Vivre avec ses conneries

O. fut employé durant quelques mois dans une institution pour jeunes sous contrôle judiciaire. Ce qu’il y a le plus apprécié fut la confrontation a posteriori des points de vue.

– Dans une journée, avec la partie la plus rude de cette population, tu as parfois 5, 10, 15 décisions à prendre, dans une journée. Et pour te dépatouiller tu ne disposes que de ta petite jugeote instantanée. Forcément, tu fais de temps en temps de superbes conneries. Impossible d’y échapper !
– Par exemple ?
– Eh bien, dans le feu de la journée très bousculée, tu autorises un mineur à une chose que les règles ne permettent qu’à un majeur, ou que le juge a interdite précisément à ce jeune-là.
– Et les conséquences ?
– Quand la connerie est faite, une fois sur deux tu n’as aucune possibilité de revenir en arrière. Elle est là et elle y restera. D’autre fois, le coup peut être rattrapé. Ce que je veux te dire c’est que, dans ces circonstances, puisque tout le monde sait que les bourdes sont inévitables, et que pas plus le zéro défaut des jeunes que celui des adultes ne constitue le but, il n’y a pas de honte à mettre tout ça sur la table et, par exemple, à dire aux autres que tu as besoin d’eux pour y voir plus clair. D’ailleurs, il arrive que l’erreur ne te saute pas aux yeux et qu’il te faille le regard d’un autre pour l’identifier. Eh bien, avec ça tu peux y aller : tu sais d’avance que l’erreur est possible, mais que tu n’as pas à te laisser inhiber pour autant.

Et
Assange
?