Pisser chez le voisin

Ah ! encore les toilettes… J’en parle d’autant plus abondamment que la question m’est souvent posée : ‘Puisque tu n’as pas de chez toi, comment fais-tu ?’ Cette fois, je parle de toilettes dites ’sèches’. Il y a des gens que ça gêne, et on le comprend, car via les excréments s’opère une collectivisation un peu plus poussée de l’intime.

Je préfère dire toilettes ‘sans écoulement d’eau potable’.

Cette fois, ça se passe au pied d’un immeuble de banlieue. Les résidents du rez-de-chaussée disposent d’un accès privé à une partie du gazon qui entoure l’immeuble. Grillage. Il fait sombre. Je me décide à uriner sur le gazon plutôt que d’attendre d’être arrivé chez l’ami que je vais visiter et y faire couler le ‘five gallons flush’. Je suis en pleine action quand survient le résident mâle du rez-de-chaussée, arrivant manifestement du travail, sans doute très heureux de plonger dans son univers privé. Il m’interpelle :

– Non mais, ça ne vous gêne pas de pisser chez moi !?

Je lui demande le droit de finir de pisser. Il me l’accorde. Et je lui explique combien il est judicieux de pisser dans les jardins. Le ‘Pissez sous la douche’ n’était pas encore né, non plus que cet endoctrinement qui consiste à faire croire au pisseur qu’il va ainsi ‘sauver la planète‘. Je lui ai fait la totale : les besoins de l’herbe en azote, la facture d’eau, etc.

– Je n’avais encore jamais vu les choses comme ça ! me fit-il, baignant soudain dans la plus grande modestie.

Et
Assange
?