Dissonances

J’apprécie que, dans un même média, deux influenceurs d’opinion puissent parler sur des tons fort contrastés.

Le Directeur de l’Information :
« Le problème, c’est la confiance à l’égard des progrès de la médecine et de nos dirigeants qui, malgré les erreurs d’analyse, la bureaucratie et, parfois, le manque de réactivité, font, pourtant, de leur mieux.
Il faut donc trouver les arguments pour les hésitants, en délaissant ceux qui ne se laisseront jamais convaincre car ils sont ancrés dans une culture de l’opposition qui s’appuie sur l’intuition que seuls les paranoïaques survivent. »

L’un des Editorialistes :
« Emmanuel Macron a préféré imposer l’obligation du pass sanitaire. On a vite constaté qu’une telle mesure, outre qu’elle est attentatoire à certaines libertés publiques, s’avère lourde de contradictions et souvent inapplicable. »
Elle « donnera satisfaction à un grand nombre de Français.
Guidés par la peur de la covid, ils acceptent toutes les contraintes susceptibles de les mettre à l’abri. »

Cette cohabitation est-elle un choix marketing pour satisfaire diverses opinions et financeurs ?
Il me semble qu’elle pourrait pourtant éloigner certains lecteurs.

Un autre média – a priori sans but directement politique – qui prend fortement position peut, lui aussi troubler certains de ses lecteurs et contributeurs.

Je lis :
« Dans son livre de 1986 The Uncensored War, le chercheur en communication Daniel C. Hallin pose trois domaines de couverture médiatique dans lesquelles un sujet peut tomber. Les domaines sont schématisés par des cercles concentriques appelés sphères. Du centre jusqu’au cercle extérieur, il y a la Sphère du consensus, la Sphère de la controverse légitime, et la Sphère de déviance. Les propositions et avis peuvent être placés plus ou moins loin du centre métaphorique, et les acteurs politiques peuvent lutter afin de faire bouger ces positions. »

Il faudrait aussi évoquer les circulations entre opinions, convictions, certitudes et vérités.
A l’échelle individuelle, bien sûr, mais aussi en ce qui concerne les auteurs qui ont voix au chapitre dans tel ou tel média.
Aujourd’hui, un « sondage » parmi 226 000 lecteurs du Figaro – dont moi – donne 60% de favorables à la vaccination obligatoire et 40% défavorables.
Comment ce partage entre lecteurs va-t-il influencer les rédacteurs de ce quotidien ?

Et
Assange
?