Les vaches et la terre

Rencontre avec J.R., aujourd’hui berger.

Enfant, il a – comme tant d’autres gosses de paysans – un rapport étroit avec les vaches limousines de la ferme paternelle, au nombre d’une quarantaine. Il adore en outre la liberté que procure cet espace : cabanes dans les arbres, etc.

Problème avec le père, qui décrète ‘Tu feras des études’, décision assortie d’un ‘Plus une bête ici, c’est pas viable.’ J.-R. étudie à regret, jusqu’à devenir docteur en biochimie. Avant même le doctorat, il est déterminé à revenir à la vie qu’il a connue, enfant. Comment ? à ce stade, ça n’est pas encore très clair pour lui.

Vient le moment du premier emploi : CNRS. Là, selon son expression, il est prié de s’adonner à la « science de la guerre ». Et il décide : désormais, il sera berger.

– Si j’étais resté à la ferme, je serais devenu un sauvage comme ceux qui l’ont reprise, qui l’ont agrandie, qui ont défriché : un abruti de profiteur.
– Alors : Merci papa ?
– Peut-être. Le détour par la biochimie m’a effectivement permis de revenir à l’univers dans lequel j’ai toujours voulu vivre : les vaches et la terre. En me moquant bien des questions de ‘viabilité’. Et j’essaie de faire passer le message dans les écoles : avec les enfants, je pose la question « C’est quoi, un berger ? ». En clair : il ne suffit pas d’être parmi les bêtes pour mériter ce titre de berger !

Et
Assange
?