Penser local, agir global

J’en parcours, des patelins ! Des où ça me dit de faire halte, des où le ‘bof !’ s’impose. Souvent, je me dis qu’ici aussi sont venus ou revenus des éclopés à vie – racistes et plus ou moins asociaux – du jeu de massacre qu’on les a envoyés mener en Algérie il y a cinquante ans. Dans tous les cas, je suis absolument certain que ce qui pourrait m’intéresser ne me saute pas aux yeux. Bien rare que la presse locale me soit utile ! Mais cette fois, oui, c’est par le quotidien régional que je suis tombé sur quelque chose que – pour ma part – je considère anormal de trouver exceptionnel. Voici les élus nouvellement élus d’une petite ville qui s’est mise à jouer un tout nouveau jeu : ils se voient catalyseurs de projets, sans sortir de leurs attributions.

J’ai comme l’impression qu’un maire rural consacre aujourd’hui beaucoup de son temps – et encore plus s’il est inexpérimenté – à remplir ses obligations vis-à-vis de l’empire administratif dont il est un microscopique rouage. Que, parallèlement à cette fonction, il se permette de réfléchir, de faire savoir haut et clair que ses ambitieux objectifs de campagne électorale sont faits pour être réalisés, de booster les administrations allant jusqu‘à prendre des initiatives de portée départementale, de soutenir les porteurs de projets, de créer des rapprochements, bref de brasser tous azimuts alors qu‘il serait plus sage de faire comme d‘hab c‘est-à-dire rien qui puisse troubler l‘électeur qui n‘en demande pas tant, voilà qui mérite le respect.

Dans le même patelin, j’ai le bonheur de faire la connaissance d’Y. Restaurateur de métier, son existence eût pu être ordinaire si ce n’est qu’un jour – j’irai jusqu’à dire un beau jour ! – elle faillit prendre fin : accident de voiture, handicap, incapacité à poursuivre l’activité. Rééducation. Mais pas classique. Y. décide de partir en Afrique. Il veut remettre les pendules à l’heure, faire le point, apprendre. Et il en revient transformé. La rééducation fonctionnelle se poursuit, bientôt il marche à nouveau, mais autant que le résultat compte à ses yeux le processus qu’il a connu : la reconquête – en groupe – d’une fonction élémentaire. Bref, le bain africain s’ajoutant à cette reconquête, voilà qui l’amène à considérer son existence sous un autre angle. Il a repris son activité de restaurateur mais, outre qu’on y prend un repas bio au rapport qualité/quantité/diversité/prix imbattable, il considère son entreprise comme un élément au sein d’un réseau en train d’élaborer jour après jour une richesse qui le déborde. Jamais encore je n’avais entendu un chef d’entreprise se positionner de la sorte dans son environnement. ‘Penser local, agir global’, en somme !

Et
Assange
?