Non-école

Mon expérience des humains m’a amplement prouvé qu’une extrême richesse niche en chacun d’eux, les plus mal considérés y compris ! C’est ce qui m’autorise à proposer une école où l’on apprend à faire se multiplier ces richesses, en se fécondant mutuellement, en sautant le mur de l’existence individuelle, en instaurant le droit à l’erreur, à la libre pensée, à la fantaisie et à la connerie, et au libre choix.

Pour les enfants ou pour les adultes ?
Pour tous ! Vieux et vieilles y compris, peut-être bien moins irrécupérables qu’il n’y paraîtrait !
Dans les tâches scolaires ordinaires, on doit complaire à l’autorité si l’on veut avoir une bonne note, réussir son examen, obtenir son diplôme, avoir les félicitations de sa famille, trouver un job, etc. Dans une école ordinaire qui fonctionne selon les règles courantes, le prof est ainsi investi d’un vrai pouvoir : non seulement il détient le savoir qui le rend supérieur, mais il est difficile de le mettre en cause sans risquer des représailles. Il est donc de salubrité publique d’éradiquer la croyance que, le savoir et le pouvoir étant présentés comme le recto et le verso d’une même réalité, les autorités ont le droit indiscuté de diffuser sans vergogne les savoirs qui leur conviennent.

Alors : une école sans maître ?
Oui, sans maîtres. Mais s’il existe des personnes compétentes pour accompagner ces processus, bienvenue à elles !

– Mettre en doute les vues courantes sur nos mondes et nos vies, qu’il s’agisse de pensée unique numéro 1, ou de pensée unique numéro x : gros travail de constitution de vocabulaires en perspective !
– Tenter d’échapper progressivement aux formatages massifs auxquels prépare l’école de la république tout comme ses homologues, façonneuse d’un entonnoir individuel par où s’infiltrent sans encombre les pollutions mentales que diffusent les médias, par exemple.
– Nous mettre à l’aise avec notre ignorance constitutive, dont l’étendue demeurera à jamais sans limite ; dans cette perspective, peut-être nous attellerons-nous à l’invention d’écoles d’un nouveau genre, rompant avec l’idéologie du « vaccin contre l’ignorance » qui préside aux écoles du monde entier !
Il est tout de même frappant de constater que pour formater un jeune à une religion, une demi-douzaine d’années suffit, mais qu’il en faille le double au moins pour les autres formatages mentaux !

Et puis
• On s’exerce, en s’entraînant mutuellement, à établir des liens entre les choses auxquelles on a affaire, les processus que l’on met en œuvre, les événements que l’on vit ou qui se vivent dans le monde, les émotions que l’on ressent, les idées qui surviennent, les thèses que l’on professe…
• On s’interroge à leur sujet sans complaisance.
• On écoute particulièrement ceux/celles qui n’appartiennent pas au club des grandes gueules.
• On fait une belle place aux maigres hypothèses, aux intuitions hésitantes.

Et
Assange
?