  »outils » touristiques importants » assure le maire.
À Montargis, le conseil municipal a voté une taxe sur la consommation d’électricité pour financer de nouveaux postes de policiers municipaux : il manquerait, en effet, une trentaine de fonctionnaires. Certains élus protestent : ceux qui vont morfler, ce sont les foyers les plus mal logés « dans des passoires énergétiques », « chauffés par des grille-pains qui consomment énormément », « parce qu’ils n’ont pas le choix ».
Le même conseil municipal a aussi décidé d’honorer le président de l’association des Cosaques ukrainiens de France.
À Gien, trois scénarios de circulation sont « issus d’une concertation avec les Giennois » : l’un d’eux est en cours de test pour une durée de deux mois ; une semaine après sa mise en service, des modifications lui sont déjà apportées. Pas courant, si ?
Nouveauté à Griselles (800 habitants) : un marché de quatre heures, deux soirs par semaine. Culotté, non ?

Il y a vraiment-vraiment beaucoup-beaucoup d’informations fraîches du jour dans La Rép’ !
M’est avis qu’il y a plus à réfléchir tranquillement là-devant que devant l’envahissant BFM-TV. La lutte achèvera-t-elle La Rép’ ?

*

Un « autre monde » était « possible » : c’est le nôtre, dont il faudrait sérieusement se demander ce qu’il a de commun, sur quelque plan que ce soit, avec le monde plus ou moins humanisé qui l’a précédé et dont, table rase faite, il se déclare l’héritier parce qu’il en vitrifie la dépouille.

(Extrait du petit opuscule de René Riesel et Jaime Semprun paru en juin 2008 : « Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable »

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Un État qui règne au-dessus du volcan
Jacques PHILIPPONEAU, René RIESEL
(extrait)

On y avait accoutumé les populations.
Les États et leurs supplétifs verts se faisaient rassurants.
Ils en faisaient leur affaire : il y aurait encore de beaux jours, moyennant une désagréable mais inévitable période d’adaptation.
Des « décroissants » s’en remettaient à l’État pour imposer les restrictions et la rééducation utiles au retour de la joie de vivre.

Tout ceci a volé en éclats en moins d’une décennie.
Ce qui n’avait pas été calculé c’est la vitesse d’expansion du chaos géopolitique lié à la guerre mondiale pour le contrôle des ressources naturelles (pétrole, uranium, terres rares, terres agricoles, eau), la somalisation qui court maintenant d’Afrique en Afghanistan, et surtout l’ampleur et la rapidité, que la crise financière de 2008 a seulement fait entrevoir, de la désintégration sociale précipitée par la mondialisation de l’économie.

(…) en même temps, à l’échelle de la planète, la conscience qu’il n’y aura plus de lendemains qui chantent, que l’activité irrésistible du complexe économico-industriel ne fera qu’approfondir le désastre ; et qu’il n’y a rien à attendre d’États, excroissances cancéreuses où se mêlent à différentes doses les castes technocratiques parasitaires, corrompues ou mafieuses, qui affichent froidement leur refus de faire mine d’infléchir cette course à la destruction de tout et sont visiblement réduits à leur fonction première : l’exercice du monopole de la violence.
(article publié dans Le Monde 13 décembre 2014)

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CORNELIUS CASTORIADIS  Réflexions sur le « développement » et la « rationalité »
Citation : L’homme, « animal fou, a fait naturellement de son invention, la raison, l’instrument et l’expression la plus méthodique de sa folie. » (W)

J’ajouterais qu’il a fait de son invention – le langage_au_service_des_puissants – l’instrument de la validation de sa folie.

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Nulle part et partout

(In english below)
Appel à déserter
adressé aux cadres, ingénieurs et hauts diplômés exerçant dans les entreprises, administrations ou organisations mettant en péril l’avenir de l’humanité.
Pour atteindre au cœur le système mortifère, ce mouvement de retrait pourrait commencer dès maintenant.
Hier, inviter les entités dangereuses à changer était voué à l’échec, et cela se perpétuera, les appels aux décideurs officiels publics n’aboutissaient qu’à de piètres résultats, et il en sera encore ainsi, les manifestations populaires étaient impotentes, et…
Demain, après des calamités plus traumatisantes que celles que nous vivons déjà, des personnels-clés démissionneront peut-être, car ils s’en jugeront co-responsables…
Dès aujourd’hui, CREONS LES CONDITIONS pour qu’un courant de démissions prenne forme dès à présent, puis s’amplifie.
Le temps presse.

A call for desertion
by executives, engineers
and all decision-makers
in companies, administrations and organisations
that endanger the future of humanity
(including themselves and their children…).

In order to strike at the core of this deadly system
the movement of desertion could begin now.

Yesterday,
inviting dangerous companies to change their way of
functioning was doomed to failure, this will continue,
appeals to official, public decision-makers led to pitiful results,
this will not change,
demonstrations by the people were impotent, and…

Tomorrow,
after more traumatic calamities than those we are living now,
key personnel will resign, hopefully, because they will
consider themselves co-responsible…

Today,
let us CREATE THE CONDITIONS for a movement of desertion
to come together and then spread.

Time is running out.

*

Partout et Partout

Présent dans plus de 120 villes d’Europe, d’Asie, d’Amérique du Nord et du Sud, METRO est le quotidien le plus lu dans le monde (17 millions de lecteurs).
– Moi, Monsieur, si je voulais influencer l’opinion publique des grandes villes, je créerais un gratuit, et je le distribuerais aux bouches de métro.
– Mais les gratuits ne sont pas des journaux d’opinion, voyons ! C’est de l’info factuelle…
– Bon, disons de l’info factuelle d’opinion !

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Partout et nulle part
Le somnambulisme est devenu la norme de presque tous les comportements.
(…) On nous regarde de toute façon comme des individus qui veulent réveiller les autres en sursaut, leur ôter cette illusion de tranquillité qu’ils ont laborieusement tissée autour d’eux.
On sent bien qu’avec nous on n’aura pas cette paix que tous les vaincus trouvent dans l’oubli et la résignation. (…)
Nous ne pouvons qu’être inconvenants.
Il n’est pas dans nos intentions de nous assagir.
Pour nous, la vie n’a de sens que si l’on essaye de comprendre et de transformer ce monde, ce qui veut dire aussi se transformer et se comprendre.
Ce trait est au fond ce qui nous caractérise et par lequel nous nous reconnaissons.
Comment nous définir ?
Nous sommes de ces individus qui ont fondé leur vie sur un refus des séparations, dans la mesure de ce que la situation permet, évidemment.
Nous refusons de n’être qu’un travailleur, un intellectuel, un « oisif », un artiste, un français, un homme, une femme, etc.
Nous entendons participer de tout cela à la fois, ce qui fait qu’aucune confrérie ne nous reconnaît pour membre.
Guy Fargette – 1986

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Trois mois après le début du mouvement des Gilets jaunes, j’interviewais Guillaume H., dans la Sarthe.
« Tout le monde s’était posé la question à la fin de cette journée du 17 novembre, qu’est-ce qu’on fait ? est-ce que le 17 novembre c’est un début ? est-ce que c’était une journée d’action comme ça et puis que ça ne perdurerait pas ?…..et puis au final, localement ici, on s’est tenu au courant un petit peu de ce qui se passait sur les réseaux sociaux………et puis les gens sont restés la nuit, il y en a qui ont apporté à manger, à boire….et la solidarité a commencé à se mettre en route, les gens à s’entraider, et puis on est restés la nuit, on est restés le lendemain, on est resté les nuits, les jours suivants…et on a vu que c’était pareil partout en France…..Et puis que…oui partout en France, la solidarité se mettait en route….je dirais la colère des gens mais surtout la contestation avait pris sa source de très loin…je dirais de très loin dans les….depuis longtemps.
Et puis…voilà il y a beaucoup de gens qui sont touchés par énormément de choses qui ne vont plus du tout aujourd’hui.
Il faut savoir aussi que les gens ne viennent pas de manière égoïste ; chacun a ses propres revendications par rapport à son métier, par rapport à sa situation personnelle, mais beaucoup de gens ici viennent…c’est ce que je répète souvent…..on vient pour le bien commun, on ne vient pas pour obtenir un petit quelque chose par rapport à soi personnellement : on vient pour qu’il n’y ait plus des gens qui dorment sur le trottoir, on vient pour que tout le monde ait un accès aux soins…corrects et qu’on n’ait plus des gens qui attendent 15 heures aux urgences, on vient pour tout un tas de choses, pour qu’on n’ait plus une transition écologique qui soit…..punitive mais quelque chose qui soit plutôt incitatif, parce que tout le monde est pour l’écologie dans l’idée, mais les gens n’ont pas les moyens de payer toujours plus pour ça, donc forcément quand on demande à tout le monde de se serrer la ceinture et puis de faire des efforts pour l’écologie, des efforts financiers…..il y a un moment, quant on ne peut plus acheter à bouffer…..c’est pas possible…ça, c’est voilà le discours de tout le monde…

Voilà aujourd’hui, ça fait bientôt 3 mois qu’on est ici…et puis il y a…oui, je sais pas…il y a quelque chose qui s’est passé, c’est difficile à décrire mais il y a quelque chose qui s’est passé, qui a fait que, à partir du 17 novembre, tout le monde s’est dit…tout le monde partout en France s’est dit….on lâchera rien, on ira jusqu’au bout…..c’est ça…on veut obtenir ce qu’on revendique depuis le début, on veut une société plus juste, on veut obtenir des résultats et tant qu’on aura pas ça, on restera là.

….Et voilà on découvre un peu la vie en communauté avec les autres, ça a du positif, ça a du négatif, mais ça a permis beaucoup de rencontres entre des gens, des locaux, on se croisait sûrement tous les jours sur la route ou supermarché mais on se connaissait pas…..il y a beaucoup de liens, beaucoup d’amitiés qui sont crées…..je pense qu’on a déjà vu beaucoup de positif sans parler des résultats par rapport aux revendications qu’on voulait mais beaucoup de positifs socialement. »

Traduit en chinois, cet interview a fait l’objet d’échanges entre étudiants à Taïwan. Impression majoritaire : incrédulité.

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Par les temps qui courent, impossible de ne pas citer Monsieur Deleuze.
Ici, il est interviewé par Toni Negri :
« C’est certain que nous entrons dans des sociétés de « contrôle », qui ne sont plus exactement disciplinaires. Foucault est souvent considéré comme le penseur des sociétés de discipline, et de leur technique principale, l’enfermement (pas seulement l’hôpital et la prison, mais l’école, l’usine, la caserne). Mais en fait, il est l’un des premiers à dire que les sociétés disciplinaires, c’est ce que nous sommes en train de quitter, ce que nous ne sommes déjà plus. Nous entrons dans des sociétés de contrôle, qui fonctionnent non plus par enfermement, mais par contrôle continu et communication instantanée. Bien sûr on ne cesse de parler de prison, d’école, d’hôpital : ces institutions sont en crise. Mais si elles sont en crise, c’est précisément dans des combats d’arrière-garde. Ce qui se met en place, à tâtons, ce sont de nouveaux types de sanctions, d’éducation, de soin. Les hôpitaux ouverts, les équipes soignantes à domicile, etc., sont déjà apparus depuis longtemps. On peut prévoir que l’éducation sera de moins en moins un milieu clos, se distinguant du milieu professionnel comme autre milieu clos, mais que tous les deux disparaîtront au profit d’une terrible formation permanente, d’un contrôle continu s’exerçant sur l’ouvrier-lycéen ou le cadre universitaire. On essaie de nous faire croire à une réforme de l’école, alors que c’est une liquidation. Dans un régime de contrôle, on n’en a jamais fini avec rien.
(…) Vous demandez si les sociétés de contrôle ou de communication ne susciteront pas des formes de résistance capables de redonner des chances à un communisme conçu comme « organisation transversale d’individus libres ». Je ne sais pas, peut-être. « 

