Proposition

En mars 2020, le Comité australien pour l’Avenir de l’Humanité publiait ce rapport commençant par

« Les enfants qui naissent en ce moment pourraient connaître la fin de l’humanité ».

Je lui adressai alors cette proposition :

« Mesdames, Messieurs les membres du Comité pour l’Avenir de l’Humanité,

Le mot « Université » suggère « globalité ».

Vous êtes, pour beaucoup d’entre vous, impliqués dans des universités ou d’autres établissements d’enseignement supérieur.

À ces niveaux d’enseignement, vous préparez de futures élites à exercer des responsabilités pouvant induire de très graves conséquences, en tant que dirigeants, cadres ou ingénieurs dans des sociétés, militaires ou civiles, dans des administrations et dans diverses organisations. Or, beaucoup de ces sociétés, administrations et organisations, sont dans l’impossibilité de créer de nouvelles richesses sans détruire de plus en plus de richesses existantes, comme vous l’indiquez.

Les établissements d’enseignement supérieur de par le monde préparent donc des jeunes inexpérimentés à collaborer aux catastrophes majeures qui, pourtant, les menacent eux-mêmes tout autant que chacune et chacun.

Attendre de ces jeunes qu’ils démissionnent après avoir été embauchés serait très hasardeux. Mieux vaut travailler avec eux, comme il est expliqué plus bas, avant que des fous et des margoulins ne leur ait cueillis/mis le grappin dessus.

Il fut un temps où une partie de la jeunesse était spontanément rebelle. Durant la guerre US au Vietnam, des quantités d’étudiants se mobilisaient de par le monde pour qu’il y soit mis fin.

Les fous et les margoulins sont parvenus à étouffer ces voix par la promesse d’une vie plus facile, le confort chez papa-maman, le new comme valeur en soi, la musique du matin au soir, plusieurs écrans à consulter simultanément, d’où la propension à survoler textes et même images, et donc la difficulté à se concentrer, à distinguer information et publicité, et toute une batterie d’encore mille autres moyens.
Et ils ont aussi poussé Garfield à supplanter Snoopy.

Je vous propose pourtant d’explorer comment une part des étudiants actuels pourrait constituer une avant-garde de réfractaires, entraînant peut-être même leurs aînés, déjà en fonction, à se remettre en question.

Les malheurs de notre époque sont largement présents dans les médias, et dans les médias sociaux. Mais leur compréhension n’est aucunement assurée pour autant, car leur globalité est occultée.

Les lieux de formation des élites ne devraient-ils pas se donner pour mission de favoriser cette lisibilité dans un cadre global, sous la forme de modules de formation transdisciplinaire intégrées à tous les cursus ?

Les cursus de formation à visée actuellement qualifiante seraient suspendus durant quelques semaines par semestre pour laisser place à ce que vous suggérez: des modules de formation en « Science de la survie et du bien-être des humains ».
Pourquoi pas ouverts online à des non-étudiants ?

Par exemple, votre proposition « Human Right Not to be Poisoned » ferait travailler ensemble des enseignants de diverses disciplines, et surtout des étudiants de ces mêmes disciplines : sciences de l’ingénieur, chimie, commerce, philosophie, biologie, droit, histoire, médecine, ethnologie, naturopathie, économie, nutrition, informatique, architecture, religions, etc. Pour ce qui est des enseignants, je dis bien : ensemble, eux aussi, et non séparément.

Si vous choisissez de promouvoir cette formule, j’espère que votre voix sera assez forte pour que le plus possible de sites d’enseignement supérieur australiens soient enclins à l’expérimenter.

Il y a quelques mois, les médias de tous pays ont abondamment montré les images d’incendies dans votre pays, et exposé leurs ravages. Personne au monde ne s’étonnera qu’une mesure de pur bon sens – la formation de futurs diplômés à la survie humaine et au bien-être – soit expérimentée en Australie, en vue de son adoption ultérieure sous d’autres cieux.

Cette proposition ne vise bien évidemment pas à former de futurs personnels haut de gamme plus éclairés, au service de sociétés, administrations et organisations productivistes et guerrières : son but est qu’une proportion notable d’étudiants renonce, avec de très solides bonnes raisons, à se laisser recruter comme mercenaires.

Certes, tarir des recrutements, surtout si cela reste modeste, ne résoudra par lui-même aucun des problèmes auxquels nous avons à faire face, même s’il les concerne tous. Cette forme de résistance peut néanmoins jouer son rôle dans une panoplie de moyens pour fragiliser le système productiviste-guerrier dans sa structure-même.

En outre, ces réfractaires constitueraient une formidable ressource pour l’élaboration d’un monde apte à survivre, car les effets de ce genre de formation transdisciplinaire se feraient sentir bien au-delà de l’objectif principal. »

Et
Assange
?