Créons par nous-mêmes, à la campagne, des microvilles irrégulières

le dossier microvilles

Oui ou non, menons-nous la vie que nous aurions cru pouvoir vivre ?

Nous, Français ordinaires, passons une partie de notre existence à assurer notre subsistance et celle de nos proches : travailler, acheter, consommer.
Certains d’entre nous s’en sortent, d’autres moins, d’autres pas du tout.

Une autre partie du temps, pour ceux qui en ont les moyens, est consacrée à des dadas, des passions, etc.

Et encore une autre, sauf si on est taré ou vendu ou désespéré ou cynique, à essayer d’améliorer les choses :
pour nous-même et nos proches, et …jusqu’à prétendre « sauver la planète »
soit par le travail, soit par la politique, soit par l’action bénévole, etc.

Par là-dessus, si on en a les moyens, une excursion périodique hors de l’orbite habituelle …puis retrouver dare-dare – tous au même moment et en masse, puisque nous sommes programmés pour – le stress du quotidien, le p’tit chef, les transports, l’école, les remboursements, etc.

Accidentellement, une petite pincée d’interrogation : « Quel sens ça a, tout ça ? »

Et ça repart…

Sans couleurs ? Robotisant ? Mortifère ? (c’est au choix)

Fiers de nous, avec ça ?

Et de cette soi-disant « Civilisation » ?

Quels programmes politiques proposés pour sortir cet envoûtement

Parmi les programmes politiques proposés pour sortir cet envoûtement, il y a :
Ceux qui excellent à critiquer.
Ceux qui expliquent ce qui serait souhaitable, et même parfois comment il faudrait faire (le conditionnel est à noter…).
Ceux qui demandent qu’on (l’État, par exemple) les affranchisse.
Et puis ceux qui se mouillent la chemise : comme l’a exprimé il y a bien longtemps le sage Thucydide :
« Se la couler douce ou être libre, il faut choisir

Dans le panorama de « comment se mouiller la chemise ? » – exemples : changer l’école, changer l’agriculture, créer des écovillages, etc. – je n’ai personnellement pas trouvé ce qui me convient : pas assez radical, en général ; or c’est à la racine qu’il faut révolutionner la situation.

Ou bien trop centré sur soi-même et ses proches, ou ses semblables ; or sans chercher à révolutionner le monde entier, tout bariolé qu’il est, impossible de nous révolutionner nous-mêmes (et inversement, bien sûr !).

J’ai cherché comment les anticapitalistes, ceux d’ici et ceux d’ailleurs, insoumis et rebelles, militants et méditants, pourraient conjoindre leurs épopées en s’enrichissant les uns les autres (et en s’engueulant copieusement à cette fin).
Et je me suis dit que la voie irrégulière, eh bien, il fallait se la tracer de toutes pièces.

Pour moi, révolutionner le quotidien et le monde en même temps, ce sera au minimum :
D’abord sortir, de manière volontariste, du schéma qui s’impose à nous comme « normal »,
Instaurer l’utopie comme noyau de la politique (loin de la POLLitique !),
Établir une nette frontière avec les maîtres : l’État, le fric, ôter à l’école toute capacité de nuisance,
Et, le plus important mais le plus difficile, nous attaquer sérieusement à ce fichu égocentrisme qui nous gouverne.

Voilà pour quelques fondamentaux…

Mais, concrètement, que faire ? et comment le faire ?

Si on veut s’y coller à plusieurs, pourquoi pas des `communautés’ de 10, 30, 100 ?
Hum-hum !
L’expérience montre qu’un bon fonctionnement n’est pas aisé à y établir, l’égotisme ne s’y dissolvant ni par enchantement, ni rapidement.
Les communautés qui existent sont rarement vécues comme la réalisation des espoirs qui y étaient placés initialement par leurs membres, et pas mal de souffrances y sont endurées.
Le côté « entre nous » ne convient pas à un projet de révolutionner le monde, lequel est aussi contrasté que bariolé.

Pourtant, oui,
il faut bien trouver comment sortir de ce terrible désert humain !

J’ai fini par imaginer de grandes collectivités « irrégulières ». Et c’est ce que je propose ici.

Elles seront constituées d’un tissu de petites « grappes » (de petites communautés) où nous nous sentirons autant liés à la grande collectivité qu’aux grappes auxquelles nous appartiendrons.

Pas question de décrire à l’avance ce que ça sera concrètement.

Par petites esquisses (les articles d’à côté), j’énonce quelques bribes d’hypothèses, pour que chacun.e puisse commencer à se dire :
« C’est p’t’être ça c’que j’cherche ! »
ou, à l’inverse
« C’est vraiment pas mon truc! »

Oncle H. Solstice de décembre 2014 / Équinoxe de mars 2015

Et
Assange
?