*

Peu avant le dernier Noël du 20ème siècle, un pétrolier nommé Erika sombre dans le Golfe de Gascogne.
Alors que les préfets des terres et des mers sont encore muets, deux inconnus – ne s’autorisant que d’eux-mêmes – décident d’activer la société civile du littoral menacé, de Penmarc’h à l’Île de Ré, laquelle selon eux a son rôle à jouer tout autant que les préfets : ils organisent donc en un temps record des activités par internet (groupes d’information mutuelle, cartographie en temps réel), et provoquent des rencontres en salles et par téléphone – nommées « auditions publiques » – entre élus locaux et professionnels concernés par les conséquences du naufrage (pêche, tourisme, par exemple), incluant une vidéocommunication avec des victimes d’une récente marée noire en Alaska.
Si j’évoque ces faits, c’est parce que les organisateurs usent du vocable « société civile » pour désigner l’instance qu’ils veulent mettre ainsi en lumière.
Or, le lendemain d’une de ces rencontres, s’en allant acheter le pain et le journal, l’un d’eux croise le maire de sa commune qui l’interroge sur ce point :« À la télé, hier, tu as parlé de la  »société civile » : c’est quoi, la  »société civile » ? ».
La question est symptomatique, et a fortiori venant d’un maire.
En temps ordinaire, l’État monumental parvient à convaincre que le bien commun est 1) son but et 2) sa chasse gardée. Du coup, la société civile n’est nullement en capacité de s’occuper de ses propres affaires (devant se satisfaire du détail – cf les associations sous-traitantes archi-contrôlées via leur financement), et donc tout bonnement d’exister par elle-même.
Or, par temps de catastrophe, cette situation peut vaciller. « La question n’est plus seulement de faire conduire des machineries à partir de logiques connues et de normes données, mais de naviguer dans l’inconnu », dixit Monsieur Lagadec. Et la société civile, si elle n’était pas aussi atrophiée qu’une aile de kiwi, aurait toute sa place là-dedans étant donné que les machineries calent ou broutent.
Début 2020, eût-on pu imaginer les premiers clusters Covid prenant eux-mêmes en charge leur situation sanitaire : masques, isolement, par exemple ?
Certes, personne en leur sein n’y connaissait rien ; mais est-ce là une objection quand le monument-État, lui-même, n’était pas du tout plus avancé ? Il reste d’ailleurs à prouver que celui-ci a fait les bons choix d’intérêt public sur au moins trois points : la réclusion forcée, le masque obligatoire, et les tests tels que pratiqués (cornaqué par l’OMS qui, pour le coup mérite complètement son nom d’organisatrice).

*

J’en reviens à Monsieur Kundera et à son pseudo-roman « L’immortalité ». Je ne suis pas convaincu par sa laborieuse démonstration d’un désir d’immortalité : il me semble suffisant de noter un – assez modeste, au fond – désir de célébrité.
Hier, contrôle d’identité par un policier masqué : « Vous savez à qui vous me faites penser ? Ah, mince, comment s’appelle-t-il déjà ? Un acteur célèbre… Un très bon acteur… »
Je suis accoutumé. Sur les cinq continents (si tant est que l’Océanie en soit un), ce genre de réflexion m’a été faite : un de mes sosies, en effet, est célèbre en raison de films célèbres, où il excelle paraît-il.
Si j’en parle ici, c’est parce que, maintes fois, des personnes ont voulu se faire photographier en ma compagnie, afin sans doute de se prouver proches d’une célébrité.
Ainsi Bettina espérait-elle de son Goethe un surcroît d’existence.
En Nouvelle-Zélande, c’est le Directeur de la Santé – qui n’est pourtant pas du tout mon sosie, allez comprendre ! – dont on a voulu se rapprocher : des sacs et des t-shirts ont été imprimés et sont portés dans la rue, portant son effigie.
Au Guatemala, un calendrier afficha, en son temps, un « Je suis Charlie » dont tout prouvait qu’il n’était là que pour participer de la célébrité internationale d’un slogan (auquel je n’ai, quant à moi, jamais souscrit en raison, précisément, de sa malléabilité).

Mais JE SUIS ASSANGE !
Assange n’est maintenant poursuivi QUE pour des actes de publication, largement relayés en leur temps par la presse bien-pensante (Le Monde, NY Times, etc.) qui le renie mainenant…
Si nous manquons du courage d’élever nos voix au nom d’Assange,
il sera renvoyé devant un tribunal secret, emprisonné à vie, et laissé pour mort.

De l’issue de cette persécution dépend notre sécurité collective contre les abus des puissant·e·s., non ?

« Chaque fois que nous sommes témoins d’une injustice et que nous n’agissons pas, nous conditionnons notre esprit à être passif face à elle,
et finissons par perdre toute capacité à nous défendre
et à défendre les personnes que nous aimons. » – Julian Assange

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Quand notre compagnie de théâtre mit en scène l’excellent roman de Monsieur Zamponi « Mon Colonel » sur le conditionnement progressif d’un jeune intellectuel par l’armée française en Algérie, nous reçûmes le témoignage poignant d’un tel jeune devenu vieux, que notre spectacle libérait d’un immense poids : partout, durant quarante ans, nous confia-t-il, il s’était heurté à un mur quand il avait voulu parler de la réalité de cette guerre.

Quelques années plus tard, après le moment-Aussaresses, ces anciens combattants s’entendaient plutôt demander, paraît-il : « Alors, papy, tu as torturé en Algérie ? ».
Ce qui n’était guère mieux, ce me semble…
Ô opinion publique !

*

Quand un journal satirique afficha en première page que tel ministre avait le cul sale, quels risques prenait-il de se tromper ?
Si j’en parle ici, c’est en raison de l’engouement, en cas de crise, pour les rouleaux de nettoyage à sec.

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Je reçois ceci :
« En chœur et joyeusement, réveillons Michel Colucci !
Créons des universités du cœur, sans chef, sans centre, sans profs et sans compte en banque, associant de fait des gens de tous poils qui cherchent à comprendre ce que sont les temps qui courent, grain de sable certes dérisoire dans des rouages de plus en plus mahousses, et encore assez bien huilés pour durer si on s’bouge pas.
Leur but : produire une Encyclopédie foutraque aussi instructive que mordante, extravagante et surtout mal-pensante, pour dégripper des vocables comme : nature, enseignement, crise migratoire, amour, sécuriser, FMI, associations, bio, guerre, pollution, populisme, travail, démocratie, et mille autres encore… »
Hé bé !

Ça me rappelle F. Nietzsche :
En mars 1874, après l’apparition de la seconde Considération inactuelle, il écrivit : « Je sais bien que mes effusions sont celles d’un dilettante qui manque quelque peu de maturité, mais, pour moi, il importe avant tout d’amener au jour tout ce qui a un caractère polémique et négatif. Je veux commencer par parcourir toute l’échelle de mes inimitiés, de haut en bas, et d’une façon assez excessive pour que la voûte en retentisse. Plus tard, dans cinq ans, je jetterai loin de moi toute polémique et je songerai à une « bonne œuvre ». Aujourd’hui j’ai la poitrine trop oppressée par la répugnance et l’affliction. Il faut que cela sorte, bon gré, mal gré ; pourvu que cela soit définitif. J’ai encore à chanter onze de ces mélodies. »

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Afrique
Plus de 500 économistes et universitaires du monde entier rappellent que, si l’Afrique se sort de la pandémie mieux que d’autres continents, elle reste ‘confinée’ à des perspectives fâcheuses, du fait les conditions posées par le FMI et les créanciers internationaux.
Celles-ci se concentrent généralement sur « cinq stratégies économiques problématiques et infructueuses » :
une croissance tirée par les exportations
la libéralisation des investissements directs étrangers (IDE)
une promotion excessive du tourisme
la privatisation des entreprises publiques
la libéralisation des marchés financiers
« Chacune de ces stratégies est un piège déguisé en solution économique » écrivent-ils.elles.

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France
Sous le titre Résistance, le musée de Lorris (45) enseigne aux visiteurs en herbe comment produire de faux papiers.

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Partout
La grippe de Hong-Kong n’a-t-elle pas fait trépasser des milliers et des milliers de personnes entre 1968-69 (40 000 en France, si j’ai bien compris) ?
Le pays s’était-il mis en arrêt ?
Le Français moyen – moi, par exemple – s’était-il même aperçu que nous étions en pandémie ?

Qu’est-ce qui a changé depuis lors ?
Beaucoup de choses, bien évidemment…
Pour moi, une chose, principalement a changé : il est devenu clair, à quiconque réfléchit plus d’une minute, que l’humanité va dans le mur, sauf dépopulation de masse aux quatre coins de la planète, (et principalement dans les pays dits « développés », estimé-je).
Je ne prétends toutefois pas – parce que personne ne m’en a apporté la preuve – que l’OMS favorise une extermination qui ne dirait pas son nom.

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Nulle part
Les droits humains dépendent les uns des autres. C’est-à-dire que si nous perdons un droit humain, il devient plus difficile de protéger les autres droits humains. Mais vu que nous utilisons de l’informatique pour faire beaucoup d’activités importantes dans la vie, le contrôle de notre informatique, c’est-à-dire que le logiciel soit libre, est devenu un des droits humains essentiel pour défendre les autres droits humains.
Et parfois, la liberté exige un sacrifice, c’est la vie ! Il en a été toujours comme ça. Mais beaucoup maintenant refusent de faire même des petits sacrifices. Ils disent : « Non, je ne veux pas arrêter d’utiliser ce programme privateur. Il est très commode ! Si, un jour, vous me montrez un programme pour faire ce travail 100% aussi commode et efficace et fiable que ce programme-ci, je l’adopterai. »
Qu’est-ce que ça signifie ?
Ça signifie que pour lui, la valeur de la liberté est zéro. Si le sacrifice qu’il ferait pour la liberté est zéro, il valorise la liberté comme zéro. Et que faire ? Je ne peux pas le forcer à changer d’avis.
Mais je peux le citer comme exemple d’un sot, du sot qui ne valorise pas sa liberté, et donc est en chemin pour la perdre.
(…) Ubuntu est une des distributions GNU et Linux qui n’est pas libre. Et Ubuntu utilise son influence pour enseigner les valeurs superficielles. Comment est-ce qu’on enseigne des valeurs ? En les incorporant dans vos paroles et vos actions. Les actions et les paroles des développeurs d’Ubuntu enseignent les valeurs superficielles parce qu’ils incorporent, ils mettent des programmes privateurs dans Ubuntu. Et dans ce qu’ils disent, ils citent uniquement les valeurs superficielles. Par exemple, ils pourraient dire : « Tu mérites la liberté dans ton informatique mais chez nous, tu ne l’auras pas ». Ils pourraient le dire, mais évidemment, ils ne le disent pas. En lieu de ça, ils disent : « Nous essayons de te fournir la meilleure expérience possible d’utilisateur », c’est-à-dire ils ne valorisent pas la liberté mais plutôt la commodité, et rien de plus profond. Voilà un des obstacles au mouvement logiciel libre. (…) Il y a une version modifiée complètement libre d’Android, qui s’appelle Replicant, qui fonctionne dans plusieurs modèles de téléphones, mais ne sait pas gérer beaucoup de périphériques parce que ces périphériques exigent des programmes privateurs*.
Si Ubuntu sait fonctionner avec ces périphériques, c’est parce qu’il contient ces drivers privateurs.
Extraits d’une conférence, en français, de Richard Stallman.

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Je note ce titre dans le quotidien français La Croix :
Pratiques artistiques : « Avec la crise, de plus en plus de gens ont envie de se lancer »
Tiens ?!

Et ceci dans The Conversation.com (Australie) :
« COVID-19 nous a offert une occasion inattendue d’aider davantage de personnes à arrêter de fumer »
Ah ?!

