MétaMessages

Que comprenons-nous, et que prenons-nous, des infos avec lesquelles nous sommes en contact ?

Cette question, je tiens à la garder largement ouverte :Un, parce que c’est un des points d’entrée dans le dédale « info » à ne pas négliger,
Deux, parce que j’ai envie d’y voir clair,
Trois, parce que j’ai annoncé que je m’y collerais,
Quatre, parce que, sur un tel sujet de recherche, je devrais – j’espère bien ! – recevoir des contributions futées de gens qui feront l’info de demain : étudiants en journalisme, médialogues et médiologues, sciencespolitains, infocommunicains et autres, cette jeune élite qui a assurément la chance d’avoir sous la main les profs parmi les plus pointus sur le sujet.

Ce qui m’y ramène, ce sont ces deux souvenirs.

Lors d’un séjour au sud (en ce moment affamé) de Madagascar, je rencontre un jour une missionnaire chrétienne attelée à traduire la Bible en les divers dialectes du pays (dont le tandroy), lesquels sont tous cousins de la langue malagasy officielle du pays.
Un jour, me dit-elle, un vieux Tandroy, entendant une vidéo où les paroles de Jésus sont prononcées dans son propre dialecte, s’exclame : « Jésus parle donc Tandroy ? Je croyais qu’il ne parle que la langue officielle ! ».
Pour ce monsieur, le message principal n’était-il pas, jusqu’ici, que Jésus ne parle PAS le tandroy ?
Appelons ça du « méta ».

J’ai rapporté de Nouvelle-Zélande une autre situation qu’on peut sans doute analyser également en termes de « méta ».
Madame Ardern, Première ministre (et Chef d’état de fait), va aujourd’hui prendre la parole pour annoncer comment le pays confinera le coronavirus au-delà des frontières du pays.
La télé montre que sa prise de parole va commencer.
Or voici …que s’exprime un premier personnage. C’est un ministre.
Madame Ardern se trouve derrière lui parmi d’autres personnes, visiblement nerveuse, révisant les feuillets où est écrite son importante déclaration.
Encore une autre personne vient s’exprimer.
Puis vient le tour de la Première ministre.
Par cette manière de procéder, elle dit implicitement – autrement dit, en mode méta – : « Nous sommes une équipe ».
Et, effectivement, cette notion d’équipe sera le leitmotiv des déclarations gouvernementales ultérieures : « Notre équipe de cinq millions de personnes ».
En France, par contre, un Chef d’état est forcément solennel en son palais.
Le message « Nous sommes en guerre », prononcé les yeux dans les yeux de la caméra, ne pouvait PAS être « Notre équipe de 67 millions de personnes ».

Ce « méta »-là m’intéresse. Mais je ne suis, hélas, pas encore très bien équipé pour l’explorer.

Et
Assange
?