Échapper au complotisme

Quelle mouche me pique de diffuser cette vidéo de Jean-Jacques Crèvecœur, dont l’exposé comporte les vices ordinaires de la mouvance complotiste, et qui, par-dessus le marché, ne propose absolument rien du tout ?
Eh bien voici.

Il faut, bien sûr, chercher à connaître ce que disent et font les comploteurs – je dis bien les « comploteurs », oui – qui inspirent, architecturent, et maçonnent notre futur via les États, les entreprises, les médias oficialistes (de l’espagnol oficialista W), et des myriades d’autres relais.

J’essaie de dire ci-dessous qu’il est utile d’écouter aussi les authentiques complotistes.
Avec circonspection, évidemment.

Avec ni plus ni moins de circonspection
que les satanés oficialistes !

Un livre en néerlandais à leur sujet s’intitule très justement « Le soupçon : entre réalité et fiction ».
J’estime que, quand ces « soupçonnistes » sont du côté de la réalité, ils sont précieux.
Je crois d’ailleurs qu’il faudrait leur appliquer ce qualificatif de « soupçonnistes » : ça éviterait les fâcheuses confusions et manipulations à propos du mot « complotiste ».

Je suppose que, comme moi, vous êtes très inquiet de la manière dont nous sommes informés officiellement.
Nous aimerions comprendre ce qui ne nous semble pas clair, mais on nous répond par des
 1) « C’est comme ça – Y a rien à voir – Circulez ! »
 et 2) « Et méfiez-vous de ce que vous racontent ces sales complotistes ».

Vous, je sais pas, mais moi, j’aime pas trop qu’on me traite de la sorte.
Cette question de l’information est celle qui me préoccupe le plus ces temps-ci, car nous sommes en grave danger : celui de ne plus rien comprendre du tout.

À coups de gros titres quotidiens, une vaste manipulation parvient à nous faire baisser les bras pour un peu tout et, parcelle après parcelle, nous dépouille de notre libre-examen !
Le message est à peu près : « Repliez-vous dans votre sphère domestique – Laissez-nous faire, bande de minus ! »

De plus, la censure actuelle nous rappelle un temps plus ancien. Ou des pays lointains.
Exemple : est-il arrivé, en France, que 500 scientifiques et soignants n’arrivent pas à se faire publier dans une publication à grand tirage ? Eh bien, oui, c’est arrivé !

J’estime que ce tableau décrit un complot contre l’intelligence.

N’oublions pas que les principes de la liberté de la presse ont été formulés pour garantir que les organes de presse ne subissent pas la pression des gouvernants.
Ne faudrait-il pas en édicter de nouveaux pour interdire l’ahurissante soumission volontaire des médias à ces gouvernements ?
Et aussi la collaboration des médias d’ici à la police mondiale des informations : ainsi, pour la France, Facebook déclare prendre Le Monde et l’AFP pour guides de sa police des informations !

Il y a belle lurette que nous sommes nombreux à nous méfier de l’information dominante, bel et bien couchée, asservie, parce que, elle-même, dominée.
Mais, depuis des mois, ça dépasse vraiment toutes les bornes…
Ne s’agit-il pas de la plus grande opération de manipulation de l’opinion …depuis qu’existe l’humanité ?
Cette manipulation était-elle même imaginable, il y a seulement deux ans ?
La question se pose donc forcément : Où diable ces dominants nous conduisent-ils ainsi ?
Il serait bien étrange – et tellement grave –  de ne pas se le demander !

Or, qui s’en empare pour fournir une réponse ?
Des « alertistes », oui, fort heureusement, il y en a.
Mais ce sont surtout ceux qu’on désigne comme « complotistes ».
Alors : nous tourner vers ceux-ci, comme Ève vers le fruit défendu ?
Eh bien, ma réponse est : Oui.
Ne serait-ce que pour détecter certaines informations rarement ou jamais diffusées ailleurs, oui, j’estime ça tout à fait nécessaire.
Par exemple, dans les médias oficialistes,nous ne risquons pas de trouver les détails du signal d’alarme de Mr Yeadon, ex-vice-président de Pfizer :  « Je m’attends à ce que, s’ils le veulent, vous ne puissiez plus quitter votre maison à l’avenir sans une autorisation accordée sur votre application », sauf de douteux témoignages au sujet de ce monsieur, du genre « Je me demande si quelque chose lui est arrivé, qui aurait changé sa personnalité, ses capacités mentales », ou des considérations ineptes comme « Une prise de guerre par les complotistes ».