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Australie – Covid – Abus en vue
par Emeritus Professor Jude McCulloch Professor of Criminology, Monash University- (montage d’extraits d’article dans The Conversation Australie)

« Un projet de loi déposé au parlement du Victoria (Melbourne) donnerait à la police et aux autres « agents autorisés » des pouvoirs extraordinaires sans précédent.
Entre autres choses, le projet de loi donne à la police et aux autres agents autorisés le pouvoir de détenir préventivement les Victoriens « à haut risque », définis comme ceux qui ont le COVID-19 ou qui sont en contact étroit avec une personne atteinte du virus.
Le plus inquiétant est peut-être que ce pouvoir peut être appliqué dans les cas où l’agent autorisé a une « croyance raisonnable » qu’une personne « est susceptible de refuser ou de ne pas respecter » un ordre d’auto-isolement.
Le projet de loi ne donne aucune indication sur ce qui constituerait une « croyance raisonnable » ou sur la manière dont cela serait évalué.
L’autre élément préoccupant est la durée indéterminée de la détention, que le projet de loi ne précise que comme période de temps raisonnablement nécessaire pour éliminer un risque grave pour la santé publique.
Là encore, cela est lié à la même croyance raisonnable non spécifiée selon laquelle une personne est susceptible de ne pas se conformer aux ordres d’isolement.
Le projet de loi élargit considérablement les types de personnes qui peuvent être nommées agents autorisés, y compris les fonctionnaires de l’État, les travailleurs non gouvernementaux, les inspecteurs WorkSafe et les agents des services de protection.
L’étendue de ces pouvoirs discrétionnaires devient plus problématique si l’on considère que ces agents autorisés doivent être nommés sur la base de critères généraux et génériques et ne sont pas nécessairement des experts de la santé.
Les personnes ne doivent pas être détenues sur la base d’une croyance de non-expert qu’elles sont susceptibles de ne pas se conformer à une directive sanitaire.
Les réponses sanitaires qui fournissent aux personnes les informations, le soutien et les services nécessaires pour rester en sécurité et s’isoler se sont avérées plus qu’efficaces.
Les recherches démontrent constamment qu’un pouvoir discrétionnaire et préventif aussi étendu constitue un terrain fertile pour les pratiques policières discriminatoires.
L’Australie a une longue histoire de sur-police des minorités et des groupes marginalisés, en particulier les Aborigènes et les insulaires du détroit de Torres, les autres personnes de couleur, les jeunes et les locataires de logements sociaux.
L’application par la police des règles COVID-19 a largement suivi ce schéma, en se concentrant de manière disproportionnée sur les zones socio-économiques défavorisées.
Il y a aussi la question de la brutalité policière et de l’usage excessif de la force contre les personnes soupçonnées d’enfreindre les règles et celles qui souffrent de crises de santé mentale.
Il y a un manque de surveillance substantielle, solide et indépendante de la police dans l’Etat de Victoria.
Le nouveau projet de loi visant à étendre les pouvoirs de police d’urgence ne mentionne pas la surveillance de la police ni la révision des pouvoirs, ce qui est également troublant. »

L’auteur estime que « Les réponses axées sur la santé qui fournissent aux personnes les informations, le soutien et les services nécessaires pour rester en sécurité et s’isoler se sont avérées plus qu’efficaces. »

Dans une lettre exposant ses préoccupations concernant le projet de loi, le Victorian Bar soutient que toute utilisation des pouvoirs de « détention extraordinaire et personnelle » doit être examinée par le médecin-chef (ou un délégué principal) dans les 24 heures.
La lettre se lit, en partie, comme suit : « Des pouvoirs subjectifs illimités et indéfinis invitent naturellement à la tendance à les exercer au maximum, et en violation des droits de l’homme

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Orléans
Une Messie émergeant du lointain et obscur Domrémy-Nazareth, voyageant par le pays, adressant à ses disciples des paroles fortes au sujet du Royaume, triomphant à Reims-Jerusalem, et périssant au Golgotha Rouennais à l’issue d’un procès inique, voilà-t-y pas un beau sujet de série TV ?
(réflexion d’un touriste au moment de quitter Jargeau, où Jeanne fut blessée d’une pierre – Les Anglais manquaient-ils donc d’armes et d’huile?)

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Mes interrogations en découvrant la tribune Covid du Parisien le 10 septembre

Peut-on encore, aujourd’hui, interpeller nos gestionnaires de la même manière qu’au temps où la Raison constituait un étalon – du moins nominal – de l’action ?

Une autre question, moins centrale, est tout aussi importante quant à l’action :
A quelles conditions des réfractaires éclairés peuvent-ils livrer leurs commentaires au public sans que cela n’incite celui-ci à s’en remettre passivement à eux : « C’est compliqué, c’est trop d’information, j’peux pas suivre, etc. » !

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Partout
Notre époque est en train de fournir à l’humanité des outils d’intelligence artificielle potentiellement mortels, et pas seulement pour nos libertés : une catégorie d’ingénieurs – appelons-les tels – est choyée pour nous appareiller grotesquement, vous et moi, gens de raison et de cœur, c’est-à-dire neutraliser progressivement nos capacités humaines les plus diverses, et faire de nous un troupeau unique de terminaux numériques vivants serviles (TUTNVS), autrement dit en une nouvelle humanité encore plus infoutue que l’actuelle de s’occuper de ses propres affaires.
Parmi ces collaborateurs hautement compétents en I.A., compte-t-on déjà une proportion notable à qui cela pose problème ?
De même, les ingénieurs de Bayer sont-ils tous si à l’aise avec les asphyxiants SDHI qu’ils ont mission de développer et de propager ?
S’il existe une « heure des choix », c’est peut-être maintenant, non ?

Un jeune salarié allemand de Bayer me disait récemment : « Il y a des choses pas bien chez Bayer, mais aussi des choses bien ».
En mon for intérieur, je me suis dit : « Oui, certes, un salaire, plus une perspective de ‘carrière’, c’est sans doute une de ces choses bien ».

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Cuban doctors

Selon Raúl Castro, « 61 % des travailleurs médicaux de la Brigade Henry Reeve sont des femmes ; depuis le début de l’internationalisme médical cubain en 1960, plus de 400 000 travailleurs médicaux ont travaillé dans plus de 40 pays. Ces travailleurs médicaux croient en la double mission des soins médicaux et de l’internationalisme ; c’est une leçon qu’ils ont tirée des enseignements de Che Guevara, un médecin et un internationaliste ».

Un mouvement mondial est en cours pour que le prix Nobel de la Paix soit attribué à ces volontaires cubains.

Mais, aux USA, Mr Pompeo a tweeté : « Nous exhortons les pays hôtes à mettre fin aux accords contractuels avec le régime castriste qui facilitent les abus des droits de l’homme qui se produisent dans ces programmes ».
La new-yorkaise ONG Human Rights Watch s’émeut également, en raison de « travail forcé dans le cadre du programme des missions médicales à l’étranger ».
Le gouvernement américain aurait fait pression sur ses alliés pour qu’ils expulsent de leur pays les missions cubaines.
Le président Jair Bolsonaro – comme la Bolivie et l’Équateur – avait d’ailleurs expulsé les médecins cubains en décembre 2019. Puis, en juin 2020, il a demandé qu’ils reprennent leur activité au Brésil, pour compenser la réaction catastrophique du Brésil à COVID-19.
Peut-être Mr Pompeo a-t-il sorti son lance-flammes parce que cette activité off-shore permet à Cuba d’engranger quelques devises ?

(J’ai glané ces infos, mais je dois creuser un peu plus ce sujet où rien – comme d’hab – n’est ni tout blanc ni tout noir…)

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On me demande parfois si je ne serais pas un peu philosophe.
Il est vrai qu’il m’arrive de parsemer mes réflexions de citations de culture générale, aujourd’hui disponibles à gogo dans l’internet.
Mais, en vérité, non, je ne suis pas philosophe. Sinon, je comprendrais instantanément les phrases de Monsieur Bergson (fils de la montagne) qui triquemardent tant le personnage de Bonjour Tristesse (brillante évocation de ce qu’est le couple, une demi-dizaine d’exemples à l’appui, par une ado de 18 ans, c’est stupéfiant !) : « Quelque hétérogénéité qu’on puisse trouver d’abord entre les faits et la cause, et bien qu’il y ait loin d’une règle de conduite à une affirmation sur le fond des choses, c’est toujours dans un contact avec le principe générateur de l’espèce humaine qu’on s’est senti la force d’aimer l’humanité », Ouf !
Non c’est pas mon truc.
Ce que je suis encore moins, c’est économiste (je me souviens même avoir échoué deux fois en fac de sc.éco).
Les philosophes, eux au moins, ont gardé ferme une certaine conception de leur activité. Sur ce point, chez les économistes, c’est la cata. Par exemple, les économètres disputent le terrain aux autres, fort appuyés en cela d’ailleurs par des intérêts douteux. Mais ce n’est pas d’aujourd’hui que la question « Qu’est-ce qui est économique » est posée : les physiocrates – ou étaient-ce d’autres crates ? je ne sais plus – déniaient à l’activité industrielle le statut d’activité économique : comique, vu de maintenant, non ? Pour ces crates, seule l’activité agricole pouvait prétendre à ce statut…
Ma manière de vagabonder est aussi celle que j’encourageais chez les étudiants de master (plus tout-à-fait des gosses, à mes yeux) auxquels j’ai eu à « enseigner », me fichant pas mal des questions de notation qui les obsédaient autant que leurs autres profs (sans oublier leurs parents à qui, parfois, tout ça coûte bonbon), et n’hésitant parfois pas devant le recours à la facétie.
Si vous êtes englué dans une discipline, vous êtes prisonnier. Si vous êtes prisonnier de plusieurs disciplines, c’est au carré : vous voilà privé de votre capacité à contribuer personnellement à quoi que ce soit. Bref, malgré les mémoires personnels – pour autant qu’accomplir une obligation sous l’œil d’un juge puisse être appelé personnel ! -, l’université est à mes yeux une prison intellectuelle. Je résolus donc d’aller respirer d’autres airs …
Ceci dit, il m’arrive de lire avec plaisir certains philosophes. Mais Monsieur Bergson, pass’ trop’ comme ça se dit en occitan… Au fait, existe-t-il des philosophes occitans, bretons, corses, alsaciens ? Faudrait voir…

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Un dispositif que je ne retrouve pas ici, en France, et ça me surprend : le registre papier où, à l’entrée des magasins, bistrots et lieux publics, vous devez vous inscrire ; une sorte d’appli covid rustique, ni numérique, ni même analogique. Mais, bon, suffit peut-être d’attendre ?

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Dans l’élection américaine se joue en partie notre sort, mais nous ne pouvons qu’y assister : carence du suffrage universel au temps de la globalisation…

En réponse à une « guerre juste » de Xi Jinping, par exemple, Trump pourrait recourir à la guerre* pour gagner l’élection (sans se discréditer en usant d’un procédé illégal) : pour peu que l’argumentaire convainque une partie de son électorat, Biden et ses intérêts sont fichus.
La cause serait grave ; le résultat intérieur américain pas tant.
Il lui suffirait d’envoyer à Taïwan, avant Xi Jiping, de modestes « troupes-surprises » ; pas compliqué, si ?
Des avions de combat chinois ont commencé à faire des incursions dans l’espace aérien de Taïwan à la fin de la semaine dernière, lorsqu’un envoyé américain de haut niveau est arrivé à Taipei.

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Je m’étais promis de ne jamais entretenir un blog : trop naturellement tentant d’y pontifier égotiquement.
Peut-être, me suis-je dit cette fois que, en faisant fi du principe de non contradiction, ça irait ?
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Il y a dix ans, j’ai coopéré activement à une traduction depuis une langue que je ne connais pas. Très belle expérience. Je recommande.

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Un ami m’écrit :
On a un pic de Covid19 parce qu’on multiplie les tests,
Si on faisait des tests de QI, c’est sûr qu’on aurait un pic d’abrutis.

Je crois qu’un Monument-État peut, hélas, tout obtenir, si c’est dans son intérêt.
Même doubler la durée moyenne de présence aux écoles, et obtenir tout de même une sagesse en berne.

