Un palais aux portes imprenables

D. est vigneron dans le même village. Ici, ne surtout pas dire ‘viticulteur’ s’il s’agit d’un producteur qui vinifie lui-même : D. est donc vigneron. En Bordelais, le vigneron, par contre, est l’ouvrier qui ne s’affaire qu’aux vignes. Mais en Bourgogne, tout comme ici – et pourtant nous en sommes loin -, vigneron désigne celui qui vous fait goûter ses vins.

D. ne produit plus que du vin de pays. Et bientôt même, peut-être, rien que du vin de table. Il n’y a pas si longtemps, il était producteur de Corbières A.O.C. Mais, sans rien changer à ses vins, il a abandonné l’appellation. Motif ? Un contrôle – normal pour une A.O.C., il ne le conteste pas – mais irritant à divers titres l’a amené un jour à détruire devant les contrôleurs toutes ses étiquettes ad hoc.

Un jour froid d’hiver, et en réaction aux emmerdements que connaissait un copain, il écrivit :

Se construire un palais aux portes imprenables

Y ajouter dedans toutes nos choses indispensables

Qui ne sont pas toujours aux autres avouables

Et qui pourtant pour nous en sont plus que louables.

Dans le même ordre ?

Dans les processus dits de ‘certification qualité’, ce qui importe est la standardisation, non la qualité au sens propre. Objectif : que la manière dont la marchandise aura été produite soit vérifiable, parce que toujours identique. Point.

Une ’qualité’ toujours identique, un monde toujours identique…

Et
Assange
?