Réfractaires à quoi ?

‘Les réactions que nous avons pu observer jusqu’à maintenant face à cette crise sont finalement bien peu différentes des réponses à la domination que nous pouvons rencontrer au quotidien, en temps « normal ». Révoltes existentielles, défense de modes de vie… L’enjeu semble bien souvent de « changer sa vie sans changer le monde ».
Les mouvements« anti-masques » revendiquent ainsi la possibilité de refuser une contrainte jugée intolérable en elle-même, en ignorant scrupuleusement les éléments n’allant pas dans le sens de ce désir.
La volonté souvent affichée d’avancer au plus vite vers une « immunité naturelle » car « l’humanité a toujours vécu avec des virus » suit un schéma similaire, et va souvent de pair avec le refus de considérer les difficultés matérielles posées par une trop forte circulation virale :pénurie d’oxygène médical, difficulté d’approvisionnement en cercueils, saturation des morgues, etc.
Exprimant son « insoumission » et revendiquant sa « liberté », en se comportant au maximum « comme si de rien n’était », l’individu affirme ainsi avant tout son attachement à des normes jusqu’ici dominantes.
Ces positionnements ne sont alors pas grand-chose d’autre que la tentative d’aménager l’existant pour un meilleur confort personnel et l’occasion d’afficher son désaccord.
Loin d’être l’affirmation d’une autonomie réelle de l’individu, cette opposition spectaculaire peut alors se lire comme le témoignage de son impuissance concrète, la marque de son conformisme. Quand sa capacité d’action dans le monde devient fictive, la subjectivité peut-elle être autre chose qu’un « ensemble de fictions éphémères » ?
L’épidémie entraîne ainsi sa forme de « résistance », qui offre avant tout la garantie de ne rien changer à la marche du monde, et qui n’est rien d’autre que le signe d’une appartenance identitaire, culturelle.

Et si la catastrophe n’était pas tant les mesures prises pour faire face à l’épidémie que la dépossession que celle-ci a mise en lumière ?’
Source

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Histoire d’appuyer la dernière phrase ci-dessus :
J’écrivais à l’automne 2020 (l’article est passablement long) :
 »Début 2020, eût-on pu imaginer les premiers clusters Covid prenant eux-mêmes en charge leur situation sanitaire : masques, isolement, par exemple ?
Certes, personne en leur sein n’y connaissait rien ; mais est-ce là une objection quand le monument-État, lui-même, n’était pas du tout plus avancé ?
Il reste d’ailleurs à prouver que celui-ci a fait les bons choix d’intérêt public sur au moins trois points : la réclusion forcée, le masque obligatoire, et les tests tels que pratiqués (cornaqué par l’OMS qui, pour le coup mérite complètement son nom d’organisatrice mondiale de la santé).’

Et
Assange
?