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Une amie conteuse m’écrit qu’elle travaille avec des enfants sur ce paradoxe : « Pourquoi sont-ce des paysans qui ont le plus faim dans le monde ? »
(je crois que la situation en ville est problématique aussi, mais il me revient l’info lue en Belgique : un couple d’agriculteurs wallons s’alimentant grâce à l’aide alimentaire publique…)

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« On estime que le nombre de décès quotidiens dus à la faim est supérieur à celui causé par la maladie. » (W en espagnol)

La crise climatique, les conflits, les inégalités et le dysfonctionnement du système alimentaire sont les principales causes du déplacement et de la mort de millions de personnes chaque année.
L’émergence de la COVID-19 n’est pas la cause directe du fait que des milliers de personnes meurent de faim ; mais cette maladie aggrave la crise de la faim dans les « points chauds », et crée de nouveaux épicentres de la faim dans le monde entier.
En d’autres termes, la pandémie COVID-19 a exacerbé une crise alimentaire qui s’aggravait déjà, même avant le déclenchement de la pandémie.
La pandémie de COVID-19 a changé la vie quotidienne, les modes de vie des gens et les modes de vie des familles. L’alimentation et la nutrition de la population ont été gravement affectées ; la production, la distribution, la commercialisation ont changé ; en bref, la disponibilité et l’accès à la nourriture.
Un peu plus de 820 millions de personnes ont actuellement faim, ce qui correspond à environ une personne sur neuf dans le monde.
Dans la dernière édition de « L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde », publiée le 13 juillet 2020, on estime que près de 690 millions de personnes avaient faim en 2019, soit une augmentation de 10 millions de personnes depuis 2018 et de près de 60 millions en cinq ans.
Le nombre de personnes souffrant de la faim est le plus élevé en Asie, mais c’est en Afrique qu’il augmente le plus rapidement. Le rapport prévoit que la pandémie de COV-19 pourrait entraîner une augmentation d’environ 130 millions du nombre de personnes souffrant de faim chronique dans le monde d’ici la fin de 2020.
La pandémie de COV-19 a exacerbé une crise alimentaire déjà croissante, même avant le déclenchement de la pandémie. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que le nombre de personnes souffrant de famines de crise passera à 270 millions d’ici la fin de l’année ; 82% de cette augmentation devrait être due à la pandémie. Cela signifie qu’entre 6 000 et 12 000 personnes PAR JOUR pourraient mourir de faim avant la fin de 2020 en raison des conséquences sociales et économiques de la pandémie.
En outre, le ralentissement spectaculaire de l’économie mondiale, associé aux restrictions de la liberté de circulation, a entraîné des pertes d’emplois massives au niveau mondial au cours des derniers mois. Sans revenu ni soutien social, des millions de personnes se retrouvent sans argent pour manger. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime que l’équivalent de 305 millions d’emplois à temps plein ont été perdus en raison de la pandémie, qui touche particulièrement les jeunes et les femmes. La conséquence est que 500 millions de personnes supplémentaires pourraient être poussées dans la pauvreté.
Là où l’inégalité est la plus grande, le ralentissement et l’affaiblissement de l’économie ont un effet disproportionné sur la sécurité alimentaire et la nutrition des populations à faible revenu.
Or l’une des mesures pour éviter de graves complications de la COVID-19 est une alimentation équilibrée.
Les travailleurs du système alimentaire, qui, ironiquement, sont maintenant considérés comme « indispensables » dans de nombreux pays, sont les derniers à disposer d’équipements de protection, travaillant souvent sans prime de risque.
Il y a environ deux milliards de personnes, soit 61 % de la population active mondiale, qui travaillent dans l’économie informelle et, bien sûr, n’ont pas de salaire pour cause de maladie ou d’assurance maladie et peuvent ne pas avoir droit aux prestations gouvernementales pour les travailleurs licenciés. La situation est particulièrement grave en Afrique, où 86% de l’emploi est informel, selon l’OIT
Huit des plus grandes entreprises du secteur de l’alimentation et des boissons ont versé à leurs actionnaires des dividendes d’une valeur de plus de 18 milliards de dollars depuis janvier de cette année, alors même que la pandémie se propageait déjà dans le monde entier. C’est dix fois plus que le montant demandé par les Nations unies pour éviter que les gens ne souffrent de la faim.
En quelques semaines, le nouveau coronavirus a mis en évidence les risques, les fragilités et les inégalités des systèmes alimentaires mondiaux, et les a amenés au point de rupture(W).

*

Il existe différents mécanismes qui peuvent expliquer la relation entre les crises économiques et la santé mentale.

Le premier est l’augmentation du stress généré par le risque de chômage et de précarité de l’emploi, les migrations et les changements forcés de logement (par exemple, les expulsions pour défaut de paiement d’un prêt hypothécaire).
L’anticipation même d’éventuels problèmes futurs, la disparition de l’espoir ou l’augmentation des conflits de couple sont étroitement liés à ce premier élément.

Un deuxième mécanisme est celui de la frustration perçue de ne pas recevoir une récompense méritée et le sentiment d’être traité injustement.
Cela peut conduire à l’agression, à un comportement antisocial, à la violence domestique et à la consommation d’alcool et d’autres drogues.

Il existe un troisième mécanisme, appelé « effet budgétaire ».
Il s’agit de la manière dont nous gérons nos ressources – temps, argent, énergie – dont le coût change pendant les crises économiques et peut déclencher ou aggraver des problèmes d’anxiété et d’autres troubles mentaux.

En outre, la perte d’un emploi ou l’incapacité d’en trouver un autre peut porter un coup sérieux à l’estime de soi de nombreuses personnes, compromettant leur sentiment d’identité et contribuant à leur isolement social (W).

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Technologie Vs Autonomie
incertaines et timides notes

Le numérique nous grignote personnellement un peu plus chaque jour – télé-enseignement bricolé et réactionnaire, usage de l’internet pour un oui ou pour un non, achats en ligne, détection des porteurs du virus, télécontrôle de la température de chaque piéton, collecte de données à une échelle monstrueuse par les GAFAM, télésurveillance du télétravail, etc.

Lorsque, pour introduire son exposé, The Unabomber développait longuement sa thèse sur le « besoin de pouvoir », il me semble qu’il désignait un ressort fondamental des comportements humains (même si des spécialistes de sciences humaines seront fondés à estimer son approche très approximative).
C’est en tout cas à partir de cette thèse que je propose ici de réfléchir.

L’humanité est enserrée dans un système de pouvoirs dont l’extension et la nature mettent à l’épreuve nos capacités d’entendement.
Nous tentons de l’éclairer, ne serait-ce que pour le combattre, mais nous sommes souvent à la peine, n’ayant d’éclairage que du côté se slogans : Une infime minorité s’en met plein les poches en raison de sa puissance, exprime-t-on, ou Les démocraties ne sont pas démocrates, ou Les pouvoirs politiques renforcent les pouvoirs économiques et inversement, L’argent peut tout se permettre, etc.
Lisant Kaczynski, j’en viens à me demander si on ne pourrait pas imaginer que, en matière de pouvoir – tout comme en matière d’énergie –
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » : l’accroissement des pouvoirs dans une région du système serait, en ce cas, à la mesure de – voire le résultat de – la perte de pouvoirs dans une autre région du même système.
Il y aurait, en somme, une quotité de « pouvoir humain », dont la répartition serait en mouvement.
Selon cette hypothèse, ce sont ceux dont le pouvoir diminue qui transféreraient eux-mêmes leur force aux puissants Dracula.
Si oui, ce n’est pas en s’épuisant à attaquer ceux-ci que du pouvoir peut être recouvré par les démunis : le rééquilibrage pourrait s’opérer par la conquête de pouvoirs sur des terrains plus fertiles que celui d’un désespérant combat.

Quand de modestes territoires s’organisent pour faire face aux difficultés d’approvisionnement créées par le confinement antiviral (Brigades de solidarité populaire, p.ex.), leur priorité n’est pas de dénoncer les carences en tous genres des gouvernants : ils s’organisent tout simplement de manière autonome, comme cela se passe régulièrement en cas de catastrophe. Donnant vigueur à leur autonomie – càd la « vraie liberté » selon C. Castoriadis -, ils en expérimentent l’existence, ordinairement occultée.

La perte progressive de leur pouvoir des origines par la majorité des humains est le processus qui, selon Kaczynski, rend les sociétés cruelles, criminelles et de plus en plus invivables, jusqu’à ce que, littéralement, l’humain y soit déshumanisé, dénaturé.

À vrai dire, nous n’imaginons même pas ce que serait un monde où, tant individuellement que par petites collectivités, nous jouirions de réels pouvoirs sur ce qui serait authentiquement nôtre.
L’imaginaire personnel est-il spontanément porté dans cette direction ? S’organise-t-il des séances publiques de brainstorming à ce sujet, comme existe « naturellement » des compétitions sportives, des combats de coqs, et ce genre de réjouissances ? Existe-t-il un domaine de création de fictions qui explore « plein pot » cette perspective ? L’école éduque-t-elle en ce sens ?

Même en tentant de nous affranchir des oppressions de toutes sortes, en luttant contre elles, nous nous attachons habituellement aux fers par lesquels notre capacité de pouvoir se laisse amenuiser, voire épuiser. Si, par exemple, le lecteur envisage l’espace d’un instant de se passer d’internet (ce à quoi il pourrait peut-être, un jour, se voir contraint), il écartera bien vite cette hypothèse au motif qu’une part importante de sa « liberté » serait ainsi détruite.

La phrase de Kaczynski « La différence entre un système techno-industriel « démocratique » et un contrôlé par des dictateurs est infiniment moindre que celle entre un système techno-industriel et un qui ne l’est pas » est assurément choquante à première vue.

Mais à la réflexion ?
Bien sûr, la technologie ne se réduit pas au numérique, même si celui-ci tend à devenir le facteur de production économique majeur.
Il me revient en mémoire un séjour dans une ville d’un pays très pauvre qui, ce jour-là, était privée d’électricité. Nous, visiteurs, étions désemparés car nous « devions » absolument retirer de l’argent pour poursuivre notre voyage. Comme dans un rêve, bien différente était l’attitude des habitants de cette ville, tous accoutumés à ce que le courant fasse défaut.
Je me demande si la détechnologisation ne pourrait pas passer – aussi – par l’élaboration, au plus près du terrain et à toute petite échelle, de solutions de rechange au cas où la technologie majeure fait défaut.

Et – j’y pense – faut-il attendre que la société tout entière ait choisi une alternative aux énergies fossiles, ou que nous ayons nous-même cher payé des équipements personnels écologiques et autonomes pour nous équiper individuellement d’un minuscule capteur solaire hors réseau (0,3 m², p. ex. : c’est la surface de celui que j’ai sous les yeux en écrivant) alimentant normalement – c’est-à-dire quotidiennement, hors tout problème de réseau – quelques lampes et appareils en 12 volts ?
Un simple symbole ? me demandera-t-on ? Pas sûr ! Une école, aussi.

Ce serait quoi, les multiples chemins bariolés nous conduisant à reglinguer nous-mêmes les parts subtilisées de notre «pouvoir humain » ?

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Le cas de la tribune  » Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face à la Covid-19″ est particulièrement intéressant.
Non seulement la tribune pré-acceptée par le JDD a été, in fine, refusée,
mais – et c’est ce qui me semble le plus important – l’occasion était belle pour le JDD de se montrer ouverte à la confrontation d’opinions, puisque d’autres propos du même numéro allaient à l’encontre de la tribune refusée, si j’ai bien compris.

Que le lecteur puisse se faire une opinion par lui-même, informé contradictoirement par la presse libre, ça ne semble pas à l’ordre du jour au JDD.
Et ailleurs ?

