à la mémoire des radios libres

Cette fois, j’y vais d’une proposition personnelle. Bien le droit, non ? Il s’agirait de commémorer les vingt ans de la « victoire », en France, des radios « libres ». Pour cela, envisager de vraies émissions pirates. Ou, si l’on est timoré, des simulations d’émissions ‘libres’.

Par exemple, en prenant pour thème l’un des silences des médias honnis : les séances de tribunaux où l’on ‘juge’ les étrangers à la France selon des procédures d’exception.

Marie Cosnay a assisté, durant plusieurs mois de 2008, à Bayonne, à ce genre d’audiences pour personnes en Centre de Rétention Administrative. Elle en a tiré un livre : Entre chagrin et néant. Le lisant, je me suis demandé comment propager cette information.

Voici un cas – qui n’est pas le plus absurde – rapporté par Marie Cosnay.

« 5 septembre 2008 – Une toute jeune fille est assise. La tête baissée, les cheveux dans les yeux. Elle est étudiante à Hambourg. Elle ne savait pas qu’elle ne pouvait pas se promener dans l’espace Schengen. Elle est venue passer quelques jours dans le Sud de la France. Elle avait son billet pour rentrer à Hambourg. Elle est au CRA depuis quarante-huit heures et elle a obtenu une réadmission en Allemagne. Ce sera pour le 8 septembre. On lui explique le trajet que les autorités françaises vont lui faire faire. On la reconduira à la frontière, la laissera à Strasbourg. Après elle se débrouillera. Le billet qu’elle avait n’est évidemment plus valable. »

Une expérience peu courante de tourisme que, de retour en Asie, elle pourra recommander…Je vais jusqu’à imaginer un faux – oui, faux – multiplex avec de – faux – correspondants en diverses villes où des juges des détentions et des libertés – vrais, eux – s’occupent de compliquer la vie d’étrangers – tout aussi vrais.

Si l’on ne souhaite pas une telle complexité de mise en œuvre, une heure de programme peut tout à fait être bâtie à partir des situations exposées dans le livre.

S’y ajouteraient quelques interrogations. Surtout des interrogations : l’auditeur est bien assez grand pour effectuer le travail de réflexion complémentaire.

Informer. Interroger. Ce que devrait faire tout média vivant de subventions au titre de la liberté de la presse, non ?

A défaut d’émissions-pirates, des séances en salle sur une scène figurant un studio de radio.

Bien sûr qu’une écoute via l’internet serait aujourd’hui techniquement possible. Serait-ce vraiment le mieux ? Il me semble personnellement que non. Mais, à défaut…

Si des émissions-pirates ont lieu comme vers 1980, pourquoi des auditeurs ne se rassembleraient-ils pas en un lieu pour les recevoir collectivement ?

Pourquoi ne pas constituer une banque de programmes élaborés spécialement pour la circonstance ? Simple critère : qu’il s’agisse de thèmes, ou d’expressions, n’ayant habituellement pas place dans les médias honnis.

Des radios ayant bénéficié de l’ « ouverture des ondes » pourraient bien prêter main forte, non ?

Commencer par constituer un bouquet d’une dizaine de programmes de ce type, librement diffusables à des initiateurs d’émissions-pirates. Pour cette fonction, oui, l’internet est tout indiqué !

Et
Assange
?