Mais, mais, mais …s’informer via les complotistes pose deux problèmes, qui ne sont pas minces :

1) la manière dont ils traitent ces informations utiles ne correspond souvent pas aux règles d’une information saine : voir l’exercice que je propose à ce sujet,

2) et je me méfie des directions où voudrait nous entraîner cette mouvance (j’essaierai d’y voir plus clair une autre fois).

Faut-il pour autant éviter de les lire/écouter/regarder ?
Non. À moins d’être prude, je le répète : non.
Si l’on est sur sur ses gardes, il ne faut surtout pas s’en priver !
Chose pas toujours facile, j’en conviens !

Nota : on me signale aujourd’hui le site web antipresse.net, dont le manifeste énonce :
 « Le milieu médiatique (…) se soucie moins de diffuser l’information que de la canaliser, moins de former l’opinion que de la censurer dans l’œuf. Son rôle dans l’Occident d’aujourd’hui est comparable à celui de la presse officielle en URSS ».
Il semble bien que les informations et réflexions régulières de ce site – qui existe depuis plus de 5 ans – soient une rareté de nos jours :
« Pas une réfutation des lieux communs de la presse, mais un élargissement des perspectives sur les choses qui nous concernent. Aux phrases toutes faites, nous opposons un langage vivant. Aux stéréotypes, une vision individuelle. A la pensée unique, la variété des points de vue. A l’hypocrisie de rigueur, une franchise du ton et du regard. »
Un peu pompeux et prétentieux, non ? Pas mal « gourou » aussi, j’ai l’impression…
La planche n’est-elle pas bien glissante, qui va de « alertiste » à « gourou-iste » ?
Mais, bon ! dans le désert, si on te signale un point d’eau, qu’est-ce que tu fais ?
Me rendrai-je compte qu’il s’agit d’un mirage de plus ?

Une valeur sûre reste, à mes yeux, Pièces et Main-d’œuvre, un groupe d’explorateurs du nouveau monde depuis 20 ans.

Sur les FAUX en général, voir aussi ce chatbot pour enfants :
Identifier les sources fiables Qu’est-ce qu’une fausse nouvelle? Démêler le vrai du faux À l’assaut de la politique La vérité derrière une photo Repérer les vidéos manipulées Initiation aux hypertrucages Le blanchiment d’informations Méfiez-vous des robots 🤖De la vérité… à la désinformation! La désinformation « positive » Les nouvelles zombies Se protéger de la désinformation

*

J’en viens à cette causerie « face caméra » de Jean-Jacques Crèvecœur que je me suis permis de signaler.

Il y a de bonnes raisons de douter de la démarche de Crèvecœur.
Avant de se lancer dans son aventure actuelle il y a plus d’un an, il officiait dans un domaine plus limité : la santé, le bien-être. Toujours en opposition aux thèses officielles, ce qui est son droit.
Cette expérience le rend-elle compétent pour, sans modestie, et droit dans les yeux, s’instaurer leader d’opinion quant aux enjeux planétaires dans toutes leurs dimensions ? Non.
Il eût pu être un bon alertiste. Il se considère sans doute comme tel. Mais ce n’est, hélas, pas le cas.
L’intéressant, cependant, est qu’il soulève des questions pertinentes.

Exemple.
Pour ma part, je m’interroge depuis des mois :
Comment le président français a-t-il muté, en un temps record, de « On ne va tout de même tout chambouler » à son célèbre « Nous sommes en guerre » d’où découle le régime autoritaire renforcé sous lequel nous vivons ?
Car, soudain, Crac ! Boum ! Hue ! Avis à la population : Confinement préventif, ici comme ailleurs !
Et c’est de la même manière que, dans la majorité des États, cette mesure a été appliquée, alors qu’elle n’avait pourtant jamais encore été préconisée en cas de pandémie, si j’ai bien compris…
À part l’hypothèse d’un exploit de transmission de pensée, je n’en vois pas d’autre que celle de Crèvecœur : l’Organisation Mondiale de la Santé a pris le pouvoir qui lui a été laissé – comme dans n’importe quelle révolution de palais, en somme -, et est devenue ce qu’il voit comme le superministère de la santé pour la planète Terre : une sorte d’Organisateur Mondial de la Santé (enfin, hum ! de ce que les industriels concernés appellent la santé…). 
Et qu’apprend-on en ce moment-même (fin mai-début juin 2021) ? Eh bien, que l’OMS revendique plus de pouvoirs, en vue d’une prochaine pandémie : tiens donc !

Le panorama des organisations internationales que brosse J-J CC a le mérite de rappeler que les régimes nationaux – naïvement, nous les croyons encore démocratiques – sont passés, un peu ou beaucoup, dans leur main.