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Intérêt supérieur

Il n’y a pas si longtemps, pour défendre l’intérêt supérieur qu’était « notre patrie », il convenait d’être prêt à donner sa vie pour elle.
Et les jeunes gars …le faisaient !
L’école de la nation était « faite » par des enseignants prêts par définition à aller se faire trouer la peau.

Aujourd’hui, pour défendre « notre planète », on va jusqu’à …trier ses déchets !
Et les enseignants sont prêts à trier leurs déchets …dont une partie s’en va encombrer d’autres territoires qui n’en ont rien à fiche : Malaisie, Indonésie, etc.

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Immunité collective au Pérou : Vrai ou Faux ? (W)

L’article de ojo-publico est traduit par carolita sur son site remarquable (W) cocomagnanville.

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Liberté de la presse

M’est avis qu’il n’y a pas de liberté de la presse sans organes de presse professionnels ne dépendant ni d’abonnements, ni de sponsors, ni de publicité.
Il semble que de tels organes de presse tirent la langue en ce moment
(même si leur cas est différent de ceux brutalement sevrés de publicité, et qui n’hésitent pas à faire la manche, sans honte, un peu partout dans le monde).

Si 5% d’un budget perso ne va pas à des organes presse pro sans ab, sans spon, sans pub, ce budget n’est pas celui d’un.e souteneur.euse de la presse libre, m’est avis ; le mien n’atteint pas encore tout à fait ce %, mais ça pourrait venir…

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Une découverte
(ce titre évoque d’autres découvertes que j’effectuai il y a une dizaine d’années (W)

La tranche de vie que je narre ici – ça s’est passé ce matin – nécessite que je précise ceci :
Depuis plus de 16 ans, quand je suis en France ou dans quelques autres pays, je m’héberge dans une petite voiture.
(Je fus, un temps, « gens du voyage », avec nécessité de pointer tous les trois mois à la police ou à la gendarmerie, avec impossibilité donc de quitter l’hexagone dans l’intervalle de deux pointages ; cette mesure discriminatoire a été abolie.)

Alors, ce matin ?
Hé bien, ce matin, en pleine campagne bretonne, il est plus de huit heures quand on toque à la vitre de ma voiture.
C’est une gendarme qui vient m’informer que je suis stationné sur un chemin privé. Ah bon ? En me garant, hier soir, je n’avais pas vu d’indication.
Au fil de l’échange, j’apprends que les agriculteurs propriétaires du chemin ont appelé la gendarmerie : ils avaient peur.
Les agriculteurs en question avaient noté mon arrivée hier soir, car des caméras sont en place.
Sans doute sont-ils, en outre, venus observer la voiture et son occupant – je n’en ai rien su – car un objet les a inquiété : une carte routière était étalée sur le siège avant droit !
Ils ont eu peur, me dit la gendarme.
D’une part, leurs bâtiments d’élevage ont déjà été cambriolés.
Mais surtout, il y a en ce moment des attaques sur des chevaux, des vaches et des veaux : le voisinage est sur le pied de guerre.
Des patrouilles nocturnes d’habitants sont en place, parfois armées de fusils de chasse, et aisément violentes.
La gendarme me dit que le conseil donné aux habitants est de ne pas intervenir directement dans des situations suspectes, mais de faire appel à la gendarmerie ; ce qui se fit donc.

Un peu par curiosité, j’ai proposé d’aller m’excuser auprès des agriculteurs inquiets, mais mon interlocutrice a considéré que le rapport qu’elle allait leur faire suffirait.

J’imagine assez comment un mix d’éventuelles difficultés avec la banque, de mauvais cours du marché, d’une variation du climat aux effets déjà problématiques, s’ajoutant à la covidose si déboussolante à n’en plus finir, à l’agitation par le haut d’un risque que la nation vole en éclats, vienne croiser l’inquiétude concernant de nouvelles attaques aux cheptels des environs et mener à… l’affolement face à un vieux ronflant dans une Renault 19, une carte routière étalée sur un siège.

Puis, à quoi d’autre ?

REACTIONS de LECTRICE, au sujet de cette aventure :
– Tu as bien de la chance d’avoir la bonne couleur et la nationalité francaise. La police aurait pu te tirer de la voiture et te tabasser avant de poser des questions.
– Fais bien attention à toi, la folie collective règne. Il y avait des leçons à tirer de cette pandémie, or on voit bien que comme toujours l’être humain part en sens inverse de la logique.

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Éclairer sans brûler

Supposons que je sache pas mal de choses sur « Vérités & Mensonges à propos de la Covid » (ou tout autre sujet : « Changer de politique sanitaire », ou « Faire peur pour gouverner », etc.), parce que j’ai déjà eu à m’interroger là-dessus, ou à pratiquer, et que j’ai eu l’occasion d’apprendre à ces occasions.
Je peux être un militant, ou un prof, ou un scientifique, ou autre, etc.
J’ai le souhait de partager, et suis donc disposé à communiquer ce que je sais, ou crois savoir.
Voici ce que je trouverais normal, si on me demande une « Conférence-Débat » (càd un exposé pour introduire un débat qui est trop souvent, hélas, un soi-disant débat, d’où ma propositon) :

Il y a un ou des pilotes de la séance (modérateurice, etc.) qui n’est surtout pas moi (savoir + pouvoir = mix dangereux),
Je ne prends pas la parole avant que le sujet ait été un peu défriché en commun par les participants, se regroupant (par 2, 3, 5, 6 par exemple), car un temps a été réservé pour que les divers aspects de la question soient formulés par ceux venus « assister » (il s’agit de créer un moment d’intelligence collective),
Entendant plus ou moins ce qui se dit, je prends moi-même un peu de temps pour mettre au clair ce que je commencerai par énoncer : je suis venu avec « des choses à dire », mais je ne dois peut-être pas m’y prendre comme je l’avais envisagé.
Le modérateur me donne la parole pour 6 minutes, au bout desquelles je m’arrête, (ou la gardien du temps m’arrête…).
Durant au moins 6 minutes aussi, l’« assistance » parle : non pas à moi, mais entre voisins, comme au début.
Je continue d’écouter un peu ce qui se dit, mais je ne prends pas du tout la parole durant cette séquence.
Le modérateur me redonne la parole pour 6 minutes.
Même alternance autant de fois que nécessaire / souhaité.
A la fin de mon topo en tranches, les personnes de l’assistance sont invitées à me questionner, ou à donner un point de vue en grand groupe ; le modérateurice aura insisté sur le fait que celleux qui ne prennent habituellement pas la parole le fassent cette fois, les grandes gueules étant invitées à se retenir (le fait d’avoir parlé entre voisins auparavant a, aussi, pour but de permettre aux plus réservés d’oser se mouiller devant toute l’assistance, cette fois).
Je ne m’empresse pas de reprendre la parole, même si j’ai des « réponses » ou des commentaires (forcément très intelligents…) à faire.
Un débat général a lieu à ce moment-là, animé par le modérateurice, auquel je participe peu.
Je suis supposé avoir enregistré pas mal de choses (oui, j’en aurai appris, forcément !) ; j’ai maintenant droit à la parole pour répondre, éclaircir, poser moi-même des questions, etc.
Ce cadre d’écoute mutuelle posé, la rencontre peut se poursuivre de mille façons qu’on cherchera à garder aux antipodes de la trop fameuse « conférence-débat ».

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Hallal, Cacher, Bio :
Même recherche de pureté par voie orale ?
Même emprise morale ?

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Reçu d’un ami longtemps actif en Amérique latine.

Enfin, on peut parler d’effondrement sans s’enfermer dans la sinistrose !
Vous n’imaginez pas ce que ça peut signifier pour moi.
Depuis plus de trente ans, je n’avais qu’une option : fermer ma gueule. Du moins ici, en France, en Europe.
Car dès que je l’ouvrais je sentais les gens se bloquer, changer de sujet, ou même exiger que je me taise pour ne pas les déprimer.
Faute d’interlocuteurs, à quoi bon s’efforcer de locuter ?
D’ailleurs je comprenais : tant de décennies de stabilité d’un système qui garantissait les conditions nécessaires pour la vie finissent par stériliser une société en dépossédant les gens (personnes, familles, organisations-communautés locales) de toute responsabilité sur la continuation de la vie, si ce n’est payer cotisations et impôts à un système impersonnel.
En dehors des sociétés avec un fort système dominant et protecteur des “individus” et de leurs “droits”, le reste de la planète a une grande expérience de l’effondrement et donc en général une plus grande capacité d’adaptation à des conditions de vie qui s’écroulent.
Catastrophes naturelles (pour nous, tremblements de terre, ouragans) qui obligent à affronter la survie immédiate avant de tout recommencer.
États nationaux qui tombent en morceaux, où l’argent ne vaut plus rien, où l’approvisionnement alimentaire ne se fait plus…
Catastrophes provoquées par le développement et ses mensonges : dans les années 90 je me suis rendu compte que je ne faisais plus mon métier de consultant indépendant dans des projets de développement mais dans des projets d’assistance aux victimes de ces divers effondrements afin de les aider à retrouver des bases nécessaires pour la survie, pour la vie.

Et ça marchait… chaque fois que nous avions de la marge pour pouvoir sortir des modèles et des solutions et débattre avec les gens à partir de leurs vécus: on ne disait pas “résilience” mais comment éviter de mettre tous les œufs dans le même panier, comment avoir un plan B ou même un plan C au cas où. On pouvait en parler parce que tout le monde avait une expérience personnelle, locale, nationale, d’effondrement. Et parce que nous essayions de nous replacer dans la traditionnelle pensée circulaire des populations sans nous emprisonner dans la pensée linéaire du développement., de l’Occident.

Alors, depuis quelques six mois, je vis en état de réjouissance, une réjouissance intime, puissante, régénératrice : On peut en parler ! On peut interlocuter !
On peut faire !
Donc je ne suis pas seul.
Donc je ne suis pas fou.

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D’un collectif de soignants, médecins et scientifiques universitaires
pour une politique sanitaire juste et proportionnée :
(extraits)
Un discours officiel simpliste et infantilisant est martelé tous azimuts, acculant nos contemporains à un choix scandaleusement binaire : être pour, et se ranger dans le camp des bons citoyens dociles, ou être contre et se voir pointés du doigt, considérés au mieux comme des égoïstes irresponsables, au pire comme de « dangereux complotistes ».
Les médias propagent en continu dans le pays une information tronquée, basée sur le sensationnalisme, et volontiers culpabilisante.
Plusieurs mesures récemment prises à l’échelle de la société, sous couvert d’une prétendue sécurité collective et d’un altruisme caricatural engendrent au sein de notre population une souffrance préoccupante, dont les conséquences psycho sociales lourdes sont tues.

*

4 types de Sécu dans le monde :

Le système mutualiste ou bismarckien, basé sur les cotisations comme principale source de financement, qui, comme suggéré ci-dessus, est basé sur les cotisations obligatoires du travailleur et de l’entreprise pour leur solvabilité. Ce système prévaut actuellement en Allemagne, mais aussi en Autriche, aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et au Japon. Le modèle bismarckien est également connu sous le nom de modèle d’assurance sociale.

Le modèle Beveridge. Ce système est né en 1942, au milieu de la Seconde Guerre mondiale, de Lord William Beveridge, dans lequel l’État a pris en charge le financement du système de santé en unifiant le système de sécurité sociale sous son égide, par le biais des impôts. Ce modèle est également appliqué en France – où Pierre Laroque a mené les efforts pour fournir une protection sociale à la population, de sorte qu’en 1946 le système national de sécurité sociale a été créé -, en Suède, au Danemark, en Espagne et en Italie, entre autres.

Le libéral, dont le principal représentant est les États-Unis. Selon ses prémisses, la santé est un bien de consommation où les forces du marché libre distribuent les ressources sanitaires à la société. L’État n’a aucune responsabilité dans la promotion de la santé et sa participation est marginale, l’accent étant mis sur les groupes défavorisés ou désavantagés. L’utilisateur paie le fournisseur directement ou par l’intermédiaire de compagnies d’assurance privées. Bien que le modèle favorise la concurrence entre les prestataires et donne à la société la liberté de choisir celui qu’elle préfère, il couvre imparfaitement la prestation des services de santé, en excluant de nombreuses affections et aussi divers secteurs de la population, y compris ceux qui ont une assurance privée.

