Un lecteur au cœur

Au passage, Brune me fait découvrir ‘la belle phrase de Giono’ : ‘Je décris le monde tel qu’il est quand je m’y ajoute.’ C’est l’objet même de mes tâtonnements de découvreur. Jamais encore je ne m’étais permis un tel assaisonnement : tout à la fois archi-présomptueux et plus-raisonnable-tu-meurs…

Mais pourquoi chercher à tirer à blanc avec ça sur au moins un lecteur (j’en escompte au moins deux !) ? Eh bien, pour qu’à ‘ces prémices les lecteurs (mêlent) leur propre substance’ – comme l’énoncent en chœur Michel Tournier, Le vol du vampire, et tant d’autres – au point que, si possible, les lecteurs de tous poils en deviennent les réels auteurs, de tous poils itou. Or voici mon problème : comment optimiser ce processus ? Tournier énonce un début de réponse :

Il doit se produire deux phénomènes. D’abord un processus d’identification entre le lecteur et les personnages. Tous les sentiments incarnés dans tous les personnages – peur, envie, désir, amour, ambition, etc. – doivent être doués de contagiosité et se retrouver dans le cœur du lecteur. Mais selon un second processus, il faut que ces sentiments soient exaltés, rehaussés, ennoblis en passant du personnage fictif au lecteur, homme ou femme réel.

Ce cachottier de Tournier ne nous dit hélas pas comment faire ! Je pense quant à moi que le mieux est de ne pondre qu’une esquisse. Oui mais, oui mais, oui mais : tracée comment ?

Si quelqu’un a un embryon de réponse, je suis tout ouïe. L’attendant, je poursuivrai, solitaire, mes bêtâ-tonnements…

Et
Assange
?