Autogestation

Pourtant, par les temps qui courent, l’autogestionniste Chomsky a plus d’adeptes que Fourier. L’écoutant s’exprimer, je me dis qu’il ne tient son discours qu’en raison du fait qu’il n’agit qu‘en paroles. Et je me demande aussi comment il se situe par rapport à un Jack Reed qui, lui, limite sa réflexion aux groupes restreints.

Jeune adulte, je m’enthousiasmait pour ce vocable : autogestion. Où trouver des exemples ? Celui qui, selon Chomsky, se mettait en place dans l’agriculture russe d’avant 1917, je n’en avais jamais entendu parler. Je ne pouvais exercer mon imagination que sur les kibboutz israéliens et le ‘socialisme autogestionnaire’ yougoslave. Un peu juste !

Vieil adulte, je ne chercherai jamais, je crois, à courir sur une autre piste. Mais allez donc y donner une traduction politique, au sens où ce mot de ‘politique’ est utilisé habituellement ! Une seule solution : la révolution, bien sûr ! Mais laquelle ? eh bien aller aussi loin que possible dans la voie de ‘s’occuper de ses affaires’, tant collectives qu’individuelles, en commençant par le niveau où il est le plus aisé de s‘y entraîner. Et si la nouvelle époque historique obligeait à y intégrer le ‘libre cours des passions’ ? Autant dire qu’il y a du boulot, y compris pour intellectuels !

Mermet se faisant adouber par Chomsky, tel Sarkozyy chez Bush. Je me demande si un transfert de ‘Là-bas si j’y suis’ à son ancienne plage dans le grillage de la radio publique n’entraînerait pas un nouveau tollé des auditeurs en forme de ‘Touchez pas à notre Mermet !’. Mon ironie n’enlève rien au coup de chapeau que je porte à ce double caractère de l’émission : l’antenne ouverte – mais ça, ça se trouve aussi chez d’autres radios commerciales, en direct qui plus est -, et le reportage – forme si peu prisée chez les patrons de radios.

Je me souviens avoir suivi, en direct, grâce à une radio confessionnelle, une journée entière dans des villages africains. Je dis bien en direct, c’est-à-dire, sans les biais habituellement introduits au montage. Je ne suis pas dupe des biais qu’introduit la présence du reporter, mais je crois bien que si ce genre d’ouverture avait cours tous les jours, je me doterais à nouveau d’un récepteur de radio.

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Cela ne me dérange nullement que mon téléphone puisse ne pas sonner une seule fois en un mois ou deux.

Et
Assange
?