Le système socialiste, dont il n’existe plus que très peu d’exemples, la Corée du Nord et surtout Cuba étant ses plus grands représentants. Dans ce modèle, le financement est assuré par l’État et concerne l’ensemble de la population. Elle a donc une couverture universelle et gratuite. Les avantages sont évidents : l’accent est mis sur la médecine préventive et l’éducation à la santé pour améliorer la santé de la population. Néanmoins, il s’agit d’un système rigide et bureaucratique.

Merci à María Cristina Rosas pour ce rappel utile. (W)

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À notre santé !

Sous chaque « maladie » se trouve l’interdiction de faire quelque chose que nous désirons, ou l’ordre de faire quelque chose que nous ne désirons pas.
Toute guérison exige la désobéissance à cet interdit ou à cet ordre.
Et pour désobéir, il faut se débarrasser de la peur enfantine de n’être plus aimé, c’est-à-dire abandonné.
(…) La santé ne se trouve que dans l’authenticité.
Pour parvenir à ce que nous sommes, il faut éliminer ce que nous ne sommes pas.
Le plus grand bonheur, c’est d’être ce que l’on est.
A. Jodorowski.

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Sandrine, députée LREM
– Pourquoi avoir voté contre la dérogation autorisant l’usage de néonicotinoïdes pour la betterave sucrière ?
– D’abord parce que ce n’est pas la solution aux difficultés de la filière.

– Quelle est, selon vous, la distance à préconiser par rapport aux habitations, lors d’épandages de pesticides dans les champs ?
– Franchement, que ce soit les 5 mètres proposés par le gouvernement ou les 150 m de Daniel Cueff, ça ne change pas grand-chose.
C’est un faux débat dans lequel on perd de l’énergie. Car les pesticides, on les respire tous. Point.
(L’État_papa_qui_nous_aime_tant nous masque-t-il en réalité pour nous protéger d’un tsunami pesticidaire ?)

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Palmarès
Internet, le pays le plus fliqué, l’un des plus gros consommateurs d’énergie, et …l’un des plus aimés au monde.

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C’est quoi, l’Essentiel ?

« La liberté naît en Grèce comme mise en question de l’institué, du traditionnel, du simplement hérité.
Les Grecs sont ceux qui, simultanément, refusent que quelqu’un leur dise ce qu’ils doivent penser – de l’être, du vrai, du juste, du bon ordre de la cité – et qui, de ce fait même – se demandent : que devons-nous donc, alors, penser ?
La philosophie est créée en Grèce comme dimension essentielle de la création de la liberté. » C. Castoriadis

Depuis, ça s’est dégradé en une vulgaire « matière » à examen…
Ben oui, normal non ? Car tout s’institue, se traditionalise, s’hérite !
Au secours, les Grecs !

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Le fleuve, une personne vivante

Les Maori de Nouvelle-Zélande obtinrent en 2017 la reconnaissance comme personnalité juridique du Whanganui, le plus long cours d’eau du pays.

Marie-Angèle Hermitte : “Le cas néo-zélandais est extrêmement puissant puisqu’il s’agit d’une tribu à qui on confie des responsabilités de gardien, au sens juridique, du fleuve. Ça n’est pas n’importe qui qui va parler au nom de ce fleuve : quand vous parlez vous-même, vous parlez avec vos mots, vos tripes, etc. Quand un peuple autochtone qui a toute sa cosmologie derrière parle du fleuve, tel que le fleuve a été construit dans son imaginaire, ça n’est pas du tout le même propos qu’une association de protection de l’environnement qui va dire : il y a 30 % de poissons de moins qu’il y a 10 ans“.

Le ministre de la Justice néo-zélandais : « Cela marque la fin du plus long litige de l’histoire […] Cette législation est une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre l’iwi (la population du même nom – NdT) Whanganui et son fleuve ancestral. Il s’agit du premier cours d’eau à se voir accorder un tel statut. »

La question est évidemment juridique, mais elle déborde – ô combien ! – ce strict domaine !

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Dans l’inconscient collectif, la forêt c’est l’Amazonie.
C’est comme si la forêt africaine n’existait pas, alors qu’elle joue un rôle tout aussi important.
P. Cargnelutti

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Danny Dorling, Université d’Oxford écrit :
Le 21 septembre, le BMJ a indiqué que l’opinion des scientifiques britanniques est divisée quant à savoir s’il est préférable de se concentrer sur la protection des personnes les plus exposées au risque de COVID grave, ou d’imposer un confinement pour tous.
Un groupe de 40 scientifiques a écrit une lettre aux médecins en chef du Royaume-Uni suggérant qu’ils devraient viser à « supprimer le virus dans toute la population ».
Dans une autre lettre, un groupe de 28 scientifiques a suggéré que « la grande variation du risque selon l’âge et l’état de santé suggère que les dommages causés par des politiques uniformes (qui s’appliquent à toutes les personnes) seront plus importants que les bénéfices ». Ils ont plutôt appelé à une « approche ciblée et fondée sur des preuves pour la réponse politique à la COVID-19 ».
Une semaine plus tard, l’écrivain scientifique Stephen Buranyi a écrit un article pour le Guardian, arguant que les positions exprimées dans la lettre avec 28 auteurs représentent celles d’une petite minorité de scientifiques. « Le consensus scientifique écrasant repose toujours sur un blocage général », a-t-il affirmé.
Quelques jours plus tard, plus de 60 médecins ont écrit une autre lettre disant « Nous sommes inquiets, en raison des données de plus en plus nombreuses et de l’expérience du monde réel, que la réponse unique menace plus de vies et de moyens de subsistance que les vies sauvées par Covid.
Ce va-et-vient se poursuivra sans doute encore pendant un certain temps, même si les personnes concernées commenceront, espérons-le, à considérer les opinions et les points de vue scientifiques opposés comme un cadeau et une occasion d’être sceptiques et d’apprendre, plutôt que comme un « camp rival ».
(…) Un article récent, publié dans Nature, suggère que même à Hong Kong, où le respect du port du masque est supérieur à 98% depuis février, l’élimination locale de la COVID n’est pas possible. Si elle n’est pas possible là-bas, il se peut qu’elle ne soit possible nulle part.

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Maintenir la vie

Les ‘Juifs orthodoxes’ ne rejettent ni la science ni la médecine, mais pour eux, vivre la vie de la Torah par l’étude quotidienne et la prière est le principal moyen de maintenir et de préserver toute vie humaine.
Lorsque l’ordre politique interfère avec leur travail, les conséquences pourraient être plus désastreuses qu’une pandémie.
Cela pourrait signifier la fin de la vie juive, voire de l’humanité elle-même.
D’où la déclaration d’un de leurs rabbins en Israël : « empêcher d’étudier la Torah est plus dangereux que le coronavirus ».
(dixit Joyce Dalsheim, Université de North Carolina – Charlotte)

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Le forum économique mondial (Davos) veut « repartir de zéro »

Une seule voie nous mènera vers un monde meilleur :plus inclusif, plus équitable et plus respectueux de Mère Nature.
L’autre nous conduira dans un monde semblable à celui que nous venons de laisser derrière nous – mais en pire et constamment jalonné de mauvaises sur­prises.
Nous devons donc faire les choses correctement.
Les défis qui se profilent à l’horizon pourraient être plus conséquents que ce que nous avons choisi d’imaginer jusqu’à présent, mais notre aptitude à repartir de zéro pourrait également être meilleure que ce que nous avions osé espérer auparavant.
La crise profonde provoquée par la pandémie nous a donné de nombreuses occasions de réfléchir à la manière dont nos écon­omies et nos sociétés fonctionnent et aux impasses qu’elles ren­contrent. Nous devons changer.
‘Nous »nous »nous »nous’, ‘notre’, ‘nos »nos’ : c’est qui ça ? (W)

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Le pape François vient d’émettre un réquisitoire cinglant contre le néolibéralisme. Dans son encyclique d’il y a quelques jours (Fratelli tutti), il reproche entre autres au « dogme » de l’économie néolibérale de nous rendre plus vulnérables à COVID-19.
Il a aussi comparé le racisme à un virus, qui souvent « se cache et se cache dans l’attente ».
Le Forum économique mondial commente ainsi : le pape « excommunie habilement l’idéologie économique d’environ un demi-siècle ».

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La confiance n’est plus au rendez-vous.

D’après un sondage Elabe publié par BFMTV ce dimanche 27 septembre, les deux tiers des Français ne comptent pas sur le gouvernement pour faire face à la crise. En effet, 65% disent ne pas faire confiance à nos dirigeants pour stopper la propagation du virus.
C’est le niveau de confiance le plus bas enregistré depuis le début de la crise sanitaire.

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Le passé peut-il nous servir ?
Ou bien, orphelins, avons-nous tout à inventer ?

Proposition transmutante d’un lecteur : Le passé peut-il nous servir à tout réinventer ? 🙂

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« 3 ans de prison si vous faites pas le test » (W)

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Quand, dans la revue Terrestres, l’anthropologue Frédéric Keck nous invite à mettre à bas la « cité par projets » du capitalisme contemporain, à faire de ses débris des matériaux pour nos cabanes,
et écrit « La naissance d’une fleur sur un arbre subvertit la forme projet, car elle obéit à une logique de mutation et de sélection qui n’a rien à voir avec la rationalité capitaliste »,

eh bien, en France, on réinvente le Plan…
sur industrie, écologie, éducation, dette publique, intégration, aménagement des territoires, place de la langue française, développement économique des pays du Sud, et la liste ne s’arrête pas là, le Bayrou croit « pouvoir tracer des chemins et placer des repères qui permettront de nous orienter »…
(Si c’est pour espérer rattraper le capitalisme autoritaire à économie planifiée, ça fait bien rigoler…)

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Il y a 6 mois, le Forum économique mondial jugeait (sur son site web) :
« peu probable un monde complètement différent de celui d’avant la pandémie : les perturbations financières et technologiques des trente dernières années nous ont appris que certaines parties du tissu social – depuis les infrastructures à longue durée de vie jusqu’aux cadres réglementaires complexes – sont difficiles à changer rapidement. »

Aujourd’hui, pour lui, c’est de Grande Réinitilisation (Great Reset) qu’il s’agit :

« La crise de Covid-19, et les bouleversements politiques, économiques et sociaux qu’elle a provoqués, modifient fondamentalement le contexte traditionnel de la prise de décision. Les incohérences, les insuffisances et les contradictions de multiples systèmes – de la santé et des finances à l’énergie et à l’éducation – sont plus que jamais exposées dans un contexte mondial où l’on se préoccupe des vies, des moyens de subsistance et de la planète. Les dirigeants se trouvent à un carrefour historique, gérant les pressions à court terme contre les incertitudes à moyen et long terme.
Alors que nous entrons dans une période unique pour façonner la reprise, cette initiative offrira des perspectives qui aideront à informer tous ceux qui déterminent l’état futur des relations mondiales, l’orientation des économies nationales, les priorités des sociétés, la nature des modèles commerciaux et la gestion d’un bien commun mondial.
(…) l’initiative Great Reset comporte un ensemble de dimensions pour construire un nouveau contrat social qui honore la dignité de chaque être humain. »

Un nouveau contrat social qui respecte la dignité de chaque être humain ? ? ? Ça rappelle bizarrement le langage de tant d’ONG qui se gargarisent de mots, elles aussi, non ?

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« Le seul fait d’être désormais sans réplique a donné au faux une qualité toute nouvelle.

