Absurde

Je fais le rapprochement avec J-C., qui intègre dans sa production cinématographique des projets de très courts métrages à la condition qu’ils aient pour thème l’absurdité de la vie des humains, car c’est avec ce thème que se débat le personnage principal.
– Ce sont des courts-métrages participatifs. Des groupes de gens écrivent des épisodes en trouvant une histoire, un lieu et des acteurs semi-pros. N’importe qui peut en proposer. Nous viendrons filmer avec notre acteur principal et eux pendant trois jours.

L’eau
– Notre caractère mortel est bien évidemment incontournable. Mais les déchéances auxquelles nous sommes aujourd’hui promis en vieillissant, elles, ne sont pas forcément inscrites au programme.

C’est de cette conviction qu’est partie F. qui, lâchant son job de chercheuse encadrée, s’est mise à bosser sur le possible ralentissement de la dégradation humaine au cours de la vieillesse.
– Alzheimer est l’arbre qui cache la forêt. Cette maladie capte en ce moment non seulement l’attention du grand public à qui elle est donnée en pâture, mais aussi des financements qu’il serait bien plus judicieux d’allouer au terrain sur lequel éclot la maladie d’Alzheimer : la perte d’énergie chez la personne âgée.
– Vous pensez donc en terme de prévention d‘Alzheimer ?
– Non, non ! Je refuse de penser en ces termes. Si l’on continue de tout focaliser sur Alzheimer, on fait fausse route. Il convient de penser à l’ensemble du vieillissement, lequel commence probablement vers 18-20 ans. Un vieillard doit pouvoir mourir en parfaite santé, physique comme mentale, comme un camembert joliment mené à terme. Ma petite contribution à cet égard porte sur l‘eau. Notre organisme est très majoritairement constitué d’eau, ça commence à se savoir. Une grande partie des problèmes du vieillissement provient du mauvais rapport que nous avons avec l’eau qui nous entoure et que nous absorbons. ça commence aussi à se dire. Pourtant les recommandations qui en découlent sont non seulement présentées comme des recettes, mais n’aident aucunement à y voir clair ! C’est ainsi que l’on nous recommande aujourd’hui de consommer au moins cinq fruits et légumes par jour. Mais aucune explication n’en est fournie ! Cette recommandation tombe-t-elle du ciel ? A mes yeux, les expériences qui en ont été à l’origine ont été concluantes en partie parce que mieux vaut fournir à l’organisme de l’eau structurée – c’est ce qu’il y a dans les fruits et légumes – plutôt qu’une simple eau.
– Concrètement, vous là-dedans ?
– Je travaille sur divers procédés de potabilisation de l’eau, pour de grandes ou petites collectivités, ainsi que pour l‘eau de baignade. De honteuses campagnes sont aujourd’hui menées par les pouvoirs publics pour désamorcer les craintes quant à l‘eau du robinet. ça me scandalise. Certes une eau en partie dépolluée peut emporter les déchets de notre organisme, mais seule une eau naturelle – ou rendue naturelle – peut correspondre à l’ensemble de nos besoins.
– Rendue naturelle ? Je ne comprends pas !
– Eh bien, il nous faut parvenir à copier la nature ! Je ne puis vous expliquer ça en peu de mots, mais c’est ainsi que je définis mon travail. Mais bon, je me suis engagée dans une aventure dont je ne vois pas clairement les contours. J’ai commencé par constater qu’en tant que chercheuse isolée, je ne puis pas davantage mener les expérimentations en vraie grandeur que je voudrais que je ne le pouvais dans les programmes qui m’étaient dictés par mon ex-employeur. Pour le moment du moins. Mais j’espère y remédier.

Et
Assange
?