Nous devons vous tuer

Bonjour,

Ici, ma job est de faire la raconteuse.
Mon but est d’aider le lecteur (et moi-même !) à formuler ce que nous ressentons devant la fuite en avant où nous sommes embarqués.
Parfois ça marche, parfois ça n’aboutit pas pantoute.

Cette fois, le titre de l’écrit en cours est « Nous devons vous tuer ».

Un personnage mâle est enfermé dans ce qui ressemble à une cage aux fauves, et qui peut rappeler Guantanamo.
Un personnage femelle sert d’agent de liaison entre ce personnage emprisonné et un « nous » qui n’apparaîtra jamais.
C’est ce « nous » qui considère de son devoir de tuer le prisonnier. A petit feu…

Le prisonnier représente uns synthèse de la multiple cause de notre course vers le Grand Soir Crépusculaire..
S’il est subliminalement question de Bolloré, Total ou Hollande (par exemple), son costume est bien plus large : sont évoqués les divers et innombrables agents d’oppression, de décervelage et de misérisation que nous identifions plus ou moins confusément.

Début

– Elle – Nous devons vous tuer.

– Lui (impassible) – …

E- Je vous le répète : Nous devons vous tuer.

L- Sans jugement, je suppose…

E- Oui. Le droit de vie ou de mort par voie judiciaire a été aboli.

L- …

E- Ce qui n’empêche pas, bien sûr que, dans les faits, chaque jour des milliers de gens sont tués sans jugement.

L- …

E- Vous avez vous-même, personnellement, beaucoup de sang sur les mains. Beaucoup. Trop.

L- …

Visite après visite, scène après scène, la visiteuse assènera au prisonnier ses vérités :
– A chaque pas qui vous rapprochait de vos objectifs, c’était pour nous, les lambdas de l’humanité, un obstacle de plus et un espoir de moins quant à nos aspirations.
– Vous faites crever la moitié d’entre nous la bouche pleine, et l’autre moitié la panse vide.
– En kidnappant l’information, vous en avez fait une chose immonde et criminelle.
– Vous nous avez forcés à apprendre sans penser.
– Vous nous avez affublés de vos engins.
– Vous pissez goulûment sur tout ce qui est respectable.
– La planète est balisée de vos seules emprises.
– Votre éternel programme : conquérir – soumettre – profiter – détruire.
– Vous nous asservissez à vos machines.
– Vous pourrissez la seule oasis que compte l’univers.
– Si vous cachez vos bénéfices dans des Eden fiscaux, c’est que vous en avez honte.
– Vous avez dévoyé, brisé et piétiné le si beau mot « Ensemble ».
– Vous avez monopolisé l’excès.
– Vous avez eu besoin que nous soyons tristes.
– Vous avez fait de « fraternité » un lot de consolation en inventant l' »équitable ».
– Vous avez évacué la bonté, devenue tout simplement risible.
– Vous détruisez la réalité, et même les individus réels.
– Vous êtes pétris de faussetés orgueilleuses.
– Vous êtes de fieffés cannibales.
– Vous nous avez transformés en producteurs de déchets.
– Vous avez traités toutes les cultures et toutes les mentalités au white spirit.
– Vous noua avez coupés de la mort dont nous sommes faits pour nous fourguer vos produits soi-disant anti-mortalité.
– Vous êtes imbibés de vous-mêmes.
– Vous nous avez endoctrinés à coups de « valeurs » comme la liberté, afin de pouvoir en bénéficier sans frein vous-mêmes.
– Au lieu de nous permettre d’embellir la vie, vous nous avez convaincus – de force – qu’il valait mieux l’enjoliver.
– Vous avez carburé à la vitamine B52.
– Vous nous avez fait avaler vos couleuvres.
– A 98,8 %, vous nous avez dressés à obéir.
– Vous avez transformé les gouttes d’humanité en une immense flaque amorphe et prostrée.
– Le « sermon sur la montagne » vous a convaincus de propager un capitalisme chrétien où « amour » est remplacé par « argent ».
– Vous nous avez fait embobiner par Hollywood.
Etc.

A la fin, le « nous » sera, à son tour, brocardé et renvoyé à ses turpitudes (mais ce n’est pas à cette partie que je fais référence ici).

Si des personnes sont intéressées à enrichir la liste des « vérités » dont je donne des exemples,
bienvenue à elles.
Contact.

J’aimerais atteindre une petite centaine de ces « vérités », exprimées dans des formulations les plus bariolées…

Voilà.

Mary.G

Et
Assange
?