Servilité

J’en viens à ‘obéir’, qui est l’objet réel – me semble-t-il – de mon investigation.

Y a-t-il quelque chose de commun entre obéir à une norme et obéir à un ordre ?

Si vous entreprenez votre médecin traitant en lui assénant qu’il est un – qu‘il n‘est qu‘un – ‘obéissant’, il se pourrait qu’il s’offusque. Or, tout médecin se place dans une norme, non ? Pour le pire diront certains. Point n’est besoin qu’il reçoive des ordres pour qu’il se comporte ‘comme il faut’. Pourtant, si : les sanctions existent…

Les normes des médecines alternatives sont – elles aussi – des normes, non ?

Dans bien des professions libérales, au sein desquelles j’englobe même certains salariés – profs, personnels de santé, etc. -, la norme se traduit de plus en plus par des ordres, explicites ou non. C’est nouveau. Le plus souvent au nom de la ‘gestion’.

Gestion ’des populations’. Ce vocable ‘les populations’ me fait hérisser le poil. Même des appels à la générosité s’écrivent désormais dans ce vocabulaire technocratique ! Je préférerais aider ‘ceux de Haïti‘, plutôt que ‘les populations’ de ce pays !

Des médecins désobéissants, il en existe pourtant, qui ne soumettent pas leurs propres enfants aux vaccinations obligatoires, par exemple. La moitié du corps médical français a sauvé son honneur à mes humbles yeux en ne se soumettant pas à la vaccination conseillée. Un président de la République aussi paraît-il mais, si j’ai bien compris, il s’agissait chez lui de couardise. ça ne se range pas dans la même catégorie…

Affichée sur la cheminée, chez l’ami chez qui je rédige aujourd’hui, une phrase de Bernard Noël : « Il y a, tout au fond de moi, une servilité millénaire : elle me fait peur quand je l’aperçois, et il me faut sans cesse reconquérir la volonté de l’apercevoir. »

Et
Assange
?