L’humain se laisse si aisément berner par des fictions !
Par exemple, la question de la souveraineté est généralement posée, en France, comme ceci : « Plus d’Europe ? ou moins d’Europe ? ou pas d’Europe du tout ? ».
Problème : c’est ainsi qu’est entretenue une vision erronée des rapports de dépendance du pays par rapport à l’extérieur.
Arrive-t-il que les médias dominants évoquent l’emprise de ces organisations mondiales ? Hum !… Oui, parfois, à propos de certains traités internationaux où l’on évoque la matière-même de ces traités, mais le contexte obligatoire créé par l’Organisation Mondiale du Commerce est peu mis en cause. Comme s’il allait de soi.
Sauf quelques éruptions temporaires de contestation à leur égard, toute une kyrielle d’organisations sont donc parvenues à se construire une image d’organisations de quasi-bienfaisance : l’ONU est forcément quelque chose de bien, l’UNESCO, idem, et l’UNICEF donc ! etc.

Exemple. 
J’observe régulièrement l’actualité d’un pays du sud parmi les très-très pauvres : à lire la presse de ce pays, il est consternant de constater combien le FMI ou la Banque Mondiale y sont présentés comme des bienfaiteurs pour le « développement » du pays …dont l’état ne cesse pourtant de s’aggraver , « aide » après « aide » : la famine s’y répand même à très grande échelle en ce moment-même ! Pardon : l’« insécurité alimentaire », c’est désormais le nom officiel de la faim.

Il est vrai que certaines organisations militantes dégonflent les fausses images de ces structures supra étatiques, et analysent les dommages de ces organisations supranationales dans les pays où elles interviennent. Mais est-ce que ça sort des cercles militants ? Et même de celui des militants à l’aise avec les faits économiques et financiers ?
Où donc irions-nous donc chercher une information aisément compréhensible ?

Un appareil institutionnel mondial se justifierait peut-être, s’il répondait à l’aspiration de tout être humain au bien-être et à la liberté.
Je sais, ici, l’on me traitera de doux rêveur. Mais quel autre critère adopter pour juger sainement de ces organisations ?
Ou bien, aurions-nous renoncé d’avance aux valeurs de justice et de liberté ?
Peut-être bien que oui, après tout. Et ça expliquerait parfaitement notre aptitude à nous satisfaire – dans tous les domaines : la Covid, certaines élections, etc. – de solutions présentées comme « les moins mauvaises ».

Mais il y a un problème.
À travers son panorama, plutôt qu’à informer tout simplement, CC cherche à convaincre des gens, (sans doute pour la plupart épris de justice et ça, c’est loin d’être banal).
Et tout ça, placé par lui sous la fausse garantie d’une absurde déclaration d’honnêteté scientifique (à la minute 11)…

Mais cette vidéo, comme tant d’autres du même tonneau, révèle une situation insupportable : quiconque ne se satisfait pas de l’information dominante-dominée est tout naturellement poussé vers de telles sources.
Celles-ci, en utilisant des méthodes peu recommandables, captent l’adhésion de ceux qui ne peuvent vivre sans des convictions totalisantes, prêtes à porter, sans une « vérité sur laquelle se reposer ; les mêmes, peut-être, qui se fient aux horoscopes pour trouver leur place dans l’inquiétante infinité des possibles.
Si j’adhérais à l’ensemble des thèses complotistes, je me sentirais sans doute du bon côté, celui des gens sains, lucides et dûment éclairés, …et affolés par le sacrifices d’enfants, l’omniprésence satanique, la pédophilie des élites (mais pas celle des religieux, si je ne me trompe?).

Même si on peut écouter sur certains points peu discutables les influenceurs de cette mouvance, il se trouve hélas qu’erreurs et mensonges purs et simples y pullulent. Exemple : son stupide « Il n’y a pas de réchauffement climatique » (point barre!), de CC dans cette vidéo.
[je réitère mon offre de jeter un œil sur ma proposition d’exercice pratique]

*
Oui, nous sommes gouvernés par une folie multiforme, savante et efficace.
Non, le complotisme ne contribue pas à la dézinguer.
Ne la renforcerait-il pas, au contraire ? la question mérite d’être posée.

Quoi qu’il en soit, faut-il poser d’avec lui un mur, une cloison, un cordon sanitaire, une simple membrane, ou quoi d’autre… ?

*
Si l’on a un peu conscience de l’étau mental où nous voilà confinés entre alertistes, oficialistes et complotistes, sommes-nous pour autant aidés à savoir quoi faire ? Je n’ai hélas pas de réponse à cette question.

