Check-points israéliens en Palestine

Je me souviens avoir eu le contact, il y a une petite dizaine d’années, avec un groupe qui organisait dans une ville de taille moyenne une simulation de « check point » israélien en Palestine.

J’étais là en deux circonstances : durant les trois heures de représentation dans les rues, puis lors de la séance de bilan qui d’ailleurs dura, elle aussi, trois heures.

Nous sommes un samedi après-midi de janvier et les rues piétonnes de la ville sont bien fréquentées. Le chaland se trouve, de manière inattendue, nez à nez avec quelque chose qu’il ne comprend pas de prime abord : une scène – qui pourrait bien être de tournage de film – de brutalités commises par des hommes et femmes en costumes militaires sur des individus dont certains portent la X. largement popularisée par Arafat. Pour un tournage de film, un autre lieu eût certainement pu être choisi que cette rue colonisée par des magasins aux enseignes communes à tous les centres villes français ! Ou alors, du théâtre de rue ?

L’une des séquences – il y en eut trois, répétées en divers lieux de la ville – met en scène un chauffeur de taxi palestinien, s’emportant parce que les militaires israéliens, qui l’ont pourtant laissé passer ce matin, ne l’y autorisent pas cet après-midi, alors qu’il conduit cette fois à l’hôpital un femme sur le point d’accoucher. ça dure quelques minutes et se solde par le demi-tour du taxi (le rôle est tenu, apprendrai-je, par un authentique chauffeur de taxi), et donc de la parturiente.

Dans les deux autres cas mis en scène, les brutalités sont plus physiques, régulièrement commises avec un évident complexe de supériorité de la part des militaires, dont une femme.

Le déroulement de chacune des séquences est dirigé par un ‘metteur en scène’ différent. Il donne des indications de jeu, fait reprendre la scène, etc. Nous découvrons ainsi que nous assistons, en fait, à la répétition en public de trois scènes.

J’apprends que l’action a été décidée trois semaines auparavant et que seulement deux répétitions en salle ont déjà eu lieu pour l’ensemble des vingt deux ‘acteurs’, dont peu étaient familiers du théâtre, et que les militants généralement à l’origine de manifestations de soutien au peuple palestinien avaient marqué leur doute sur les chances de réussite d’une telle action.

S’agissait-il de répétitions en vue de représentations en salle ? Nenni. L’objectif consistait purement et simplement en ces répétitions en public, dans la rue. Sans autorisation, ni même déclaration.

Et
Assange
?