C’est du même coup le vrai qui a cessé d’exister presque partout, ou dans le meilleur cas s’est vu réduit à l’état d’une hypothèse qui ne peut jamais être démontrée. […]

Le mouvement de la démonstration spectaculaire se prouve simplement en marchant en rond : en revenant, en se répétant, en continuant d’affirmer sur l’unique terrain où réside désormais ce qui peut s’affirmer publiquement, et se faire croire, puisque c’est de cela seulement que tout le monde sera témoin.

L’autorité spectaculaire peut également nier n’importe quoi, une fois, trois fois, et dire quelle n’en parlera plus, et parler d’autre chose ; sachant bien quelle ne risque plus aucune autre riposte sur son propre terrain, ni sur un autre. »
Guy Debord – Commentaires sur la société du spectacle

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Dissuader de penser

La manière dont notre organisation sociale se fait accepter ou aimer, sa manière d’imposer la transformation permanente de tout dont elle a besoin pour survivre, bref, la « fabrique du consentement », tout cela s’est transformé (depuis Tchernobyl).

Un article paru dans le journal Le Monde pour le vingt-cinquième anniversaire de la catastrophe rend paisiblement compte des diverses estimations : officiellement, quatre mille morts, semi officiellement quarante mille, selon d’autres sources : cent mille, quatre cent mille, un million de morts…
Que des chiffres aussi divergents puissent être exposés et coexister ainsi dans les principaux médias en dit long sur l’époque et sa très particulière folie.

Les gouvernants et les industriels semblent avoir compris que la consommation non critique de l’information de masse conduit à une forme d’ignorance modernisée.
La quantité formidable d’informations diffusées ne permet plus vraiment une occultation totale de la vérité ; et, d’un autre côté, ils ne la rendent plus vraiment nécessaire.
Plus que jamais mensonge et vérité sont distillés simultanément ou successivement, l’une servant à faire avaler l’autre, l’essentiel étant de provoquer et d’entretenir l’abasourdissement passif des populations, et de se décharger de toute décision sur les « experts ».
L’aspect décisif du problème reste en dernier ressort la dépendance désormais universelle à l’égard des médias, devenus l’unique source de la connaissance, de la pensée et de l’émotion.
Hannah Arendt, dans le remarquable dernier chapitre du Système totalitaire intitulé « Idéologie et terreur », note que le rôle de la propagande n’est pas d’être crue, mais d’abord d’occuper le terrain et de dissuader de penser, de détruire le sens du réel et la communication directe entre les hommes.
Sur les similitudes de la société actuelle avec le vieux totalitarisme : l’abolition de la notion de réalité objective est l’une des similitudes entre notre présent et le passé qui justifient l’emploi du mot « totalitarisme ».
Il y a, persistant au moins à l’échelle individuelle, un rapport dialectique entre liberté et connaissance :
le goût de la liberté – et en l’occurrence particulièrement le « goût » de la révolte devant l’ignominie – donne envie de comprendre, et ce que l’on comprend nourrit, aiguise le goût de la liberté.
Adorno et Horkheimer : « L’aspect essentiel de la vérité c’est (…) que l’on y prenne part en tant que sujet actif. On peut entendre des propositions qui sont vraies, mais l’on ne découvre leur vérité que si l’on pense pendant quelles sont prononcées et qu’ensuite on continue à penser. »
(Or) tout le monde se sent aujourd’hui littéralement écrasé de toutes les manières, et dans leur grande majorité, nos contemporains ne veulent plus savoir, plus penser, plus rien assumer en somme, ni matériellement ni intellectuellement.
Le goût de la vérité – même si cette vérité a une importance vitale – est désormais aussi rare que le goût de la liberté.
Et en fait, l’un ne va pas sans l’autre.
Dans une période si désolée et soumise, bref, si peu révolutionnaire que la nôtre, quand il n’y a de choix qu’entre tout et rien, il ne faut pas s’étonner que le rien s’impose de façon écrasante.
Dans la terrible époque de régression qui est la nôtre, le peu de ferment, d’élan critique qui persiste est naturellement amené à s’alimenter davantage de la perspective de contournements et de nouveaux départs, le plus loin possible du naufrage général, que de la perspective ancienne de confrontation et de renversement révolutionnaire, décidément trop difficilement concevable aujourd’hui.
Ce qui manque le plus à cette « lutte », à toutes les luttes contemporaines authentiques, c’est bien d’abord d’individus désireux et capables de les mener.
(Montage d’extraits de Cédric de Queiros – Histoire d’une catastrophe industrielle d’une nouvelle nature
Préface à la nouvelle édition du livre de Roger et Bella Belbéoch, Tchernobyl, une catastrophe – Éditions La Lenteur, mai 2012)

*

Je compte cesser bientôt d’alimenter ce fil.

J’ouvrirai peut-être un blog d’accès public où il sera question de :
– Comment se dépêtrer concrètement des liens asservissants que nous avons allègrement laissés nous étreindre (en particulier des liens technologiques, mais pas seulement) ? (W)
– Quel nouvel art de vivre à l’ancienne ? (précision : il ne s’agira pas du tout d’un soi-disant « bon vieux temps » !)
– Où agir ?
– Avec qui réfléchir ? et Comment ?
…et
– Et même : est-ce que ça servirait à quelque chose d’écrire quoi que ce soit à ces sujets ?

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Englués pour de bon ?

– Pour protéger le vivant mettons un-joyeux bordel (W)
– Première action du collectif la Ronce contre les lobbies du sucre (W)

« Leur force est d’avoir réussi à s’infiltrer partout dans nos vies.
Leur faiblesse, c’est qu’ils se sont ainsi mis à notre portée. »
écrit le Collectif La Ronce

Hum ! pas si simple…
La fabrication d’individus « bons pour la société » passe par notre formatage, dès la plus tendre enfance, 1) à un certain type de rapport à un certain type d’autorité, et 2) à certaines catégories de besoins, à la satisfaction prioritaire desquels nous sommes plus ou moins attelés toute notre vie durant, même si nous les contestons en paroles.

=> Nous en dételer pour parvenir à nous affranchir ?
ou Nous affranchir pour parvenir à nous en dételer ?

Particularité de notre époque, qui complique un peu plus les choses : les deux formatages s’alimentent plus que jamais l’une l’autre ; les deux propagandes tendent même à fusionner !
Ou bien me trompé-je ?

« Une autre société, implique une autre culture, au sens le plus profond de ce terme. » C.Castoriadis

Patinerons-nous encore longtemps, gesticulant tant et plus sur place, ou définitivement assez déboussolés pour ne plus rien tenter ?
Une chose me semble sûre : sauf à nous modifier nous-même, nous patinerons longtemps.
Mais « ils », pas.

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Vaccin Covid

Une nouvelle étude australienne qui a modélisé des scénarios dans 179 pays, et publiée avant l’examen par les pairs, a suggéré que le fait de donner la priorité aux personnes âgées de 30 à 59 ans pourrait potentiellement réduire de moitié les besoins en vaccins.

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Professor Siouxsie Wiles (Nouvelle-Zélande): «Comment faire en sorte que tous ceux qui en ont besoin le prennent ? Ce sera une question importante, car le gouvernement a clairement indiqué qu’il ne rendra pas cette mesure obligatoire », a-t-elle déclaré.
Les gens s’inquiétaient d’éventuels effets secondaires et d’être infectés par inadvertance – les essais et les contrôles MedSafe rigoureux annulleront évidemment ces risques – ainsi que de la précipitation des essais pour distribuer rapidement les vaccins. »

Donc, tranquille, émile, puisque « les contrôles rigoureux annuleront évidemment ces risques ».
Ces 7 mots pourraient figurer au panthéon des croyances,avec « rigoureux » et « évidemment » en exergue….
C’est un  » science reporter », Jamie Morton, qui écrit ça.
jamie.morton@nzherald.co.nz – @Jamienzherald

Mme Siouxie Wiles est moins péremptoire :
Certains des candidats de nouvelle génération que nous recevrons probablement nécessiteront des températures de -70C, pour les vaccins à ARNm.
« Vous pouvez donc commencer à imaginer à quel point la chaîne du froid devient plus compliquée. Comment faire entrer et distribuer un vaccin qui doit être maintenu à -70C ? »
« Si des erreurs sont commises, nous ne devons pas les considérer comme des échecs, car c’est difficile », a-t-elle déclaré.

Ah ! des erreurs sont donc possibles ?

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Un récent aperçu(W) réalisé par des chercheurs de l’université d’Otago (NZ) a révélé que la moitié des pages Facebook sur les vaccins étaient négatives, alors que la plupart générées par Google et publiées sur YouTube étaient positives.
Oh ! Intéressant, non ?

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Colonisations, industrie nucléaire, tous choix effectués en notre nom de consentants-propagandés-heureux…

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Enseignant sacrifié :

« Le procureur travaille énormément avec la police pour les confondre et les condamner » dixit l’actuel ministre français des cultes (poste où il espérait pouvoir montrer enfin sa valeur, paraît-il)

Juste une question : Est-il normal qu’un procureur instruise ainsi à charge ?
Quant au ministre, il me rappelle hélas la poésie du maire-ministre de Deauville – de l’époque – (et dont j’ai heureusement oublié le nom) au moment du naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978 :
« Des pompes sont en train d’arriver, des tuyaux sont en train d’arriver, de Hollande et des Etats-Unis… » = En bref, « Vous inquiétez pas, on fait c’qu’il faut… »

S’il avait pu, lui aussi, proférer « le procureur travaille énormément etc. », il l’aurait fait, assurément.

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Écrire depuis Le Dorat (F – 87210) par temps de Covid, c’est pas banal !
De petit site religieux, le patelin muta en siège d’une collégiale (i.e. un rassemblement de gras chanoines) de 80 mètres de long !
C’est qu’ici, comme en d’autres lieux limousins d’ostensions, on savait guérir de l’ergotisme : à Limoges, fin 994, 7 000 guéris, selon la rumeur locale !
(mais, combien de testés positifs, d’hospitalisés, etc. ? les médias de l’époque ne le disent pas 🙂  )
Des reliques et des guérisons, rien de tel pour instituer un pouvoir local à l’ancienne.

Je crois que, dans l’histoire des Français, les pouvoirs non-locaux ont eu tendance à se brancher sur de tels pouvoirs locaux, dont émanait une partie de leur statut sacré.
L’antiquité s’ acheva, ce me semble, quand le branchement fut recherché, non plus plus bas, mais plus haut : exemple, à l’OMS (j’dis ça comme ça…).

RÉACTION DE LECTEUR : « Si tant est que vous vous trompiez, vous le faites en tout cas avec beaucoup de justesse. » Merci à lui.

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Devrais-je me censurer d’écrire ce qui suit ? Voire de le penser ?

Un nouvel événement resserre en ce moment les mailles de l’armure nationale héritée de Clovis 1er, venu d’ailleurs.
Vraiment aucune envie de me régaler des détails,
mais,
mais, mais,
je suppose qu’aucun journal, même satirique ou rodé à la provocation, n’oserait vanter les mérites de la guillotine en matière de décapitation,
ou titrer « Sortie d’école mass-médiatico-séparatiste à Conflans : deux martyrs ».

Pourquoi ? Parce que ça déborderait les limites que le sens commun admet à l’humour, ici et maintenant.
Parce que, sauf à être candidat au martyre, il y a des choses avec lesquelles on ne joue pas, Messieurs-Dames !

J’attends encore de voir publiées des images du Crucifié le plus célèbre, les couilles à l’air, et la bite à col roulé dressée vers le ciel car il s’apprête à rejoindre son papa qui est Amour.
En gros plan holographique, pleine page, svp !
Il me semble qu’aucun article du code pénal ne l’interdit explicitement si le journal n’est pas destiné à la jeunesse ; donc, question : pourquoi cette leçon ne s’est-elle pas déjà produite – par exemple comme produit d’appel pour sex shops -, juste histoire de prouver notre liberté d’expression ?
Oui, je sais, aucun État ne subventionne un organe de presse pour faire voler la nation en éclats : au contraire !

