Donnant-donnant

J., auteur expérimenté :

Si un jeune écrivain qui a l’intention d’écrire sur les paysans dans un pays lointain venait me demander conseil, je lui dirais ‘Va et trouve un village où tu ne te sens pas mal. N’achète pas la terre, n’achète pas de maison. Et puis offre tes services, aussi maladroits qu’ils soient – bénévolement bien sûr – parce qu’ils ont toujours besoin d’un coup de main. Alors, tu auras peut-être une chance de pénétrer un peu à l’intérieur du village.’ Je pourrais dire ça maintenant, avec mon expérience. Mais à l’époque, je ne l’ai pas fait par calcul.

Pourquoi l’avez-vous fait ?

Pour deux raisons. La moins importante c’est qu’en participant aux travaux, vous offrez quelque chose à ce lieu que vous avez choisi, vous travaillez très mal, vous cassez les outils, mais vous payez un peu de votre personne. Mais surtout, le rôle que les paysans s’attendent à voir jouer par un étranger citadin est complètement renversé. En proposant votre travail, c’est vous qui vous trouvez dans la position de l’ignorant.

Pourquoi, ici, pas de tirets ou de guillemets pour marquer l’alternance au sein du dialogue ?

C’est un clin d’œil à l’auteur, lequel procède ainsi.

Je veux que les voix qui parlent dans l’histoire et celle qui raconte se confondent.

Les références de J., l’« auteur expérimenté » : John Berger – Dans leur travail . Il s’agit d’une trilogie.

Et
Assange
?