Une autre question à laquelle, par contre, je crois avoir une réponse : notre dépendance à l’égard de ces deux types de sources problématiques (autant oficialistes que complotistes) n’est-elle pas le signe du très grave échec de ces 10,12, 15, 20 années de notre jeunesse consacrées à notre soi-disant formation intellectuelle ?
Ou bien, tout au contraire, est-ce leur réussite que nous constatons ? Tout dépend du point de vue où l’on se place, en effet.
J’ai souvent tendance à considérer notre situation actuelle comme un dommage collatéral du JulesFerrisme.

Nota : On me signale aujourd’hui le site web antipresse.net, dont le manifeste énonce : « Le milieu médiatique (…) se soucie moins de diffuser l’information que de la canaliser, moins de former l’opinion que de la censurer dans l’œuf. Son rôle dans l’Occident d’aujourd’hui est comparable à celui de la presse officielle en URSS ».
Voilà pour mon commentaire alambiqué des minutes 10 à 28 de cette vidéo.

*
Je me suis mis à rechercher des analyses du complotisme.

On lit, paraît-il, dans « L’opium des imbéciles », écrit par le fondateur de Conspiratory watch :
 « Le complotiste, c’est celui qui doute de tout pour ne plus douter du tout »,
 « Le complotisme, cette crédulité bêlante qui se prend pour de l’indépendance d’esprit ».

Ce Conspiracy Watch, soutenu par la Fondation pour la mémoire de la Shoah, fait un joli travail de défrichage, mais je ne prends pas ses résultats pour argent comptant.
Selon un de ses sondages, critiqué sur Wikipedia :
 – 80 % des Français adhèrent à au moins une thèse complotiste,
 – Plus de 50 % des Français n’adhèrent pas à plus de trois thèses,
 – 25 % des Français adhèrent à plus de cinq thèses.
Ainsi donc, seuls 20 % des Français n’adhèreraient à aucune thèse complotiste : ça en fait, du monde ! Et moi, où suis-je là-dedans ?

Mais, ces complotistes de base, qui sont-ils donc ?
De la part de personnes qui disent connaître cette mouvance,il s’agit d’un phénomène de « tribu ». Ainsi, Albert Moukheiber (celui qui disperse sa science un peu partout dans les médias) écrit-il : « Les complotistes sont comme vous et moi : ils croient ce que croient les gens de leur tribu ».
Peut-être ce constat est-il judicieux, je n’en sais rien, mais il ne nous renseigne pas du tout sur la manière dont une personne rejoint cette supposée « tribu ».
Ou bien alors : naîtrait-on complotiste ?

J’ai aussi aperçu le compte-rendu d’une étude savante établissant un corrélation entre bas niveau d’instruction et complotisme.
Un autre estimait qu’il existe un lien avec des opinions politiques d’extrême-droite comme d’extrême gauche : « Notre conclusion est que l’extrémisme politique et les croyances en la conspiration sont fortement associés en raison d’un style de pensée très structuré qui vise à donner un sens aux événements sociétaux. »
Ah-ha ? Il s’agirait donc de gens qui cherchent du sens ? Une question à poser aux auteurs de cette étude : quelle proportion y a-t-il de complotistes parmi l’ensemble de ceux qui cherchent ainsi « un sens aux événements sociétaux » ? J’aimerais savoir !

Et si je rapproche les deux thèses ci-dessus, dois-je me demander si les gens d’extrême droite ou gauche sont aussi des gens au bas niveau d’instruction ? Ça pourrait nous conduire loin, ça, non ?

Pour ma part, je formule l’hypothèse suivante :
Plus quelqu’un est épris de justice et de liberté, plus les thèses des influenceurs complotistes ont des chances de résonner avec ses convictions.
Et, si je pousse la fantaisie un peu plus loin : seuls 20% des Français, donc, ne seraient pas du tout épris de justice et de liberté ?
Bon, j’arrête ici mes élucubrations !

*

J’ai peine à imaginer que vous m’avez lu jusqu’ici.
Je n’ai pourtant fait qu’effleurer le sujet. Il reste tellement à en dire !

J’étais parti pour commenter aussi la seconde partie de cette vidéo de Crèvecœur sur laquelle j’avais attiré l’attention.
Mais j’ai déjà été beaucoup trop long.
Une prochaine fois, je compte bien désosser en détail une vidéo d’un autre célèbre complotiste : Alexis Cossette-Trudel, de Radio Québec. Son titre : Le Signe de la bête .
Un titre pareil c’est ben-ben prometteur, non ?… En tout cas, pas poche du tout !

Et
Assange
?