Supposons que ça se fasse.
Que se passerait-il aux USA si un journal décidait d’y re-publier ces images (en tant que simples caricatures, bien entendu) ?
Peut-être aurait-il droit à la chaise électrique ou à la seringue.
Et quoi de plus naturel que leur instrumentalisation étatique pour justifier un boycott du camembert et des parfums made in tour Eiffel ?

Ainsi, c’est clair : le peloton des Autres a un sacré temps de retard…
…et, toutes réflexion et honte bues, nous devons admettre en faire nous-mêmes partie – tout comme les Danois, ce me semble.

Ou alors, faudrait commencer par dénoncer, par exemple, – et pas besoin de caricatures forçant le trait pour ça – un élément central de l’histoire de ce pays : la très juteuse fabrication de fausses reliques (qui fut, à mon avis, bien plus centrale que le trafic des indulgences dont s’offusqua Luther).
Et combien d’autres supercheries dont s’est nourrie la propagation forcée d’une religion post-biblique aujourd’hui réputée pacifique, contrairement à cette autre cousine, devenue l’ennemie publique numéro 1…

PS – Au fait, du procès « Charlie » j’attends qu’il soit vérifié qu’aucun étage de la République n’était au courant des préparatifs de cette fusillade.

JE SUIS ASSANGE

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Covid Encore

« À peine un quart des cas positifs sont liés à un autre cas positif (W). » => étonnant, non ?
(comme, par principe, je refuse l’abonnement à quelque média que ce soit, j’ai pas pu lire l’article…)

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Mon amie naturopathe m’écrit
« Nous sommes en grand manque, grand déficit de l’hormone ocytocine.
L’humain est un mammifère de groupe.
Il a besoin de douze câlins, touchers par jour, pour se sentir en SÉCURITÉ.
Déficit d’ocytocine = angoisse, stress, méfiance de l’autre. »

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« Nous partirons à la recherche de ce qui nous rend égaux. » Communiqué du Comité clandestin révolutionnaire indigène – Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale du 5 octobre 2020

Différentes délégations zapatistes, hommes, femmes et autrEs de la couleur de notre terre, nous allons sortir pour parcourir le monde.
Nous prendrons la route ou nous naviguerons jusqu’aux terres, aux mers et aux ciels lointains, à la recherche non pas de la différence, ni de la supériorité, ni de l’affrontement, et encore moins du pardon et du regret.
Nous partirons à la recherche de ce qui nous rend égaux.
Non seulement l’humanité qui anime nos différentes peaux, nos différentes manières, nos langues et nos couleurs diverses. Mais aussi, et surtout, le rêve commun que nous partageons en tant qu’espèce, depuis que dans cette Afrique qui nous parait lointaine, nous avons commencé à faire notre chemin, bercés sur les genoux de la première femme : la recherche de la liberté, qui a animé ce premier pas… et qui continue depuis à faire son chemin.
Nous naviguerons et nous cheminerons pour dire à la planète que, dans le monde que nous percevons dans notre cœur collectif, il y a de la place pour toutes, tous, touTes. Tout simplement parce que ce monde n’est possible que si toutes, tous, touTes, nous luttons pour le mettre debout.
Les délégations zapatistes seront formées majoritairement par des femmes. Pas seulement parce que de cette manière elles veulent rendre l’embrassade qu’elles ont reçue durant les rencontres internationales antérieures. Aussi, et surtout, pour que les hommes zapatistes, nous fassions clairement savoir que nous sommes ce que nous sommes, et nous ne sommes pas ce que nous ne sommes pas, grâce à elles, pour elles, et avec elles.
La première destination de ce voyage planétaire sera le continent européen. Nous naviguerons jusqu’aux terres européennes.
Nous quitterons les terres mexicaines et lèverons l’ancre durant le mois d’avril de l’an 2021.

PS – Lire ceci(W), de même origine, ne fait pas de mal.

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« Saroumane pense que seul un grand pouvoir peut tenir le Mal en échec.
Mais ce n’est pas ce que j’ai découvert…
Je crois que ce sont les petites choses, les gestes quotidiens des gens ordinaires qui nous préservent du Mal. »
Gandalf, dans Bilbo le Hobbit
En écho, je lis dans un communiqué zapatiste : « Les solutions pourraient se trouver en bas, dans les soubassements et les recoins du monde. Pas dans les palais gouvernementaux. Pas dans les bureaux des grandes entreprises. »

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« Fermer les frontières, c’est rendre l’immigration plus coûteuse et plus dangereuse.
Le trafic des migrants est devenu le troisième trafic le plus rentable derrières les armes et la drogue.
Fermer les frontières, ça sert d’abord à rassurer une population, qui pense qu’elle est du bon côté.
Plus un pays va progresser dans l’échelle du développement, plus il va envoyer de migrants à l’étranger.
Pour aller de la Turquie vers l’Allemagne, cela coûte environ 12 000 €
La misère du monde, elle, n’a pas les moyens de migrer. »
François GEMENNE, chercheur, Liège.

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Bolivie – Impossible passer sous silence rétablissement Etat sorti des urnes –
Coup d’Etat anti-Morales organisé 2019 depuis étranger mis en lumière –
Evénement grande portée pour toute Amérique latine.

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Devrais-je me censurer d’écrire ce qui suit ? Voire de le penser ?
(j’interroge, parce que je constate que beaucoup se censurent)

Ma salve de mardi dernier tentait de raisonner quelque peu l’affaire dite des caricatures de Mohamed-Mahomet, dont je n’avais jusqu’ici rien dit.
J’étais loin de France à l’époque de leur première publication, et n’avais pas à m’exprimer là où j’étais ; j’y déclarais seulement « Je ne suis pas Charlie ».
Je la complète par les propositions suivantes :
1. Faudrait commencer par dénoncer un élément central de l’histoire de ce pays : la très juteuse fabrication de fausses reliques (ce fut, à mon avis, bien plus central que le trafic des indulgences dont s’offusqua Luther).
Et combien d’autres supercheries, dont s’est nourrie la propagation forcée d’une religion aujourd’hui réputée pacifique, contrairement à telle autre que je ne nommerai pas…

2. Pour violenter d’un cran plus haut les rangs des adeptes catholiques de Pie X, comme ceux des abonnés à Leurs Valeurs actuelles ou Leur Madame Figaro, et tellement au-delà !, il conviendrait de faire publier
– une image des trous du cul de la Vierge Marie et celui de Hollande/Macron côte à côte avec l’indication ‘cherchez la différence’,
– une thèse sur « Marie n’était pas consentante et donc sa grossesse résulta d’un viol »,
– une châsse avec la mention « Véritable et Saint Poil du Pubis de Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, miraculeusement épargné de la shoah holocaustique et débarrassé de ses morpions d’origine ».

3. Mais à qui confier ces missions, puisque Charlie semble avoir passé l’âge ?

Le rassemblement national actuel s’appuie sur un événement qui dépasse cette stricte affaire des caricatures.
Même s’ils ont une base commune (voir en fin de ce brouillon), cet événement et ce rassemblement constituent deux aspects distincts de la situation présente.
Ce que j’écris ici pourra être taxé d’angélisme a priori ; mais, à la réflexion ? (même si je suis loin d’avoir tout compris)
1. L’événement
Il a des origines complexes, à ranger en deux paquets.
1.1. La déréliction d’une partie sans doute importante des déclassés issus de l’immigration, pointe avancée de la déréliction commune à d’autres catégories de nationaux qui se sentent, eux aussi, citoyens de seconde zone.
Quand on est un héritier ordinaire de l’immigration, on vit ordinairement dans ce qu’ironiquement on nomme des « cités ».
Autant qu’ailleurs, là se rencontrent des jeunes du type « J’avais 22 ans, une énergie à dépenser, j’avais besoin de m’affilier à une équipe, à quelque chose qui pourrait donner un sens à ma vie », comme vient de plaider un radicalisé, pour sa défense.
À l’image des prisons, ces cités sont loin de la nature, assignantes à une origine et à un territoire, et dressantes.
Le dressage y est mené, pas seulement par l’école des trafics, mais aussi par des envoyés très spéciaux de la République : les hussards de la BAC. Tant que ceux-ci partageront le pouvoir local de dressage avec les caïds des petits et gros trafics, aucun instit ou prof, aucune école n’aura de parole crédible : ces derniers devront se limiter à ouvrir des droits à allocations familiales.
C’est la République qui, au quotidien, éloigne délibérément ces citoyens-de-cités : elle crée activement une catégorie de sous-citoyens.

1.2. La guerre idéologique menée par des voix se présentant porteuses du sacré contribue à activer cette déréliction de manière originale.
Récupération facile, donc, pour ces voix du soi-disant sacré, qui trouvent ainsi, en terrain fertilisé, des quantités de fantassins hautement disponibles, tout comme les jeunes Français allaient, au siècle dernier, joyeusement se faire trouer la peau pour des intérêts qui n’étaient pas les leurs.

2. Le rassemblement
Ce resserrement national nous envoie un message scandaleusement trompeur : la République qui nous gouverne est – de droit – la forme politique indépassable. C’est proclamé, donc c’est vrai. Point.
De plus, la France bla-bla-bla… La France…etc.
Cette huile rance sera à nouveau jetée sur le feu lors de la prochaine offense, puis lors de la suivante…
« La généralisation des discours antimusulmans à chaque fois que se produit un acte criminel d’un jeune égaré, constitue en quelque sorte une victoire des auteurs de ces actes contre la démocratie. L’atmosphère empoisonnée d’aujourd’hui peut permettre de comprendre ce qui a dû se passer en France et en Allemagne pendant les années 1930 » écrit l’Union juive française pour la paix.
La République capitaliste française est totalement incapable de remédier à la déréliction d’une partie importante des Français, qu’expriment différemment – et partiellement – les « révoltes des banlieues » et le « mouvement des gilets jaunes », par exemple.
J’ai l’impression qu’une partie importante des Français est déjà fortement anesthésiée. Elle ne serait plus qu’un réceptacle passif ; et cette fois encore, le réceptacle sera bien accueillant. « JESUISCEUXQUEJESUIS » ai-je lu sur l’une des dizaines d’ex-vitrines de magasins à Bellac « capitale de l’agneau »…

Si l’école était une école de la pensée-par-soi-même, nous n’en serions pas là.
 ce ne sont pas de très marginaux cours d’instruction civique qui pourraient y changer quoi que ce soit ; encore moins s’ils consistent à ramener naïvement la liberté de la presse à un droit de publier des caricatures !
(Question : l’enseignement ordinaire de l’histoire, de type scolaire avec examens à la clé, ne contraint-il pas, par nature, à de telles simplifications ?)

C’est la République-en-tant-que-telle qui doit muter radicalement : apprendre à ne plus craindre a priori ce qui ne lui ressemble pas, ne plus le mépriser ni lui montrer les dents par principe, et donc ne plus le contraindre en retour à une identité sociale basée sur la rage.
Elle l’a fait – certes pas toujours avec bonheur – pour poursuivre patiemment l’intégration de ses très diverses composantes provinciales, y compris à Saint-Denis, puis de la main-d’œuvre étrangère catholique utile à l’industrie.

Condition élémentaire, elle doit aussi cesser de produire à la pelle des obéissants à une certaine forme d’autorité : l’autorité décrétée.
…Celle-là même qui sous-tend les deux idéologies qui s’affrontent dans l’épisode présent !

Hélas, ni l’un ni l’autre de ces deux horizons ne sont en vue dans la République capitaliste française ! L’événement actuel agirait même fortement en sens contraire.
Ce n’est donc pas de si tôt que le rassemblement abandonnera ses défenses réflexes stupides, et que les agitateurs pseudo-sacrés trouveront devant eux des cibles tant soit peu réfractaires.

RÉACTION DE LECTEUR : Non, tu ne devrais pas te censurer, mais ce sont des pensées qui vont devenir difficiles à émettre sans qu’on te traite de « gauchiste » ou même « d’islamo-gauchiste » à tout bout de champ, je viens d’en faire l’expérience.(

Et
Assange
?